Virage à l’OMC : sous l’impulsion de Ngozi Okonjo-Iweala, le sommet de la hiérarchie se féminise

Ngozi Okonjo-Iweala (à g.) et Christine Lagarde lorsqu'elles étaient respectivement ministre des Finances du Nigeria et directrice générale du Fonds monétaire international. Washington, le 22 September 2011. [EPA/SHAWN THEW]

Ngozi Okonjo-Iweala, la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce, a nommé deux femmes et deux hommes aux quatre postes de directeur adjoint de l’institution. Une répartition paritaire qui constitue une première dans l’histoire. Un article d’Euractiv Italie.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à occuper les postes de direction des institutions économiques et financières internationales et toutes sont d’avis qu’il faut promouvoir davantage de femmes.

Mardi 4 mai, Ngozi Okonjo-Iweala, la nouvelle directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) – qui est elle-même la première femme et la première Africaine à diriger l’OMC – a nommé deux femmes, Angela Ellard (États-Unis) et Anabel Gonzalez (Costa Rica), et deux hommes, Jean-Marie Paugam (France) et Zhang Xiangchen (Chine), aux postes les plus élevés de l’institution.

« Je suis très heureuse d’annoncer la nomination de quatre nouveaux directeurs généraux adjoints à l’Organisation mondiale du commerce. C’est la première fois dans l’histoire de notre organisation que la moitié des directeurs généraux sont des femmes. Cela souligne mon engagement à choisir des dirigeants talentueux pour notre organisation tout en atteignant un équilibre entre les sexes aux plus hauts postes. J’ai hâte de les accueillir à l’OMC », a déclaré Ngozi Okonjo-Iweala.

Ngozi Okonjo-Iweala, première femme à prendre les rênes de l’OMC

La Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala a été nommée directrice de l’OMC lundi 15 février. En tant que première femme africaine à ce poste, elle reprend le flambeau d’une organisation qui nécessite des réformes pour surmonter les défis à l’horizon et les tensions commerciales.

En proposant ces nominations, l’ancienne ministre des Finances et des Affaires étrangères du Nigeria a maintenu l’équilibre territorial précédent (un délégué de la Chine, un des États-Unis, un de l’Union européenne et un provenant d’un pays en développement), mais a complètement révolutionné l’équilibre entre les sexes : les quatre directeurs adjoints précédents étaient en effet tous des hommes.

Par ailleurs, avant de devenir la première femme à la tête de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala a été la première femme et la première candidate africaine à briguer la présidence de la Banque mondiale en 2012. Elle a aussi été la première femme à devenir ministre des Finances du Nigeria.

À propos du rôle que les femmes peuvent jouer au sommet, une autre économiste à la tête d’une institution économique internationale, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde, ancienne directrice du Fonds monétaire international, s’est fendue d’un vibrant plaidoyer. « La pandémie a démontré la valeur du leadership des femmes, particulièrement en temps de crise. Les recherches menées pendant la pandémie ont montré que les femmes sont considérées par leurs collaborateurs comme des leaders plus efficaces que les hommes. Elles sont mieux à même de dialoguer et d’interagir avec les employés. Pourtant, seuls 18,5 % des chefs de gouvernement des pays de l’UE sont des femmes. Bien qu’elles représentent plus de la moitié de la population de l’UE (51%), leur présence dans les parlements nationaux ne dépasse pas un tiers des membres. Aucune des banques centrales de la zone euro, dont les gouverneurs sont nommés par les gouvernements nationaux, n’est dirigée par une femme. »

Christine Lagarde impose son style direct à la BCE

Pour sa première réunion de présentation de la politique monétaire, la nouvelle présidente de la BCE a montré sa maîtrise des dossiers et son style direct, dans un environnement qui donne des signes d’amélioration. Un article de notre partenaire La Tribune.

Les femmes qui sont parvenues au sommet des institutions économiques internationales sont convaincues qu’il est crucial de permettre à d’autres femmes aux compétences avérées d’accéder aux postes les plus élevés. Il ne s’agit pas seulement de donner un signal sur le leadership féminin ; il s’agit aussi d’avoir à des postes clés des personnes qui connaissent le potentiel des investissements dans l’entrepreneuriat féminin, l’importance de l’éducation des petites filles et des jeunes filles, les compétences de nombreuses femmes dans les affaires. Surtout en temps de crise.

Subscribe to our newsletters

Subscribe