Van Rompuy : un candidat-surprise pourrait être à la tête de la Commission

Herman Van Rompuy and Jean-Claude Juncker [European Council]

Herman Van Rompuy et Jean-Claude Juncker [Conseil européen]

Le président du Conseil européen a réitéré son point de vue sur les candidats à la présidence de la Commission européenne : les ministres européens pourraient proposer un candidat-surprise si une large majorité le soutient au sein du Conseil.

« Nous devons respecter le traité lors de la désignation du prochain président de la Commission européenne », a expliqué Herman Van Rompuy à la chaîne télévisée belge VRT le 18 mai.

« Une majorité simple au Parlement est nécessaire, soit 376 sièges. Il faut également une large majorité au Conseil européen », a-t-il ajouté en soulignant que la prochaine Commission devait obtenir le soutien des deux institutions.

« Nous nous pencherons sur ce point après les élections. Nous nous réunirons avec tous les chefs d’État et de gouvernement. Juste avant cette réunion, je discuterai avec le président du Parlement européen [Martin Schulz] qui fera un rapport de la première discussion au Parlement. »

Éviter la confrontation

Herman Van Rompuy a planifié une rencontre avec les chefs d’États européens, seulement deux jours après la fin des élections, le 27 mai. Les partis européens se réuniront au Parlement européen le matin de cette même journée pour partager leur point de vue. « Je consulterai le Parlement : d’abord le président puis les groupes. Et nous tenterons de présenter une solution équilibrée afin d’éviter une confrontation », a-t-il ajouté.

« Nous respecterons le traité [de Lisbonne] et tenterons d’éviter une confrontation entre les institutions. Nous essaierons également de trouver une solution le plus rapidement possible », a affirmé l’ancien premier ministre belge.

La désignation d’un candidat-surprise risque d’aboutir à une confrontation entre les candidats représentant les cinq principaux partis lors des élections européennes.

À l’occasion d’un débat à Bruxelles le 15 mai, les cinq candidats ont souligné qu’ils bloqueraient toute avancée si le Conseil choisissait une personnalité politique qui n’a pas participé à la campagne pour la présidence de la Commission.

Le président du Conseil estime que ce serait aller « trop loin ».d’affirmer que la désignation de l’un de ces cinq candidats permettrait d’éviter une confrontation.« Je comprends que ces candidats se défendent. Nous devons toutefois trouver une solution qui convienne à une majorité au Parlement et à une large majorité au sein des États membres », a-t-il déclaré.

Selon les informations d’EURACTIV, la chancelière allemande, Angela Merkel, aurait déclaré qu’elle soutiendrait le candidat de centre-droit, Jean-Claude Juncker, si celui-ci remportait les élections.

« Il s’agit d’une conversation entre Angela Merkel et Jean-Claude Juncker. Je n’étais pas présent, je ne peux pas donc pas me prononcer à ce sujet », a-t-il répondu au journaliste.

« Vous ne devriez pas faire trop attention à Nigel Farage »

Au cours des dernières semaines, les cinq candidats têtes de liste avancés par les partis politiques européens ont discuté de leur vision sur l’Europe lors d’une série de débats présidentiels diffusés sur des chaînes télévisées.

Les partis espèrent ainsi rapprocher les citoyens de la scène politique européenne et augmenter le taux de participation qui ne cesse de diminuer depuis les premières élections en 1979.

Herman Van Rompuy a toutefois nuancé : « la confiance dans les institutions européennes est plus grande que celle dans les institutions nationales. Nous connaissons une crise politique dans son ensemble ».« Nous ne devrions pas prétendre que ce populisme est neuf, ce fut déjà le cas dix ans auparavant en France », a-t-il expliqué en référence à la percée de Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002.

« Je m’attends à avoir une large minorité de personnes qui doutent du projet européen ou des politiques européennes […], mais une large majorité des députés seront fidèles aux institutions », a déclaré le haut fonctionnaire à propos de la montée prévue des eurodéputés eurosceptiques dans différents États membres.

Le journaliste de la VRT a également fait allusion au discours de Nigel Farage, eurodéputé eurosceptique lors de l’entrée en fonction d’Herman Van Rompuy. Le leader du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni avait déclaré en 2010 : « vous avez le charisme d’une serpillière humide et l’apparence d’un petit employé de banque ».

« Nigel Farage fait partie des meubles au Parlement. Vous ne devriez pas faire trop attention à lui », s’est-il défendu.

Les élections européennes de mai 2014 seront les premières organisées depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, qui renforce le pouvoir du Parlement dans le processus de nomination du président de la Commission.

En vertu de l'article 17, paragraphe 7 du TUE, les dirigeants des États européens doivent maintenant « tenir compte » des résultats des élections européennes et désigner leurs candidats à l'issue de « consultations appropriées ».

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, s'est fortement opposé à cette idée et laisse la porte ouverte à la désignation d'un candidat-surprise, et ce contre la volonté des partis paneuropéens.

 >> Lire : Hautes fonctions européennes :à qui le tour ?

  •  22-25 mai : élections européennes dans les 28 États membres
  •  27 mai : conférence des présidents du Parlement européen se rencontre lors d'une session extraordinaire
  •  27 mai : les partis tiennent des réunions en amont de la réunion du Conseil européen, les chefs d'États et de gouvernements y participent pour discuter des résultats des élections
  •  27 mai : les chefs d'État européens se réunissent lors d'un sommet extraordinaire pour analyser les résultats des élections.
  •  26-27 juin : désignation du président de la Commission lors du sommet du Conseil européen
  •  1-3 juillet : première session plénière du Parlement européen nouvellement constitué.Négociations informelles avec le Conseil de l'UE et éventuelles négociations bilatérales ou multilatérales avec des chefs d'État.
  •  14-17 juillet : le Parlement vote en session plénière la nomination du président de la Commission par le Conseil européen
  •  1er novembre : date butoir pour l'entrée en fonction de la nouvelle Commission
  •  Novembre : fin du mandat d'Herman Van Rompuy, président du Conseil européen

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