Les Russes manifestent contre le contrôle d’Internet par l’État

EPA-EFE/MAXIM SHIPENKOV [Maxim Shipenkov/EPA/EFE]

Des milliers de Russes sont descendus dans les rues de Moscou et de deux autres villes pour protester contre des restrictions accrues sur Internet. C’est la plus grande manifestation depuis des années dans le pays.

Le mois dernier, les députés de la Douma ont adopté une loi contenant un contrôle renforcé sur Internet. Ils assurent qu’elle est nécessaire pour empêcher l’ingérence étrangère dans les affaires russes.

Certains médias russes la comparent toutefois à un « rideau de fer » en ligne alors que d’autres critiques estiment qu’elle servira à museler les dissidents.

Les manifestants se sont rassemblés sur l’avenue de Prospekt Sakharova à Moscou, qui avait été bouclée par les forces de l’ordre. Ils ont tenu des discours sur une scène et entonné des slogans tels que « pas touche à Internet » et « non à l’isolement, arrêtez d’abimer l’Internet russe ».

La manifestation a attiré près de 15 300 personnes, selon une ONG qui dénombre les participants aux manifestations. Selon la police, ils étaient 6 500.

« Si nous n’agissons pas, ça empirera. Les autorités continueront à n’en faire qu’à leur tête et nous atteindrons un point de non-retour », soutient Dimitri, 28 ans, qui ne souhaite pas donner son nom entier.

Les activistes de l’opposition ont déclaré sur Twitter que la police avait arrêté 15 personnes lors de la manifestation, en confisquant leurs affiches et ballons. La police n’a quant à elle annoncé aucune détention.

Les manifestations à Moscou et dans les villes de Voronej (sud) et de Khabarovsk (extrême-orient), ont toutes été officiellement autorisées. Une poignée d’activistes sont descendus dans les rues de Saint-Pétersbourg, sans l’autorisation des autorités.

Ces dernières années, la Russie a tenté de limiter les libertés sur Internet en bloquant l’accès à certains sites et services de messagerie comme Telegram.

La loi de février a été adoptée au parlement russe en première lecture (sur trois). Elle a pour objectif de faire passer les sites Internet et les données via des points contrôlés par l’État et propose de mettre en place un système de nom de domaine national pour mettre à l’Internet de fonctionner même si le pays est privé des infrastructures étrangères.

La deuxième lecture est prévue en mars, après laquelle, si elle passe, la loi devra être ratifiée par la chambre haute du parlement, puis par le président Vladimir Poutine.

La loi fait partie d’une volonté des autorités d’accroître la souveraineté russe sur l’Internet du pays.

Ces dernières années, Moscou a mis en place de lois plus strictes en la matière, en réclamant des moteurs de recherche qu’ils suppriment certains résultats, des services de messagerie qu’ils partagent les clés de cryptage avec les services de renseignement, et des réseaux sociaux qu’ils stockent les données des utilisateurs russes sur des serveurs dans le pays.

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