Accord de principe entre Merkel et Schulz pour une future grande coalition

Angela Merkel et Martin Schulz [@EPA-EFE/CHRISTIAN BRUNA]

La chancelière allemande, Angela Merkel, et le leader social-démocrate, Martin Schulz, ont confirmé vendredi qu’ils étaient parvenus à un accord pour une future grande coalition, après cinq jours de pourparlers et un dernier cycle de négociations de plus de 24 heures. Un article d’Euroefe.

Les trois formations ouvriront les négociations, après avoir conclu un accord « solide et sérieux », capable de garantir la « gouvernance du pays » durant la totalité du mandat, a déclaré la cheffe de file du bloc conservateur, en présence de Martin Schulz et du responsable de l’Union chrétienne-sociale de Bavière (CSU), Horst Seehofer.

Donner et recevoir

L’accord préliminaire obtenu est, selon la chancelière, un texte « non superficiel, basé sur le principe de donner et recevoir » et qui reflète l’engagement des parties à créer les conditions pour que « dans dix ou quinze ans, les gens continuent à bien vivre en Allemagne ».

À cet égard, Angela Merkel a évoqué des investissements dans des domaines tels que la numérisation, l’éducation et la sécurité.

Elle a également rappelé que « l’Allemagne a une part de responsabilité dans le monde » et a souligné la nécessité de donner « un nouvel élan à l’Europe », ce qui sera réalisé aux côtés de la France.

Angela Merkel et Martin Schulz ont tous deux reconnu que les négociations avaient traversé des zones de turbulence, mais qu’elles n’avaient jamais approché de l’échec puisque les partis partagent un objectif commun et la volonté de parvenir à un accord.

Martin Schulz a insisté sur le fait qu’un « esprit fair-play » avait dominé les négociations qu’il a qualifiées de « longues, difficiles, passionnantes, intéressantes, turbulentes et fondées sur le respect mutuel ».

Accord de coopération avec la France

« L’Allemagne ne se porte bien que si l’Europe se porte bien », a déclaré Angela Merkel.

« Le renouvellement de l’UE n’aura lieu que si l’Allemagne et la France travaillent ensemble et avec toute l’énergie nécessaire », affirme le document consensuel, qui fixe comme objectifs le renforcement et la réforme de la zone euro afin qu’elle puisse mieux faire face aux crises futures.

Concrètement, il est proposé de transformer le mécanisme européen de stabilité (MES) en un Fonds monétaire européen contrôlé par le Parlement.

Pour Martin Schulz, un aspect fondamental est que l’accent nécessaire a été mis sur le terme « élan pour l’Europe », ce qui reflète « le sens des responsabilités de l’Allemagne » et le soutien à la ligne tracée par le président français, Emmanuel Macron.

Horst Seehofer, dont le parti insistait pour donner une tournure nationaliste à la politique migratoire s’est montré satisfait des négociations et a également souligné « l’équilibre atteint » sur les aspects sociaux, notamment sur la question des retraites.

L’accord préliminaire prévoit des aspects tels que la limitation de l’arrivée des réfugiés à 200 000 par an et la limitation du droit au regroupement familial à 1 000 personnes par mois, deux aspects qui portent le sceau de la CSU.

Merkel et la CDU tentent une nouvelle coalition avec le SPD

Les dirigeants de l’Union chrétienne-démocrate (CDU, conservateurs) d’Angela Merkel ont accepté de rechercher la formation d’une «grande coalition» avec le Parti social-démocrate (SPD) après l’échec des discussions à trois avec les Verts et les libéraux.

Le texte souligne que le principe directeur de l’UE doit être la solidarité entre les États membres. Ce qui peut également s’appliquer pour le budget européen : « Nous sommes prêts à augmenter la contribution de l’Allemagne au budget », affirment les trois partis.

L’idée selon laquelle des fonds communautaires spécifiques devraient être consacrés à la stabilisation économique et à la convergence sociale est également soutenue.

Le texte rappelle toutefois le maintien du principe selon lequel les risques et les responsabilités ne doivent pas être séparés, ce qui a toujours été l’argument de la CDU/CSU contre la mutualisation de la dette.

Le document évite également les clarifications sur deux propositions clés du président français, Emmanuel Macron, à savoir la création d’un budget et d’un ministre des finances de la zone euro.

Juncker satisfait

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est dit satisfait du contenu européen de l’accord de principe du gouvernement allemand entre le bloc conservateur d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates.

« En termes de contenu, je suis très satisfait de ce que la CSU, la CDU et le SPD ont convenu dans le cadre de la politique commune pour l’avenir. C’est une contribution significative, positive et tournée vers l’avenir au débat politique européen », a déclaré Jean-Claude Juncker lors d’une conférence de presse à Sofia avec le Premier ministre bulgare Boyko Borissov, qui a rappelé que l’Allemagne était l’un des pays moteurs de l’UE et que la stabilité de l’Allemagne avait un impact sur toute l’UE.

L'Europe au coeur des négociations de la coalition allemande

L’avenir de l’UE sera l’un des points principaux des négociations de coalition à Berlin, assure Manfred Weber. Mais le dirigeant du Parti populaire européen appelle au réalisme face aux rêves d’Etats-Unis d’Europe du SPD.

Il a également souligné que ce pays était « le plus grand contributeur » au budget de l’UE et a exprimé l’espoir qu’il le restera à l’avenir.

Boyko Borissov espère également que Berlin et d’autres capitales européennes comme Amsterdam soutiendront l’entrée de la Bulgarie dans l’espace de libre circulation Schengen. « La Bulgarie est aujourd’hui la frontière européenne la mieux protégée », a-t-il souligné.

L’euro atteint son plus haut niveau

L’euro a atteint son plus haut niveau au cours des trois dernières années après l’annonce d’un accord de principe entre conservateurs et sociaux-démocrates visant à former un gouvernement de coalition en Allemagne. À 10h38, l’euro s’échangeait à 12 129 dollar sur le marché des devises de Francfort.

Plus tôt ce matin, l’euro s’échangeait à 12 045 dollar et la Banque centrale européenne (BCE) a fixé hier son indice de référence à 12 017 dollar.

Dès que l’accord préliminaire pour une future grande coalition au sein du gouvernement allemand a été dévoilé après plus de 24 heures de négociations, le prix de l’euro par rapport à la devise américaine a décollé et a atteint son plus haut niveau depuis la fin de 2014.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.