Vote secret et petits arrangements pour choisir le président du Parlement européen

Les eurodéputés ne sont pas appelés à voter sur le changement de portefeuille du commissaire allemand.

Le président du Parlement européen doit être élu à bulletin secret mardi 1er juillet. Martin Schulz part favori avec une coalition de 479 députés, face à 3 autres candidats.

L’élection du président du Parlement européen, mardi 1er juillet, se déroule à bulletin secret. « On peut se demander pourquoi, c’est un scrutin très important le choix d’un président » s’étonne un expert de la Commission européenne.

 L’article 169 du règlement du Parlement européen prévoit en effet que les nominations fassent l’objet de votes à bulletins secrets, ainsi que tout vote pour lequel un vote secret serait demandé par au moins un cinquième des députés.

Un vote secret pour toutes les nominations

Le Parlement européen a l’habitude de voter les textes à la file, soit à main levée soit par vote électronique, car les scrutins sont nombreux. Il arrive aux eurodéputés de devoir lever le bras 50 fois dans une matinée -un challenge.

Le recours au vote secret pour cette institution qui fait preuve de beaucoup de transparence est donc l’exception. Elle s’explique par la crainte de pressions qui auraient pu être exercées sur les députés européens dont la légitimité était au départ plutôt faible. La mesure, qui s’appliquera également le 16 juillet lors du vote pour le président de la Commission européenne, semble désormais obsolète. Elle est de surcroit risquée.

4 candidats dont 3 de gauche devant un Parlement de droite

Car l’aspect secret du vote laisse planer plus d’incertitudes sur l’issue du scrutin. « Je n’ai pas l’intention de voter pour lui, quelles que soient les consignes de mon parti. Il a tout de même fait voter le recul du budget européen fin 2013, c’est vraiment contraire à mes idées » assure un eurodéputé français. Le scrutin revêt un caractère étrange : sur quatre candidats à la présidence du Parlement européen, trois sont de gauche, alors que la droite a largement gagné les élections. Et le seul candidat de droite, Sajjad Karim qui brigue la présidence pour le compte des conservateurs britanniques, a peu de chance de l’emporter, tant les conservateurs britanniques sont isolés.

Les Verts ont décidé le 25 juin de présenter un candidat, l’Autrichienne Ulrike Lunacek. Parce qu’« il faut que la voix du Parlement européen ne soit pas réduite à une simple homologation d’un paquet de postes stratégiques » assure la candidate.

La candidature de la gauche radicale, celle de l’espagnol Pablo Iglesias, s’explique pour des motifs comparables.

Petits arrangements entre amis

 L’élection de Martin Schulz, qui a perdu les élections européennes, semble paradoxalement acquise, dans le cadre d’un accord entre trois des principaux groupes du Parlement européen.  La droite (Parti populaire européen, 221 élus) et le centre (ADLE, 67 élus) ne présentent en effet pas de candidat en face du candidat sociaux-démocrate (qui représente 191 élus ), en échange d’un marchandage vilipendé par les autres formations politiques.

Le PPE vise en effet la présidence pour la seconde moitié de la législature : si Martin Schulz est élu, il s’est engagé à remettre la présidence du Parlement en jeu en janvier 2017.

Le poste pourrait alors également être revendiqué par le charismatique leader des libéraux, Guy Verhofstadt, qui semble plus intéressé par un poste politique que par un poste de représentation.

« Le président sortant est le premier à avoir fait de ce mandat une présidence politique forte, qui a permis de faire sortir le Parlement européen de l’ombre » constate Charles de Marcilly, responsable de la Fondation Schuman à Bruxelles.  Le phénomène est donc récent, mais le poste de président du Parlement européen n’est plus un poste figuratif. Ce qui explique qu’il attise les convoitises.

Plusieurs tours sont possibles

Si Martin Schulz a de grandes chances de l’emporter demain, puisqu’il représente en théorie une coalition de 479 députés, le règlement du Parlement européen prévoit aussi d’organiser plusieurs scrutins  si la majorité absolue, soit 376 voix, n’est pas atteinte

Si, après trois tours de scrutin, aucun candidat ne recueille la majorité absolue des suffrages exprimés, les deux députés qui ont obtenu le plus grand nombre de voix au troisième tour peuvent être seuls candidats au quatrième tour; en cas d’égalité des voix, le candidat le plus âgé est proclamé élu.

Le vote sera organisé par le président par intérim, Gianni Pittella . Le règlement du Parlement avait en effet été amendé in extremis en mai 2009 pour éviter que le doyen des élus du Parlement européen ne soit appelé à la tribune pour organiser le passage des pouvoirs. Il s’agissait, et il s’agit toujours, de Jean-Marie Le Pen. Ce sont désormais les vice-présidents du Parlement européen qui se chargent de cette tâche

Après les élections du 25 mai 2014, les eurodéputés siègent pour la première fois à Bruxelles le 1er juillet 2014. Pour leur session inaugurale, ils doivent élire le président du Parlement européen.

1er juillet 2014 : élection du président du Parlement européen

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