Rentrée précoce pour Jyrki Katainen à la Commission

Jyrki Katainen. Finlande, 2014. [PPE/Flickr]

Les candidats pour remplacer les quatre commissaires devenus eurodéputés ont passé des auditions au Parlement européen le 14 juillet. L’ancien premier ministre Finlandais, Jyrki Katainen, candidat à un poste au sein de la prochaine Commission devrait faire une entrée accélérée au sein de l’exécutif européen.

Quatre anciens commissaires ont fait leur entrée au Parlement lors de la première session plénière le 1er juillet :

  • Viviane Reding, la vice-présidente luxembourgeoise, en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté ;
  • Antonio Tajani, le vice-président italien en charge de l’industrie et de l’entrepreneuriat ;
  • Olli Rehn, le vice-président finlandais en charge des affaires économiques et monétaires ;
  • Janusz Lewandowski, le commissaire polonais en charge de la programmation financière et du budget.

Ils sont respectivement remplacés par :

  • Martine Reicherts, une Luxembourgeoise qui était jusqu’à présent directrice générale à la Commission. Elle était également conseillère et chef adjointe du cabinet de l’ancien président de la Commission, Jacques Santer ;
  • Ferdinando Nelli Feroci, un diplomate italien qui était représentant permanent national auprès de l’UE entre 2008 et 2013 ;
  • Jyrki Katainen, qui a démissionné de son poste de premier ministre le 16 juin. Celui-ci vise plus haut qu’un simple poste de remplacement : il souhaite rester dans l’équipe de Jean-Claude Juncker et obtenir un portefeuille important ;
  • Jacek Dominik, ancien vice-ministre des Finances et chargé de l’introduction  de l’euro dans le pays.

Les quatre commissaires intérimaires reprennent les portefeuilles de leur prédécesseurs qui sont devenus eurodéputés. En théorie, le président de la Commission a le droit de remanier ou de redistribuer les portefeuilles si un commissaire quitte son poste prématurément.

Martine Reicherts a fait l’objet d’une audition commune auprès des commissions parlementaires des libertés civiles et des affaires juridiques et des droits de la femme. Ferdinando Nelli Ferocci a été interrogé par les députés de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie. Jyrki Katainen est quant à lui passé devant la commission des affaires économiques. Enfin, Jacek Dominik a été entendu par la commission du budget.

Jyrki Katainen sous les feux de la rampe

L’audition du Finlandais a attiré le plus d’attention médiatique, étant donné qu’il restera probablement dans l’exécutif européen. Dans son discours, il a souligné la nécessité de mettre en œuvre les décisions et les règles déjà prises plutôt que d’en prendre de nouvelles.

« Nous devons rétablir la confiance pour attirer les investissements », a-t-il indiqué. Il a aussi ajouté qu’il était favorable à la création d’emplois, mais pas par le creusement du déficit, car, selon lui, personne ne serait prêt à prêter de l’argent dans de telles conditions.

« Seule la mise en œuvre de changements structurels permet de gagner la confiance. Le secteur privé doit être encouragé à investir sur notre continent et nous devons utiliser plus efficacement l’argent public, par exemple en investissant dans la recherche et le développement, la croissance verte et les PME », a déclaré pour sa part Jyrki Katainen.

Le candidat finlandais au poste de commissaire a indiqué qu’il était contre un assouplissement du pacte de stabilité et de croissance. « Les règles actuelles laissent assez de place pour cela. Le Conseil européen l’a dit et vous le savez le Conseil a toujours raison », a-t-il plaisanté.

Il a indiqué à propos de la troïka que ses membres étaient responsables devant les créanciers. Il a toutefois promis d’examiner les méthodes envisageables afin d’améliorer la coopération entre le Parlement et la Commission et de donner aux eurodéputés la possibilité de s’exprimer sur le travail de la Troïka…à travers la Commission.

Les eurodéputés voteront sur la candidature des quatre responsables politiques le 16 juillet. Le mandat de la Commission actuelle se termine le 31 octobre 2014.

Contexte

Le Parlement élit à la majorité le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil européen votée à la majorité qualifiée. Le choix du candidat à la présidence de la Commission devrait prendre en compte les résultats des élections du Parlement européen.

Ensemble avec le futur président de l'exécutif, le Conseil adopte ensuite la liste des autres membres du collège des commissaires. Ce sont les États membres qui proposent leur candidat commissaire. L’ensemble de la Commission est également soumis à l'approbation du Parlement européen. Le collège des commissaires est ensuite officiellement désigné par le Conseil européen à la majorité qualifiée.

 >> Lire notre LinksDossier hautes fonctions européennes : à qui le tour ? et notre page sur la nouvelle Commission

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