Une pétition pour encourager la langue allemande [FR]

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Hier, 10 avril, une pétition a été présentée à Leonard Orban, le commissaire au Multilinguisme, pour que la langue allemande reste sur le même « pied d’égalité » que l’anglais et le français comme « langues procédurales de l’UE ».

La pétitionsignée  par 50 eurodéputés et représentants de 18 régions européennes, stipule que tous les documents, les sites Internet et les publications des institutions européennes devraient être en allemand. Le document appelle les institutions à recruter davantage pour mieux refléter la diversité linguistique et demande que des fonds soient débloqués pour promouvoir l’utilisation de l’allemand, qui est parlé dans des pays comme la Belgique, la Roumanie et l’Italie.

Les trois langues procédurales de l’UE sont l’anglais, le français et l’allemand. Le français a toujours bénéficié d’une position privilégiée dans les institutions européennes, dès le début de l’intégration européenne. Mais sa prédominance est régulièrement amenuisée par l’anglais.

La Commission a salué l’initiative comme elle aurait applaudi tout autre initiative visant à promouvoir les langues, soulignant la « nature privilégiée » de l’allemand qui est l’une des trois langues de travail de l’exécutif européen.

Mais le porte-parole du commissaire Orban, Pietro Petrucci, a souligné que la pétition était adressée à l’ensemble des institutions européennes et pas uniquement à la Commission. Dans la mesure où l’allemand est déjà « sur un pied d’égalité » avec d’autres langues, la Commission estime que des considérations supplémentaires suite à la pétition ne sont pas nécessaires, a-t-il déclaré.

Parallèlement, le traité de Lisbonne accroît le rôle des Parlements nationaux dans le processus de prise de décision de l’UE et les discussions de l’UE concernant la politique linguistique de l’Union sont « en cours », a-t-il souligné, ajoutant qu’il fallait attendre et voir ce que le traité mettra en œuvre pour déterminer quelles sont les mesures prendre.

Décrivant l’initiative comme le « tout premier effort transnational qui soit parvenu à souligner l’importance bien trop faible de la langue allemande dans les institutions européennes », Volker Hoff, ministre d’Etat des Affaires fédérales et européennes de Hesse, un signataire de la pétition, a fait remarqué que l’allemand est la langue maternelle de près de 100 millions de personnes dans l’UE, « pourtant en pratique, cette langue victime de discrimination comparé à l’anglais et au français ».

Faisant écho aux commentaires de M. Hoff, le responsable de l’Association de la langue allemande, le Professeur Rudolf Hoberg, a déploré le « rôle secondaire » de l’allemand à Bruxelles, soulignant « nous devons faire tout notre possible pour changer cela ».

Exprimant son soutien à l’initiative, le porte-parole de la représentation permanente de l’Allemagne auprès de l’UE, Martin Kotthaus, a déclaré à EURACTIV que l’ensemble des pays et régions où l’allemand est parlé en font « la langue maternelle la plus largement parlée de l’UE ». Il est donc impératif que l’allemand soit utilisé dans les institutions européennes, a-t-il dit, ajoutant : « l’UE ne peut prospérer que si les citoyens sont capables d’y participer ».

De même, les fonctionnaires du ministère allemand des Affaires étrangères ont vivement applaudi l’initiative, déclarant : « le gouvernement fédéral fait souvent des campagnes actives pour que la position et l’utilisation de l’allemand au sein des institutions européennes soient renforcées et soutient d’une manière générale, le concept de multilinguisme dans l’UE ».

Le Commission doit présenter une nouvelle stratégie en faveur du multilinguisme en septembre cette année (EURACTIV 19/02/08).

Cependant, l’eurodéputé Michael Gahler (CDU, DE), un membre de la délégation qui a présenté la pétition au commissaire, a confié à EURACTIV que la mise en œuvre d’une politique européenne en matière de multilinguisme ne serait « pas une tâche facile » puisque son succès dépendra de la réaction des Etats membres. Il est donc nécessaire de surmonter les « intérêts établis » au sein de la Commission, a-t-il ajouté.

Le commissaire Orban rencontrera les représentants de la Représentation permanente de l’Allemagne auprès de l’UE plus tard dans la journée pour poursuivre les discussions sur la position de l’allemand dans les institutions européennes, a déclaré M. Petrucci.

Dans le même temps, la Commission discute avec le gouvernement allemand et les autres gouvernements européens de la façon d’améliorer les résultats de la traduction et de garantir la durabilité de son régime linguistique avec dans les « limites du budget disponible », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse.

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