Polémique autour de la visite de Greta Thunberg à l’Assemblée nationale

EPA-EFE/PATRICK SEEGER

Deux jours après avoir reçu le Prix Liberté, à Caen, la jeune Suédoise rencontrera 150 députés ce mardi 23 juillet. Une initiative du collectif transpartisan Accélérons, lancé par Matthieu Orphelin. Un article de notre partenaire Ouest-France

La venue de Greta Thunberg à l’Assemblée nationale, ce mardi 23 juillet, fait événement. Et pas seulement pour ceux qui saluent le combat de la jeune Suédoise, qui a reçu dimanche le prix Liberté à Caen, pour éveiller les consciences sur l’urgence climatique. « Ne comptez pas sur moi pour applaudir une prophétesse en culottes courtes », a prévenu par exemple le député Julien Aubert (LR).

Un courrier d’invitation en mai

Un contresens pour les organisateurs de sa venue, le collectif transpartisan de députés « Accélérons la transition écologique et solidaire ». « Greta Thunberg symbolise une génération qui a un sens du collectif et demande aux politiques de s’occuper de leur avenir », résume Matthieu Orphelin. À l’origine du collectif et de la rencontre de ce mardi, le député du Maine-et-Loire mesure les obstacles qui se dressent sur la route d’un tel rendez-vous.

Depuis un an, Greta Thunberg est très sollicitée. Soucieuse de cohérence, elle évite l’avion. Et se déplace donc avec parcimonie. « J’ai reçu de nombreuses invitations pour m’exprimer devant des Parlements. J’ai dû décliner pour beaucoup. Cette fois, cela semblait être un bon timing pour la France », confiait-elle la semaine dernière à Libération . Une lettre du collectif Accélérons, en date du 23 mai, en a été le point de départ.

Un pic à 42 °C

« Nous avons évoqué dans notre courrier le contexte de la loi énergie et climat, raconte Matthieu Orphelin. Dans le courant du mois de juin, plusieurs contacts ont permis à son entourage de s’assurer que notre collectif était bien transpartisan », pour éviter toute récupération. « Comme il y avait aussi le Prix Liberté, l’occasion de venir s’est trouvée renforcée », poursuit le député.

À l’Assemblée nationale, elle retrouvera 45 jeunes Français mobilisés pour le climat. À ses côtés également, Valérie Masson-Delmotte, vice-présidente du GIEC et co-coordinatrice du rapport spécial du GIEC sur la limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C. « On annonce un pic à 42° à Paris. Une coïncidence, mais c’est emblématique », relève Matthieu Orphelin.

Greenwashing ?

170 députés de toutes les tendances (sauf le Rassemblement national) se sont inscrits pour l’événement. L’occasion de verdir leur étiquette ? Matthieu Orphelin veut croire que cela va plus loin : « Il faut que tout le monde se mobilise davantage. Bien sûr, il faut que chaque famille politique construise sa propre cohérence face au défi climatique. Nous avons déjà inscrit l’urgence climatique dans la loi, c’est un premier pas. »

Pour Greta Thunberg, l’étape suivante sera la participation au sommet spécial pour l’Action climatique de l’ONU en septembre, à New York. Un rendez-vous auquel elle prévoit de se rendre en bateau.

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