43 pays à Paris pour lancer l’Union pour la Méditerranée

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Premier succès diplomatique pour Nicolas Sarkozy, samedi 12 juillet, 24 heures avant le sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée. Le chef de l’État français a réussi le tour de force de mettre autour d’une même table le président syrien Bachar El Assad et le chef d’État libanais Michel Sleiman, qui venait, la veille, de constituer un gouvernement d’Union nationale.

Une prouesse dont Paris n’est pas peu fière. «Nous vivons aujourd’hui un moment historique», se réjouit-on en coulisses. En jeu : l’ouverture d’une ambassade de Syrie à Beyrouth et du Liban à Damas.

Par ailleurs, Bachar El Assad a demandé à Nicolas Sarkozy que la France accompagne les discussions avec Israël lorsque celles-ci reprendront. Pour l’instant, Damas et Tel-Aviv entretiennent des relations «indirectes», en passant par l’intermédiaire de la Turquie. Mais la Syrie pourrait établir un contact plus direct avec Israël, une fois la nouvelle administration américaine en place, au mois de novembre. En échange, la France pourrait débloquer l’accord d’association Union européenne-Syrie, remisée au fond des tiroirs à la demande de la France, lorsque les relations entre Paris et Damas étaient au plus mal.

Une grande inconnue : le financement

Malgré ces succès, le sommet du 13 juillet, qui se déroule à Paris en présence de 42 chefs d’États et de gouvernement de l’Union européenne et du pourtour méditerranéen s’annonce hasardeux pour le chef de l’État. Cette réunion qualifiée par la chercheuse Dorothée Schmid (IFRI), dans un entretien accordé à euractiv.fr, de «bricolage diplomatique», risque de laisser de nombreuses questions en suspend. (EURACTIV.fr 11/07/08)

Le projet de la France n’a cessé d’évoluer, autant sur le fond que sur la forme. L’Union pour la Méditerranée n’a en effet plus rien à voir avec le projet du conseiller élyséen Henri Guaino, qui voulait mettre sur pieds une union constituée exclusivement des pays bordés par la «Mare Nostrum» en dehors du cadre de l’Union européenne. (EURACTIV.fr 04/03/08)

Six projets ont pour l’instant été défini et accepté par l’ensemble des États : la dépollution de la Méditerranée, les autoroutes maritimes et terrestres, la protection civile pour répondre aux catastrophes naturelles, une université euro-méditerranéenne, l’énergie solaire et une « initiative méditerranéenne de développement des affaires ». La grande inconnue du projet reste pourtant le financement. Comment financer de gigantesques projets, comme le plan solaire méditerranéen ou les autoroutes de la mer? Sans parler de la dépollution de la Méditerranée, dont la mise à exécution coûterait, selon certains spécialistes, plusieurs milliards d’euros. Si l’Agence française de développement (AFD) a déjà indiqué qu’elle financerait le projet à hauteur de 500 millions d’euros, on est loin du compte.

Côté logistique, l’UPM sera doté d’un secrétariat général où travaileront une trentaine de personnes. Pour l’instant, seuls trois pays sont candidats : Maroc, Tunisie et Malte. La décision sera prise en novembre. Dans un premier temps, l’UPM sera présidée par l’Egypte et la France. Le Caire quittera cette fonction dans deux ans, et la France passera le relais à l’Espagne, pays méditerranéen du prochain trio présidentiel de l’Union européenne, en décembre 2009. «Mais de nouvelles règles seront instaurées en la matière lors du règlement de la question institutionnelle», précise l’Elysée. Des questions sur lesquelles la Commission européenne et la France sont toujours en désaccord. (EURACTIV.fr 21/05/08)  

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