Pour Lisbonne, bientôt à la tête du Conseil de l’UE, la conclusion d’un accord budgétaire est « essentielle »

À l’aube de sa présidence au Conseil de l’UE, le Portugal a déclaré qu’il était essentiel de trouver une solution sans plus attendre afin de sortir de l’impasse budgétaire dans laquelle se trouve le navire européen. EPA-EFE/JAVIER LIZON / POOL [EPA-EFE/JAVIER LIZON / POOL]

À l’aube de sa présidence au Conseil de l’UE, le Portugal a déclaré qu’il était essentiel de trouver une solution sans plus attendre afin de sortir de l’impasse budgétaire dans laquelle se trouve le navire européen, faute de quoi la confiance des citoyens dans le bloc pourrait être entravée.

En janvier 2021, l’Allemagne passera le flambeau de la présidence du Conseil de l’UE au Portugal.

À l’occasion d’une conférence organisée le 26 novembre par l’Association transeuropéenne d’études politiques (TEPSA) conjointement à l’Institut portugais des relations internationales, Ana Paula Zacarias, secrétaire d’État du Portugal pour les affaires européennes, a noté que l’impasse budgétaire actuelle pourrait commencer à avoir des effets néfastes à long terme sur la confiance que les citoyens européens portent à l’UE en temps de crise.

« Il sera très difficile de convaincre les citoyens européens de l’efficacité des actions lancées par l’UE, car personne ne comprend que nous négocions ce programme financier pluriannuel depuis 2018 », a fait savoir Mme Zacarias lors de son discours.

À la suite de négociations âpres entre les États membres de l’UE plus tôt cette année, un texte provisoire a été approuvé pour le budget septennal de l’UE et le plan de relance pour l’Europe à hauteur de 1 810 milliards d’euros.

En second lieu, le Parlement européen a adopté une position en insistant sur la conditionnalité de l’octroi des fonds européens au respect de l’État de droit ; point sur lequel le Conseil de l’UE a accordé ses violons. Exception faite de la Pologne et de la Hongrie.

Les deux nations déplorent le mécanisme susmentionné, conçu pour que les États membres précédemment accusés de malversations dans ces domaines, notamment la Hongrie et la Pologne, retournent dans le droit chemin.

L’opposition de Budapest et Varsovie a récemment émergé dans une contre-proposition signée par le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et son homologue polonais Mateusz Morawiecki.

« Nous sommes à l’arrêt, car il y a un problème avec deux de nos États membres. Nous devons absolument trouver une solution. Il s’agit d’un enjeu fondamental », a soutenu Mme Zacarias, ajoutant que tous les États membres de l’UE avaient comme priorité phare de conclure un accord budgétaire, un avis appuyé dans une série de recommandations rédigées par la TEPSA.

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Les priorités de la présidence portugaise

Plus largement, Ana Paula Zacarias a également énoncé une série de sujets essentiels que le Portugal abordera au cours du premier trimestre de 2021, dans le cadre de sa présidence tournante au Conseil de l’UE. Dans ce contexte, elle a mis en exergue plusieurs priorités dans trois piliers liés au caractère durable, innovant et social de l’Europe.

Tout d’abord, parmi les objectifs fixés dans le Pacte vert pour l’Europe afin de garantir la neutralité carbone d’ici à 2050 au sein du continent, le Portugal souhaiterait investir dans des initiatives soucieuses de l’environnement, notamment la production d’hydrogène vert et la transition écologique des transports.

Dans le cadre de ses fonctions prochaines, Lisbonne se concentrera également sur la durabilité dans la gestion des océans et des forêts, a renchéri Mme Zacarias.

Ensuite, les ambitions numériques de l’UE à l’horizon 2030 sont également au centre de l’attention, estime la secrétaire d’État, à l’instar des données industrielles du bloc et de la connectivité à travers les régions rurales. De plus, le Portugal envisage de mettre sur pied une « charte des droits numériques » dans le cadre de ses compétences à la tête du Conseil de l’UE.

Enfin, Lisbonne entend donner le « la » sur le plan de l’« Europe sociale », en insufflant un nouvel élan au socle européen des droits sociaux dans l’ère post-Covid-19. Grâce aux actions lancées, ceux touchés par les retombées économiques de la crise sanitaire seraient aptes de se relever afin de saisir les nouvelles opportunités sur le marché de l’emploi.

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Autonomie stratégique ?

Par ailleurs, dans le cadre de la conférence de la semaine dernière, le secrétaire d’État français chargé des Affaires européennes, Clément Beaune a également noté que le bloc avait la possibilité de tracer la voie de son « autonomie stratégique » dans d’autres domaines, notamment la sécurité et la défense, et ce au vu des relations géopolitiques qu’il entretient avec le reste du monde.

« Nous devons également reconnaître et garder à l’esprit que les États-Unis d’Amérique […] attendent de nous que nous soyons capables d’agir comme des Européens ou que nous disposions de cadres d’actions indépendants [de ceux américains] », a-t-il indiqué.

À ses yeux, l’UE devrait adopter une approche unifiée dans le financement de ses forces de défense, fixer « des moyens d’action communs » dans ses opérations de défense et garantir un meilleur travail d’analyse des menaces entre les États membres.

D’après lui, la cybersécurité constitue un domaine dans lequel l’UE a également besoin d’autonomie sans plus attendre.

« Demanderons-nous toujours conseil à l’Oncle Sam en matière de cybersécurité ? Demanderons-nous lui toujours de nous “protéger” ? Je ne pense pas […] Je crois même que les États-Unis d’Amérique nous demanderont en toute légitimité : “Mais pourquoi ne le faites-vous pas vous-mêmes ? Pourquoi ne vous protégez-vous pas vous-mêmes vos procédures électorales ? Vous avez les moyens et l’expérience pour le faire”. Et ils ont raison », a conclu M. Beaune.

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