Présidente ou non, Vestager restera à Bruxelles

Margrethe Vestager, commissaire danoise à la concurrence. [Photo: STEPHANIE LECOCQ / EFE-EPA]

La commissaire danoise restera à Bruxelles pour un second mandat, a annoncé son pays le 26 juin. Et ce, même si elle ne parvient pas à devenir présidente de la Commission européenne.

Mette Frederiksen, la nouvelle Première ministre du Danemark, a déclaré le 26 juin que sa compatriote avait fait un excellent travail à Bruxelles et sera nommée pour un second mandat à la Commission.

Bien que candidate à la présidence de la prochaine Commission européenne, Margrethe Vestager ne pouvait pas garantir son poste à Bruxelles puisqu’elle vient d’une famille politique différente que les Sociaux-démocrates désormais au pouvoir dans son pays.

Jusqu’à present, la logique acceptée était que personne à Copenhague ne se mettrait en travers du chemin de la commissaire si elle obtenait la présidence de la Commission. Par contre, le simple renouvellement de son mandat apparaissait plus délicat politiquement.

L’incertitude a vite été dissipée par Mette Frederiksen, qui a déclaré à la télévision danoise que Margrethe Vestager avait fait « un travail très important pour l’UE et donc pour le Danemark ». « Elle est autorisée à continuer à travailler en tant que commissaire danoise », a déclaré la Première ministre récemment élue.

« Pour ce qui est des postes internationaux, nous devons d’abord voir si nous avons déjà un commissaire qualifié qui puisse continuer son travail. », a-t-elle expliqué.

Selon des sources européennes, Margrethe Vestager devrait conserver son portefeuille de la concurrence si elle est nommée pour un second mandat à la Commission.

Margrethe Vestager, star de la Commission Juncker

Selon un sondage en ligne, la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager, est le membre le plus populaire de la Commission et pour la succession de Jean-Claude Juncker.

Même si les commissaires choisis doivent recevoir le feu vert du Parlement européen, le travail largement salué de la Danoise ces cinq dernières années devrait lui permettre de recevoir la bénédiction de l’hémicycle européen.

La nouvelle Première ministre, la plus jeune dans l’histoire du Danemark puisqu’elle a 41 ans, se rendra à Bruxelles le dimanche 30 juin pour participer à son premier Conseil européen aux côtés d’autres chefs d’Etat et de gouvernement. Le sommet a été organisé après l’échec du Conseil de la semaine dernière, où aucun progrès n’a été réalisé pour nommer le prochain chef de la Commission.

Mette Frederiksen a affirmé que les discussions de dimanche seront comme un « jeu de solitaire » mais n’a pas voulu dire si elle soutiendrait la nomination de Margrethe Vestager à la présidence de la Commission ou si elle préférera prendre ses distances dans les négociations entre chefs d’Etat.

La principale concernée a sobrement réagi sur Twitter d’un : « je suis heureuse » et a remercié les socialistes de lui donner leur aval pour rester à Bruxelles. Morten Østergaard, chef de file de son parti Venstre, l’a également félicitée sur Twitter. « Je suis très heureux et fier que la commissaire danoise soit réélue par Mette Frederiksen. C’est un choix judicieux, écologique et de tendresse pour le Danemark et l’Europe », a-t-il écrit.

Helle Thorning-Schmidt, ancienne Première minister socialiste et première femme à diriger le Danemark, a également fait l’éloge de Margrethe Vestager sur le réseau social. « Elle fera un travail fantastique. »

Etant donné son affiliation politique, Helle Thorning-Schmidt avait été envisagée comme potentielle remplaçante de Margrethe Vestager.

« Elle déteste les Etats-Unis »

La commissaire danoise n’a pas attiré la sympathie de tout le monde mercredi, puisque le Président des Etats-Unis, Donald Trump, a déclaré dans une interview que l’UE dépassait les bornes en frappant les sociétés technologiques comme Apple ou Google de lourdes sanctions.

« Elle déteste les Etats-Unis peut-être plus que toute autre personne que j’ai jamais rencontrée », a déclaré Donald Trump sur Fox News, faisant clairement référence à la commissaire danoise. « Ce qu’elle fait à notre pays. Elle poursuit toutes nos entreprises. Nous devrions poursuivre nous-mêmes Google et Facebook et tout ça, ce que nous ferons peut-être. »

Les analystes politiques affirment que la tirade de Trump contre Vestager, qu’il avait déjà appelé la « tax lady », améliore en réalité ses chances d’obtenir la présidence de l’UE.

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L’annonce de Mette Frederiksen signifie que neuf des 28 commissaires sont désormais connus, ou du moins probablement. La Bulgare Mariya Gabriel, la Tchèque Věra Jourová, l’Estonienne Kadri Simson et la Finlandaise Jutta Urpilainen sont les quatres autres commissaires femmes déjà nommées.

Les autres noms déjà dans la course sont donc le Hongrois László Trócsányi, le Letton Valdis Dombrovskis, le Luxembourgeois Nicolas Schmit et le Slovaque Maroš Šefčovič.

Il s’agit d’une amélioration déjà notable par rapport à la série de commissaires élus en 2014. Jean-Claude Juncker a récemment déclaré aux médias allemands que la première série de nominations ne comprenait qu’une seule femme. La Commission luxembourgeoise avait en fin de compte nommé neuf femmes commissaires.

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