Stabilisation du taux de participation aux européennes

Young voter

[Shutterstock]

Depuis les premières élections européennes en 1979, la participation n’a cessée de chuter. Mais elle s’est stabilisée à 43,1 % lors du scrutin de mai 2014, et ressort même en légère hausse dans plusieurs pays dont la France.

« Pour la première fois depuis trente ans, le taux de participation ne descend pas, il augmente même », a déclaré Guy Verhofstadt, le leader des libéraux après la publication des résultats provisoires.

Martin Schulz, la tête de liste du groupe de centre-gauche, les Socialistes & démocrates (S&D), a indiqué pour sa part que le grand désastre annoncé n’a pas eu lieu.

Le taux de participation représente un test important pour la démocratie européenne. Entre la première élection européenne en 1979 et celle de de 2009, le pourcentage de citoyens à se rendre aux urnes est passé de 62 à 43.

« Nous avons enfin inversé la tendance à la baisse du taux de participation aux élections européennes. La 8e législature du Parlement européen sera plus représentative que la précédente étant donné que le taux moyen de participation en Europe s’est amélioré par rapport à 2009 », s’est réjoui le candidat des libéraux à la présidence de la Commission.

Slovaquie: le plus mauvais élève

« Bien que la participation soit rest décevante dans plusieurs pays, une participation au-delà de la moyenne dans les grands États membres a permis un résultat assez élevé. Cela est d’autant plus remarquable étant donné la gravité de la crise financière qui a poussé de nombreux électeurs à rester à la maison ou à marquer leur mécontentement. »

Les populations qui ont subi le plus la crise se sont rendues en force aux bureaux de vote, avec 51 % de participation en Irlande et 60 % en Italie. La Slovaquie détient le record le plus bas : seulement 13 % des électeurs ont accompli leur devoir civique.

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Le vote est obligatoire dans quatre États membres : Chypre, la Belgique, la Grèce et le Luxembourg. Alors que 90 % des électeurs belges et luxembourgeois sont allés déposer leur bulletin, le taux de participation dans les deux pays méditerranéens est en revanche peu élevé.

Le taux de participation a augmenté le plus en Lituanie (+ 16,3 %) et en Roumanie (+7 %).

En revanche, la Lettonie a connu une baisse de 23,7 % de ce taux entre 2009 et 2014. Ce phénomène s’est également manifesté à Chypre (- 17 %) et en République tchèque (- 8,7 %)

Merci aux « Spitzenkandidaten »

De part et d’autre de l’échiquier politique, les responsables politiques ont salué les efforts des candidats à la présidence de la Commission pour attirer plus d’électeurs vers les urnes.

« Les candidats à la présidence de la Commission ont sillonné l’Europe ces derniers mois en sensibilisant [les citoyens] aux élections à venir et en débattant ouvertement des différentes politiques concernant l’avenir de l’Europe. Cela prouve donc que cet exercice de personnification de la campagne a fonctionné et que la mise en avant des thèmes européens plutôt que nationaux a permis d’éviter que les européennes ne se transforment en un référendum sur des thèmes nationaux. »

« La campagne a en réalité pris vie d’elle-même », a déclaré dimanche soir Simon Hix, professeur à la London School of Economics (LSE) et président de VoteWatch, l’organisation plaidant la transparence. « Surtout Martin Schulz l’a transformée en une campagne électorale. », a-t-il conclu. 

 

Contexte

Le taux de participation lors des huitièmes élections européennes a joué un rôle important. De 1979 à 2009, le taux de participation est passé de près de 62 % à 43 %.

La confiance dans l'UE a également enregistré des taux historiquement bas au cours des dernières années, tout comme au niveau national. Le Parlement européen a mené une campagne dans les médias sociaux à grande échelle en vue d'inciter plus de citoyens à aller voter.

La désignation des candidats à la présidence de la Commission européenne s’inscrit également dans le cadre de cet objectif.

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