Une loi Française ouvre les universités aux fonds privés [FR]

amphitheater.jpg

Le gouvernement a réussi à faire passer une loi ouvrant l’université aux financements privés et étendant les modalités d’embauche de son personnel, suite à la recommandation de l’UE de donner aux chercheurs et aux étudiants plus d’autonomie financière et de promouvoir l’esprit d’entreprise. La reforme intervient en dépit d’une forte opposition des syndicats étudiants et enseignants.

Une loi controversée visant à donner plus d’autonomie aux universités Françaises, présenté le 24 Mai par la Ministre de l’éducation et de la rechercher, Valérie Pécresse, a été adopté par le Parlement Français le 1 Août 2007. Les objectifs de cette reforme, qui sera mise en œuvre au cours de ces cinq prochaines années sont: 

  • Donner aux universités plus d’autonomie dans la gestion de leur budget et de leur personnel, leur permettant de créer des fondations pour générer des ressource financières et de mettre en place leur propre processus de recrutement;
  • Donner plus de compétences aux présidents des universités et ouvrir l’administration à des personnalités extérieures au monde universitaires, permettant, par exemple, à des entrepreneurs de prendre part à la gestion des universités; 
  • Renforcer le contrôle de l’état. 

L’association européenne des universités (EAU) a accueilli avec satisfaction l’idée de considérer l’autonomie des universités comme un « aspect majeur de la reforme de l’enseignement supérieur ». « Si nous ne décidons pas qui nous pouvons employer, et dans quoi dépenser notre argent, les universités ne seront jamais en mesure de changer,» a déclaré la secrétaire générale de l’association Lesley Wilson. 

L’Académie Française des sciences soutient la reforme et considère qu’elle permettra à l’université de former plus de personnes hautement qualifiées.

La Conférence des présidents d’université (CPU), se félicite de l’adoption de la loi mais encourage le gouvernement à adopter une loi de programmation budgétaire afin de formaliser les engagements du gouvernement et de permettre la mise en œuvre des différents chantiers lancés par la Ministre de l’enseignement supérieur. 

En revanche, d’après un groupe de 25 syndicats et associations, dont l’association Française ‘Sauvons la recherche’ et des syndicats étudiants et enseignants, la reforme va provoquer un développement inégal des universités, à cause de la course aux ressources financières et au désengagement de l’état.» A la fin du mois de Juillet, le groupe a demandé au gouvernment d’abandonner la réforme. 

D’après le Syndicat National des Chercheurs Scientifiques (SNCS), le texte ne prend pas en compte les besoins de l’université dans le domaine de la recherche. La possibilité de proposer des contrats à court terme est notamment en contradiction avec la nature même de la recherche. 

Valérie Pécresse, la Ministre de l’enseignement supérieur a déclaré être pleinement satisfaite par le texte adopté et se félicite de l’annonce du premier ministre, François Fillon, d’une augmentation de 5% du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche. 

En Mai 2006, la Commission a adopté une Communication sur la modernisation des universités européennes et encourage les états-membres à doter celles-ci d’une plus grande autonomie et responsabilité. 

Les universités sont aussi encouragées à «s’ouvrir au monde des entreprises». La Communication ne donnera pas lieu à un texte législatif mais vise clairement à encourager à la réforme et à montrer comment la Commission peut soutenir les efforts des Etats membre à cet égard, a travers la méthode ouverte de coordination et les différent programmes européen d’éducation.

  • 31 Mai 2007: Lancement d'une periode de consultation.
  • 1 Aug. 2007: Adoption du texte par le Parlement.
  • 2007-2012: Periode de transition vers l'autonomie des universités.

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire