Angela Merkel à Rome pour une visite d’adieu au pape et à Mario Draghi

« La chancelière a su guider l'Allemagne et l'Union européenne avec calme et détermination », a estimé M. Draghi au cours d'une conférence de presse conjointe avec la chancelière au siège du gouvernement italien. [ROBERTO MONALDO / LAPRESSE / POOL/EPA]

Le Premier ministre italien Mario Draghi a rendu jeudi (7 octobre) un vibrant hommage à la chancelière allemande Angela Merkel, en visite d’adieu à Rome, où elle a aussi été reçue en audience privée par le pape François.

« La chancelière a su guider l’Allemagne et l’Union européenne avec calme et détermination », a estimé M. Draghi au cours d’une conférence de presse conjointe avec la chancelière au siège du gouvernement italien.

« Merkel a été une championne du multilatéralisme (…) Elle a transformé le rôle de l’Allemagne en Europe. Elle nous manquera, mais je suis sûr que nous la reverrons en Italie étant donné son amour pour notre pays », a-t-il ajouté.

Avant la pandémie de Covid, Mme Merkel venait régulièrement en Italie, aussi bien sur l’île d’Ischia que dans le nord montagneux, dans le Haut-Adige.

« Mon amour pour l’Italie ne cessera pas, je viendrai séjourner à Rome, je reviendrai en Italie dans un autre rôle », lui a répondu la chancelière. « Il s’agit peut-être de notre dernière rencontre bilatérale, je suis contente d’être ici. En quelques mois une collaboration très étroite s’est nouée » entre nous, a-t-elle souligné.

« Quand il était à la banque centrale, nous avons collaboré et M. Draghi a été un protecteur de l’euro », a rappelé Mme Merkel, qui a échangé plusieurs années avec M. Draghi quand il était à la tête de la Banque centrale européenne (BCE).

Les deux chefs de gouvernement devaient ensuite déjeuner ensemble dans un restaurant du centre de Rome.

Plus tôt dans la journée, Mme Merkel a été reçue en audience privée par le pape François. « Nous avons eu des discussions importantes sur les agressions commises contre des enfants : je voulais souligner par ma visite que nous pensons que la vérité doit éclater au grand jour, et que le sujet doit être traité », a-t-elle déclaré à la presse après son entrevue.

Elle a achevé son séjour romain en participant une rencontre inter-religieuse sur la paix organisée au Colisée par la communauté catholique de Sant’Egidio.

« Nous ne devons jamais nous résigner et devenir des spectateurs passifs quand des êtres humains souffrent en raison de conflits », a-t-elle déclaré.

Le grand imam de l’Université égyptienne d’Al-Azhar, cheikh Ahmed al-Tayeb, a dénoncé pour sa part l’injustice dans la distribution des vaccins contre le Covid.

« Les dernières statistiques montrent que le pourcentage de personnes vaccinées en Afrique est entre 2% et 3% tandis que d’autres continents ont la moitié ou carrément les trois quart de la population qui ont obtenu le droit à la vie grâce à la disponibilité de vaccins », a-t-il dit.

« Moins d’armes et plus de nourriture, moins d’hypocrisie et plus de transparence, plus de vaccins distribués équitablement et moins de fusils vendus imprudemment », a renchérit le pape François à la même occasion.

Cette rencontre s’est achevé par un « Appel de paix » dans lequel les participants ont demandé de « reprendre le processus de désarmement (…) d’arrêter le commerce et l’utilisation des armes (…) de faire avancer le désarmement nucléaire ».

« Il faut faire la paix. La paix c’est aussi le respect de la planète, de la nature et des créatures », ont conclu les participants.

Après 16 ans de pouvoir, Mme Merkel s’apprête à laisser la place. Sociaux-démocrates, Verts et libéraux allemands devaient entamer ce jeudi des tractations pour tenter de former une coalition inédite, et sans les conservateurs d’Angela Merkel.

Ces discussions préliminaires ne signifient pas encore pour autant que la coalition sera formée et qu’Olaf Scholz, chef du file du SPD et vice-chancelier sortant, succèdera à la chancellerie à Angela Merkel.

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