Le Brexit, une opportunité pour les villes européennes

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Le Brexit risque d'ôter un peu d'éclat à la grandeur de Londres, et les autres villes européennes pourraient en profiter.

Avec le Brexit, Londres risque de voir son dynamisme freiné. Mais les villes européennes peuvent envisager la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE comme une opportunité et tirer leur épingle du jeu. La course à l’attractivité est déjà lancée.

Charles Van Overmeire est co-fondateur de French Square, un réseau d’entrepreneurs francophones, membre de la French Tech Londres.

Depuis 20 ans, Londres est le New York européen, leader dans la finance, les médias, le marché de l’art et la Tech. Mais comme d’autres grandes villes avant elle, un événement extérieur à la métropole, non souhaité par sa population et son tissu économique, freine son dynamisme et renversera la tendance : le Brexit.

Pour se soustraire à cette destinée annoncée, les autorités londoniennes et britanniques œuvrent déjà à renforcer les collaborations avec des acteurs extra-européens tels que l’Inde, Israël et les États-Unis et travaillent à l’élaboration de nouveaux traités de libre-échange post-Brexit. Leur stratégie vise à assurer de nouvelles opportunités de développement international à leurs entreprises et à attirer de nouveaux investissements étrangers, en positionnant Londres en tant que grande ville du monde, et non plus européenne.

Moins d’éclat

Cependant, aujourd’hui, la ville à la croissance soutenue et au quasi plein emploi a déjà perdu de son brillant et n’échappera pas à une diminution progressive des investissements étrangers.

Londres a depuis 1973 tiré de nombreux avantages à être ancrée dans un large marché et ne peut que difficilement espérer prendre une position comparable au cas de Singapour. Dans un pays aux fortes disparités, elle ne pourra pas imposer de nouvelles législations propices à son développement et potentiellement dommageables aux autres régions plus pauvres et déjà fragilisées.

Nouvelles opportunités pour les villes européennes

Malgré les risques que le Brexit fait peser sur les balances commerciales des États européens et sur la stabilité de l’Union, le référendum du 23 juin ouvre de nouvelles opportunités pour les métropoles européennes. La course à l’attractivité est aujourd’hui lancée entre ces villes afin de capter une partie des entreprises exposées aux risques de perte d’accès aux talents européens, aux financements de l’UE et à l’accès à ces marchés.

La situation pousse les métropoles à se comparer à Londres et à évaluer leur compétitivité les unes par rapport aux autres, menant à une remise en question positive des politiques publiques au niveau des villes, des Etats et à l’échelle européenne. L’ancien Premier ministre Manuel Valls, alors en fonction, a d’ailleurs annoncé plusieurs mesures pour renforcer l’attractivité de la France : primes d’impartition, avantages fiscaux…

Vers une attractivité des villes plutôt que des États

Outre les questions liées aux incitants fiscaux et au droit du travail, traitées au niveau européen et national, il semble exister une prédominance de caractéristiques locales dans le choix de relocalisation des entreprises : l’accès à un vivier de talents, la qualité de vie, la présence de partenaires, de fournisseurs ou même d’écoles internationales. La question de l’attractivité du territoire se déplace des pays vers les villes européennes. Pour les jeunes pépites Tech londoniennes, on parle de relocalisation à Berlin, Dublin, Barcelone, Paris ou Amsterdam, et non pas en Allemagne, en Irlande, en Espagne, en France ou aux Pays-Bas.

Les villes du continent développent à vitesse grand V leur attractivité sur la nouvelle économie avec des projets tels que Station F à Paris, Euro méditerranée à Marseille ou le lieu totem de la French Tech à Lyon. Mais aussi à grand coup de marketing à l’image des campagnes du quartier de la Défense « Tired of the Fog, try the Frogs », ou des Hauts-de-France « Welcome Home ».

L’incertitude, l’instabilité et les risques liés au Brexit, renforcés par l’élection de Trump, poussent les investisseurs européens et étrangers à s’orienter vers des zones de stabilité. Aujourd’hui, la France représente cette stabilité et les villes françaises ont un coup à jouer !

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