Emmanuel Macron se rend au Brésil pour une visite d’Etat de mardi à jeudi (26-28 mars) afin de renouer les liens bilatéraux entre les deux pays avec le président Lula, tout en esquivant l’épineuse question de l’accord UE-Mercosur.
« Ce moment brésilien intervient après une éclipse de quatre ans et un quasi-gel des relations politiques entre nos deux pays lors de la présidence de [Jair] Bolsonaro », a déclaré l’Élysée à la presse, alors qu’Emmanuel Macron s’apprête à s’envoler pour le Brésil à l’invitation du président Luiz Inácio Lula da Silva, arrivé au pouvoir il y a un an.
L’élection du président Lula a relancé la relation entre son pays et les Européens après trois années de populisme extrême au Brésil. Le pays doit accueillir le sommet du G20 à Rio de Janeiro cet automne et le sommet sur le climat COP30 à Belém en 2025.
Si les questions économiques et commerciales sont à l’ordre du jour, l’accord controversé entre l’UE et le Mercosur n’est lui pas prévu à l’agenda. L’Élysée estime que la question relève de discussions entre l’UE et le Brésil, et qu’elle n’a pas vocation à être évoquée lors d’une réunion bilatérale.
Alors que le Brésil s’est dit prêt à signer l’accord, la France est restée la seule à s’opposer à l’accord commercial en Europe, affirmant qu’elle voulait protéger ses propres agriculteurs — une question cruciale dans l’UE en ce moment, alors que nombre d’entre eux descendent dans la rue pour protester contre la réglementation européenne, à quelques mois seulement des élections de juin.
M. Macron a également prévu de discuter avec son homologue des crises internationales, notamment de la guerre en Ukraine et de la guerre entre le Hamas et Israël, afin de « chercher des points de convergence » pour mettre fin à ces deux conflits, a indiqué l’Élysée.
Le Brésil a plaidé pour que la guerre entre l’Ukraine et la Russie cesse au plus vite, et a proposé un plan de paix à cet effet, ce qui a suscité l’inquiétude des Européens, qui considèrent qu’une telle position risque de tourner à l’avantage de Moscou.
Le pays est considéré comme un négociateur dans le processus d’élaboration d’une formule de paix pour l’Ukraine façonnée par Kiev, où le soutien du « Sud Global » est essentiel.
Pour ce qui est de la guerre Israël-Hamas, « l’essentiel sera de présenter et d’expliquer notre position », a déclaré l’Élysée.
Le président brésilien a suscité la controverse le 18 février lors d’un discours à la presse depuis Addis Abeba (Éthiopie), où il participait à un sommet de l’Union africaine. Il a accusé Israël de commettre un « génocide » contre les Palestiniens de la bande de Gaza, un terme que la France a toujours rejeté.
Attirer les investisseurs brésiliens en France
La question de la transition énergétique sera également à l’ordre du jour. Selon l’Élysée, le Brésil et la France font partie des pays ayant le mix énergétique « le plus décarboné » au monde, la France grâce au « nucléaire », le Brésil grâce aux « biocarburants ».
Les deux dirigeants devraient fixer un cap commun pour les deux prochaines années afin de défendre une ambition forte en matière de protection de l’environnement.
Emmanuel Macron va également « prendre son bâton de pèlerin » pour « prêcher l’attractivité » de la France à l’étranger.
« Le Brésil abrite de très grands groupes industriels majeurs. Les investissements brésiliens en France sont aujourd’hui trop faibles », indique l’Élysée. Le président profitera de l’occasion pour inviter les investisseurs brésiliens au sommet Choose France 2024 afin de renforcer les partenariats économiques entre les deux pays.
Enfin, à São Paulo, Macron et Lula inaugureront le premier Institut Pasteur au Brésil.
Ils annonceront à cette occasion un « paquet santé extrêmement fort » en termes d’engagement de la France au Brésil et en Amérique latine, a indiqué l’Élysée, sans donner plus de détails.



