Autriche : l’UE doit discuter ouvertement des sanctions contre la Turquie

Le programme du sommet européen de cette fin de semaine à Bruxelles est chargé : pandémie SARS-CoV-2, crise en Méditerranée orientale et relations sino-européennes. À cette occasion, Vienne discutera des sanctions à prendre contre Ankara. Un article d’Euractiv Allemagne.  

Le programme du sommet européen organisé à la fin de semaine à Bruxelles est chargé : pandémie SARS-CoV-2, crise en Méditerranée orientale et relations sino-européennes. À cette occasion, Vienne discutera des sanctions possibles contre Ankara. Un article d’Euractiv Allemagne.

Karoline Edtstadler (ÖVP), ministre autrichienne des Affaires européennes depuis janvier 2020. Elle était auparavant secrétaire d’État au ministère de l’Intérieur. Elle siège au Parlement européen à l’issue des élections européennes de mai 2019, et ce, jusqu’à sa nomination en tant que ministre. Auparavant, elle travaillait en tant que juriste à la sous-commission des droits de l’Homme et juge pénal au tribunal de Salzbourg.

De nombreux thèmes seront abordés lors du sommet européen extraordinaire en fin de semaine : le budget à long-terme de l’UE, le marché intérieur, le Brexit, la crise en Méditerranée orientale, j’en passe et des meilleurs. Quelles sont les priorités de l’Autriche à cette occasion ?

Ce large programme prouve qu’il est temps de prendre quelques décisions. Il est important que nous soyons informés de l’état d’avancement des négociations sur le cadre financier pluriannuel (CFP) et le Brexit.

De plus, nous devons renforcer le marché intérieur et la concurrence du bloc, et ce, en présentant une stratégie industrielle et en adaptant les réglementations en matière d’aides publiques afin de rendre l’Europe indépendante. Les instruments du plan de relance doivent surtout être déployés dans les domaines de la numérisation et la protection du climat.

Il est clair que nous devons également discuter de la position européenne à adopter par rapport à la Chine et à la Turquie. L’Autriche s’engage à discuter de toutes les options présentées sur la table des négociations et à interrompre les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE.

En outre, les procédures relatives à l’état de droit contre la Pologne et la Hongrie sont de nouveau à l’ordre du jour du Conseil des affaires générales de l’UE. La présidence allemande prévoit une audition avec les deux pays en novembre et décembre.

Comment ces auditions peuvent-elles rendre plus efficaces les procédures de l’article 7 ?

En tant que voisins de la Hongrie, nous savons que ces procédures sont un sujet sensible. Nous ne pouvons toutefois pas laisser la place au compromis. C’est pourquoi je soutiens fermement que l’octroi d’aides financières européennes se fasse en fonction du respect de l’état de droit. Mais, bien entendu, toutes les parties concernées doivent avoir la possibilité de se retirer de ces procédures. Pour trouver une telle stratégie de sortie, il faut laisser la parole à tout le monde.

En réalité, les États membres de l’UE se sont entretenus en juillet afin de mettre en lien les subventions européennes à l’état de droit, mais sous une forme moins contraignante. L’Autriche est-elle satisfaite ?

Je suis content que le principe de conditionnalité soit ancré au sein du navire européen. Il aurait pu l’être davantage, mais il est déjà primordial qu’il ait été établi. Désormais, il faut attendre la décision du Parlement européen sur le budget à long terme de l’UE. Les négociations à cet égard sont toujours en cours.

Les approbations du Parlement européen dépendent du renforcement du mécanisme du respect de l’état de droit au sein de l’UE. Pensez-vous qu’il parviendra à ses fins ?

Il s’agit d’un point de discussion. Il y a maintenant eu quatre réunions de trilogue, au cours desquelles le Conseil et la Commission ont demandé au Parlement de faire des propositions spécifiques. Il est important d’entendre la position du Parlement, et il peut y avoir des actions à plus petite échelle. Il a toutefois été signalé qu’il n’y avait aucune intention de défaire à nouveau le budget et de mettre ainsi l’accord en péril. Les chefs d’État et de gouvernement ont négocié pendant cinq jours et quatre nuits en juillet pour parvenir à ce résultat. Ensuite, il est de bon ton d’échanger les points de vue au cours des négociations. Je demande au Parlement d’approuver cet énorme budget.

La loi autrichienne contre la haine en ligne fait craindre un blocage excessif des contenus

Le gouvernement autrichien souhaite que les plates-formes soient plus impliquées dans la lutte contre le contenu en ligne illégal. À cet égard, la loi allemande « NetzDG » offre-t-elle un bon exemple à suivre ? Un article d’Euractiv Allemagne.

Les fonds propres européens constituaient un sujet de discorde lors des négociations de juillet. Il existe un calendrier précis pour la taxe sur les plastiques, alors que seule une vague approbation a été donnée pour la taxe numérique et la taxe carbone, prévues pour 2022. N’était-ce pas un peu optimiste ?

L’optimisme et le dynamisme sont partie intégrante de la politique. Nous allons tout faire pour parvenir à ces objectifs.

L’Autriche approuve donc ces taxes ?

L’Autriche œuvre afin de trouver des solutions afin de garantir notre bonne intégration dans le monde de demain.

En ce qui concerne la Turquie désormais. Les agissements d’Ankara en Méditerranée orientale peuvent-ils rester impunis ?

Il est clair qu’un État ne peut pas enfreindre les droits de l’homme et déployer sa flotte de guerre. Dans ce contexte, les États membres misent sur un apaisement des tensions, et ce, à l’unanimité. Toutefois, il est nécessaire de considérer toutes les possibilités, y compris les sanctions. L’Autriche est en faveur d’une interruption des négociations d’adhésion depuis 2016, car la Turquie s’éloignait déjà des valeurs européennes à l’époque.

Josep Borrell, haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a déclaré en août que les sanctions étaient d’actualité tant qu’il n’y avait pas de progrès avec la Turquie ? Il n’y en a donc pas eu ?

Il est bien entendu nécessaire de débattre ouvertement de toutes les réactions.

Le Brexit fait également partie du sommet européen. Le Royaume-Uni menace actuellement de ne pas respecter l’accord de retrait d’ici à la fin de l’année. Cela vous étonne-t-il ?

En réalité, je m’attendais à ce que le Grande-Bretagne respecte les droits de l’homme. Nous voulons bien entendu nous mettre d’accord avec Londres, mais il ne nous reste que six semaines pour ce faire. Les relations sont tendues. Nous appelons les autorités anglaises à prendre la situation au sérieux. L’UE ne pliera pas sous le chantage.

Ce mercredi, la Commission européenne devrait présenter un plan pour un régime d’asile européen commun. Quelles sont vos attentes ?

Il est temps de mettre en place un tel programme. D’après nous, il devrait inclure trois aspects : la protection des frontières extérieures, la coopération avec les pays tiers et une solidarité flexible.

La « solidarité flexible » signifie-t-elle qu’aucun quota d’accueil obligatoire ne devrait être mis en place ?

Tout à fait, nous nous opposons à ces accueils forcés. C’était toujours notre limite et nous la défendons avec véhémence. Depuis 2015, l’Autriche a accueilli le deuxième plus grand nombre de réfugiés de tous les États membres de l’UE. Une chose est claire : chaque pays doit apporter sa contribution. Soit en accueillant des personnes, soit en envoyant des représentants pour soutenir les autorités chargées de l’asile, soit en apportant une aide sur le terrain. Ce faisant, il faut toujours tenir compte de ce qui a été réalisé jusqu’à présent. Dans le cas de l’Autriche, cela ne peut donc pas signifier l’acceptation d’un plus grand nombre de réfugiés.

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