Les élus locaux et régionaux appellent les États à tenir leurs promesses

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Syria’s Latest Grim Statistic: One Million Children in Exile, July 30, 2013. [^$]

Les institutions européennes et États membres doivent garantir les ressources nécessaires à l’accueil des réfugiés, en finançant de manière ciblée les villes et régions qui en ont le plus besoin, estime le Conseil des Communes et Régions d’Europe.

Cette pétition fait suite à l’appel lancé par le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) pour une véritable politique européenne commune d’asile. Cet appel a été adopté par les associations membres du CCRE le 20 avril 2016 à Nicosie, Chypre.

Les maires, élus locaux et régionaux sont en première ligne pour gérer l’accueil de réfugiés et préserver la cohésion sociale de leur territoire. Ce sont eux qui s’assurent que les réfugiés, souvent à bout de forces, aient accès au logement, bénéficient d’un accompagnement social et de soins de santé.

Bien que les maires et élus locaux assument avec détermination leur mission d’accueil des réfugiés, le défi majeur de l’intégration sociale ne saurait être porté par eux-seuls isolément. Pour maintenir leur engagement et faire face à l’urgence humanitaire, ils ont besoin d’un réel soutien de tous les niveaux de responsabilités politiques, tant des autorités nationales que de l’Union européenne.

L’été dernier, les chefs d’État et de gouvernement s’accordaient sur un plan de répartition de 160 000 réfugiés sur deux ans. Un an plus tard, alors qu’une grande majorité des Européens* souhaitent une intervention plus importante de l’Union européenne sur la question migratoire, le bilan* est plus que mitigé.  Moins de 3 000 réfugiés ont été relocalisés dans un pays européen. Ces chiffres montrent à eux seuls l’immobilisme de certains de nos dirigeants nationaux. Alors que les sommets européens se succèdent, les élus locaux et régionaux agissent et se mobilisent.

C’est pourquoi, nous plaidons pour la mise en place de procédures de relocalisation contrôlées et bien gérées, dépassant la mise en œuvre de l’accord atteint en septembre 2015 pour la relocalisation des 160 000 réfugiés présents en Grèce et en Italie, sous la protection du droit international et européen.

Ce dispositif de répartition juste, solidaire et permanent des réfugiés dans tous les pays de l’Union, doit se faire directement depuis les principaux centres d’enregistrement et les pays voisins de l’UE, en leur assurant un passage sécurisé.

Cependant, afin de rester fidèles à nos valeurs, les villes, municipalités et régions doivent être en mesure de concilier la régulation de ces flux migratoires avec la poursuite de l’action publique locale de solidarité. Dans cette perspective, il revient aux institutions européennes et aux États membres de garantir les moyens nécessaires à l’accueil des réfugiés par un financement approprié destiné aux collectivités territoriales qui les accueillent

Ce soutien que nous appelons de nos vœux va de pair avec une concertation entre les gouvernements locaux, régionaux et nationaux afin de mieux coordonner l’action et de répartir les réfugiés équitablement et solidairement entre toutes les régions et collectivités territoriales au niveau européen.

De même, il est essentiel d’encourager l’échange d’expérience et la coopération entre les collectivités territoriales européennes dans ce domaine. Celles-ci ne disposent en effet pas toutes de la même capacité, ni de la même expérience pour assurer le succès de l’intégration des réfugiés.

Il incombe aux élus locaux et régionaux d’apporter une réponse concrète, rapide et collective à l’un des plus grands défis humanitaires que l’Europe ait connu. Il nous incombe en tant qu’Européens de porter haut nos valeurs de solidarité et de dignité humaine, de les défendre et de les réaffirmer. C’est également ce que nous attendons de nos dirigeants nationaux et européens.

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