Syriza accroît son avance sur les conservateurs en Grèce

Alexis Tsipras, chef de file du parti d'extrême gauche Syriza en Grèce

Alexis Tsipras, chef de file du parti d'extrême gauche Syriza en Grèce

Selon trois différents sondages, le parti de gauche radicale Syriza accroît sensiblement son avance sur les conservateurs au pouvoir, en vue des élections législatives de dimanche 25 janvier en Grèce.

Le parti anti-austérité d’Alexis Tsipras, creuse l’écart avec les conservateurs au pouvoir, selon le dernier sondage publié le 19 janvier par l’institut Alco.

L’avance de Syriza est désormais de 4,6 points, alors que dans le précédent sondage d’Alco, publié le 14 janvier, elle était de 3,5 points.

Syriza, qui entend renégocier le plan d’aide international à la Grèce et effacer une partie de sa dette publique, est crédité de 33,1 % d’intentions de vote contre 28,5 % pour la Nouvelle démocratie (ND) du premier ministre Antonis Samaras, soutenu publiquement par la Commission européenne.  

Alco estime que le parti dirigé par Alexis Tsipras pourrait s’octroyer 147 sièges au Parlement qui en compte 300.

>> Retrouvez La tribune d’Alexis Tsipras : « La Grèce à l’aube d’un tournant historique »

En vertu du code électoral grec, le parti qui arrive en tête obtient un bonus de 50 sièges afin de pouvoir plus facilement former un gouvernement.

Selon une autre étude d’opinion, réalisée par l’université de Macédoine pour la chaîne de télévision SKAI, Syriza récolterait 33,5 % des voix, augmentant son avance de deux points par rapport à un sondage précédent, contre 27 % pour ND, qui ne bouge pas.

Un troisième sondage, mené par GPO pour la chaîne de télévision Mega, montre que l’avance de Syriza sur la Nouvelle démocratie est désormais de quatre points, à 30,4 % contre 26,4 %, contre 3,2 points lors d’une étude réalisée il y a près de deux semaines.

>> Lire : Le parti Syriza au cœur du jeu politique à la veille des élections en Grèce

Pour que la sa victoire soit franche, le parti arrivé en tête doit, de manière générale, recevoir entre 36 % et 40 % des votes, même si ce total peut être relativisé par le nombre de voix capté par des partis ayant échoué à atteindre le seuil nécessaire de 3 % pour entrer au Parlement.

Une victoire de Syriza, qui dit vouloir rester dans la zone euro, pourrait entraîner une confrontation entre la Grèce et ses créanciers internationaux que sont le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne et déclencher une nouvelle crise financière.

L’inquiétude est particulièrement forte en Allemagne, où une partie de la classe politique envisage le « Grexit » comme une conséquence inéluctable en cas de victoire de Syriza.  

>>Lire : Jean-Claude Trichet s’inquiète du programme de Syriza en Grèce

L’ancien Premier ministre grec George Papandréou, qui a quitté le Parti socialiste (Pasok) il y a trois semaines pour former un nouveau mouvement au centre gauche, se dit ouvert à une alliance avec Syriza.

Les trois sondages d’opinion suggèrent que le parti centriste Potami (Rivière) pourrait détenir la clef du pouvoir en cas d’absence de majorité claire au Parlement, la nouvelle formation fondée par l’ancien journaliste de télévision Stavros Theodorakis arrivant en troisième position.

Dans une des études d’opinion, il est toutefois au coude à coude avec le parti d’extrême-droite Aube dorée.

Le PASOK, partenaire de coalition de Nouvelle démocratie, est à 4,5 % des intentions de vote, selon le sondage réalisé par l’université de Macédoine.

2014 marque la fin d'une douloureuse période de récession de six ans pour la Grèce, qui a eu recours au marché obligataire deux fois après un exil de quatre ans. A la veille d'élections présidentielles anticipées, les investisseurs craignent pourtant que la crise ne refasse surface.

Le 8 décembre, les ministres de la zone euro ont décidé d'accorder à la Grèce une extension de deux mois du plan de sauvetage, plutôt que l'extension de six mois à laquelle Athènes s'opposait. Ces deux mois devraient permettre au pays de finaliser son rapport de fin de renflouement avant de close une fois pour toutes le chapitre du renflouement.

Depuis cet été, tous les sondages indiquent que des élections immédiates verraient le parti Syriza remporter le scrutin. Le parti de gauche est d’ailleurs le grand gagnant des élections européennes du mois de juin.

>> Lire : Victoire historique de la gauche en Grèce

Subscribe to our newsletters

Subscribe