Scénarios multiples de coalitions au Parlement européen

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Après les élections européennes, l’heure est à la formation d’une coalition. Analyse des différents scénarios possibles.

Les élections européennes, marquées par la montée des partis eurosceptiques dans plusieurs États membres, ont affaibli de manière significative la majorité détenue jusqu’à présent par les partis traditionnels.

Le Parti populaire européen (PPE) devrait obtenir 213 sièges au Parlement européen. La deuxième place revient à l’Alliance des socialistes et démocrates (S&D) avec 190 sièges, selon les projections actuelles.

Si le PPE conserve sa place de plus grand groupe politique,il a en revanche perdu le plus grand nombre de sièges par rapport au Parlement précédent. Le S&D a également régressé, mais dans une moindre mesure : il est tombé de 196 à 190 sièges. L’écart entre les deux grands groupes s’est ainsi réduit, passant de 81 à 25 sièges après les élections.

D’autres partis traditionnels ont également subi un revers. Les libéraux (ADLE) ont obtenu 64 sièges (contre 83 en 2009), les Verts 53 (contre 57) et le groupe des Conservateurs et réformistes 46 (contre 57).

À l’inverse, l’extrême gauche a arraché 42 sièges (contre 35), alors que le groupe Europe libertés démocratie d’extrême droite en a obtenu 38 (contre 31).

Cependant, l’arrivée de 105 nouveaux eurodéputés de partis non affiliés devrait bouleverser la balance du pouvoir au sein de l’hémicycle européen.

En outre, le nombre total de sièges du Parlement européen a été réduit par rapport à la législature précédente. Le Parlement de 2009 dénombrait 766 eurodéputés, contre 751 actuellement. L’Allemagne a enregistré la plus grande perte et est passée de 99 à 96 sièges. D’autres pays, dont la Belgique, la Grèce, la Roumanie, et le Portugal, ont quant à eux perdu un siège (liste complète ici).

« Nous constatons des changements structurels profonds au sein des politiques européennes », explique Simon Hix, professeur de politique européenne à la London School of Economics, notamment les tendances extrémistes de droite et de gauche dans plusieurs États du nord et du sud de l’Europe. 

« Les partis traditionnels auront beaucoup de difficultés à manœuvrer avec [la nouvelle composition du Parlement européen », ajoute-t-il.

À l’inverse des parlements nationaux, la formation d’une majorité au Parlement européen se fait au cas par cas et non par une coalition bien établie.

Dans le passé, les grandes coalitions de gauche et de droite ont influencé les résultats de chaque vote. Les groupes de l’ADLE et les Verts (respectivement 3e et 4e forces politiques au Parlement) ont fait office de faiseurs de rois pour mettre en place une majorité confortable sur certains dossiers politiques.

Les résultats des européennes ont des implications lourdes de sens sur la formation d’une coalition. Alors que les experts tentent d’analyser de possibles scénarios, PollWatch s’est chargé de compiler les résultats.

Quelles coalitions obtiendront une majorité de 376 sièges ? Et quelles coalitions pourraient offrir une majorité confortable de plus de 400 sièges ? Voici une vue d’ensemble des scénarios possibles :

 

 

Quelque 43,1 % des Européens se sont rendus aux urnes du 22 au 14 mai afin d'élire leurs représentants au niveau pour les cinq prochaines années.

Malgré une montée notable des partis antieuropéens, les résultats officiels révèlent que l'équilibre politique au Parlement européen n'a pas changé de manière radicale.  Le Parti populaire européen (PPE) et le centre-gauche S&D, tous deux pro-européens, conservent le pouvoir dans l'hémicycle. Selon certains politologues, les deux partis se dirigent vers une grande coalition.

Lors de la conférence des présidents du 27 mai, les chefs de groupes parlementaires et du président du Parlement se rencontrent dans la matinée pour discuter des résultats. Ils évoquent les implications du scrutin sur le paysage politique européen et dans le Parlement ainsi que sur le choix du prochain président de la Commission européenne.

La question est de savoir si de nouveaux groupes émergeront après les élections étant donné que 105 eurodéputés ne sont pas affiliés à un groupe européen. Selon le règlement intérieur du Parlement, il faut au moins 25 eurodéputés venant de 7 États membres différents pour former un nouveau groupe. Les groupes politiques devraient être constitués avant la première session plénière, le 1er juillet.

  • 27 mai : conférence des présidents
  • 27 mai : mini-sommet européen
  • 1-4 juillet : première session plénière de la 8e législature

 

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