S’ils veulent réussir à satisfaire la demande croissante pour l’enseignement supérieur et une éducation de meilleure qualité, les pays de l’UE doivent augmenter leurs dépenses et exiger un meilleur rapport qualité-prix, a indiqué l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
L’édition 2008 du rapport de l’OCDE « Regards sur l’éducation » dénote en moyenne une hausse de 20 % des taux d’accès à l’enseignement tertiaire entre 1995 et 2006. En Finlande et en Pologne, le nombre d’étudiants qui entament des études supérieures a plus que doublé au cours de cette même période.
Même si le montant total des dépenses publiques en matière d’éducation a augmenté dans l’ensemble des pays de l’OCDE, de nombreux Etats membres éprouvent des difficultés à répondre convenablement à l’augmentation rapide du nombre d’étudiants, indique la publication.
En fait, selon le rapport, les dépenses par étudiant ont décliné en Hongrie, aux Pays-Bas et en Suède au cours de la dernière décennie. Celles-ci ont chuté depuis 2000 en Belgique, en Allemagne et en Irlande, où elles dépendent fortement du financement public.
L’étude de l’OCDE montre que les pays ont choisi des stratégies très différentes pour faire face à ces défis. Par exemple, les pays nordiques ont accepté davantage de dépenses publiques, qu’ils considèrent comme des investissements. En revanche, le Royaume-Uni a répercuté une partie des coûts sur les étudiants.
Comme le souligne l’étude, de nombreux pays d’Europe continentale n’ont en outre ni augmenté suffisamment leurs dépenses publiques, ni autorisé la mise en place de taxes pédagogiques. Cette situation met les institutions au-devant de difficultés financières tout en menaçant la qualité de leurs programmes, ajoute l’étude.
Cependant, le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría signale que répondre à l’accroissement de la demande n’est pas simplement une affaire de ressources financières. C’est à son avis bien plus une question d’optimisation des choix politiques et d’amélioration de la gestion globale des institutions d’enseignement supérieur.
Il faut que les investissements dans l’éducation gagnent sensiblement en efficacité, a déclaré M. Gurría, appelant les pays possédant un système peu efficace à considérer d’autres modèles qui offrent un meilleur rapport qualité-prix (EURACTIV 19/09/07).
Dans un même ordre d’idées, la Commission européenne a également enjoint les 27 pays de l’UE d’augmenter la part de leur PIB destinée à l’éducation afin d’atteindre l’excellence à l’échelle internationale en matière d’éducation supérieure, un but essentiel de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi. La Commission publie en outre des rapports annuels de référence sur lesquels les pays de l’UE peuvent se baser pour mesurer l’efficacité de leurs politiques éducatives.

