Armin Laschet : L’héritier présomptif d’Angela Merkel ?

Connu pour son pragmatisme et son sens de la mesure, Armin Laschet est considéré par certains comme un successeur naturel d'Angela Merkel.

Angela Merkel gouverne l’Allemagne depuis 16 ans et s’est révélée être une alliée fiable tant en Europe que dans le monde. Son collègue de parti qui espère lui succéder suivra-t-il ses traces ou s’écartera-t-il de sa voie pour se forger son propre héritage ?

Lors de ses débuts au Parlement allemand en 1994, Armin Laschet, alors candidat pour le parti conservateur CDU sous le slogan « écouter, décider, agir » sur une plate-forme de politique familiale, jetait les bases du personnage mesuré et progressiste qu’il continue de cultiver.

Contrairement à Mme Merkel, M. Laschet est ouest-allemand. Il est originaire d’Aix-la-Chapelle, à la frontière de la Belgique et des Pays-Bas, qu’il invoque pour expliquer sa politique pro-européenne.

La dernière fois qu’il a fait l’éloge du Traité d’Aix-la-Chapelle de 2019, c’était dans une tribune publiée dans le Handelsblatt le 8 septembre dernier. Pour rappel, ce traité vise à ce que les ministres franco-allemands se coordonnent « ensemble pour l’Europe » avant les réunions au  niveau européen.

« Nous avons besoin d’une coopération multilatérale », a déclaré M. Laschet lorsqu’on l’a interrogé sur la politique d’aide étrangère allemande lors de l’événement télévisé d’interaction avec les électeurs « Wahlarena », le 15 septembre.

Il a ajouté que l’Europe devait canaliser ses prouesses afin d’aider l’Afrique, qui revêt une importance particulière en raison de sa proximité avec le bloc.

« Je ne pense pas qu’il soit utile de s’isoler », a déclaré M. Laschet en réponse à une question sur la manière de faire évoluer la situation concernant les violations des droits de l’homme par les partenaires commerciaux de l’Allemagne.

Il a ajouté que la réalisation d’objectifs politiques tels que la protection du climat ne serait possible qu’en coopérant avec tous les États, et même ceux qui ne partagent pas les valeurs de l’Allemagne.

Le problème de la campagne sur le changement climatique

Connu pour son pragmatisme et son sens de la mesure, M. Laschet peut être considéré comme le successeur naturel de Mme Merkel.

Pourtant, bien qu’ils partagent un engagement envers l’Europe et le multilatéralisme, Mme Merkel a toujours été considérée comme une fervente adversaire du changement climatique, contrairement à M. Laschet.

M. Laschet a remporté le plus grand État d’Allemagne, la Rhénanie-du-Nord–Westphalie, pour les conservateurs en 2017, et son bilan mitigé sur les questions de changement climatique depuis qu’il occupe le poste de ministre-président pose désormais des problèmes à l’approche des élections.

Pour M. Laschet, qui se décrit souvent comme le fils d’un mineur de charbon et dont la promesse de campagne est de maintenir l’industrie en Allemagne, il est difficile de rester crédible auprès des jeunes électeurs sur la question de la protection du climat.

Lors d’une interview en juillet 2021, Armin Laschet avait déclaré à tort que la sortie du charbon du pays en 2038 était recommandée par des experts et des groupes environnementaux. Leur recommandation était, en réalité, d’éliminer progressivement le charbon d’ici à 2030.

M. Laschet a soit menti, soit été mal informé, a déclaré Martin Kaiser, directeur de Greenpeace Allemagne, en réponse à ce faux-pas, ajoutant que l’un ou l’autre était « indigne » d’un un candidat à la chancellerie.

La relation franco-allemande

Contrairement à Mme Merkel et à son rival social-démocrate Olaf Scholz, M. Laschet parle couramment le français.

Néanmoins, l’accent qu’ils mettent sur les bonnes relations avec la France est sans doute le plus grand point commun entre MM. Laschet et Scholz. Si Armin Laschet est l’actuel représentant culturel franco-allemand, Scholz a occupé ce poste de 2015 à 2018.

Les deux têtes de liste dans la course au remplacement de Mme Merkel ont souligné à plusieurs reprises leurs bonnes relations avec la France et le président Emmanuel Macron.

« Comme Helmut Kohl, Armin Laschet est un conservateur qui considère la coopération franco-allemande comme essentielle », a déclaré au Point Paul Maurice, expert au think-tank français des relations internationales IFRI.

« La coopération franco-allemande est et reste cruciale pour le succès de l’Europe », a déclaré Angela Merkel en 2017. C’est une attitude que ses successeurs potentiels semblent avoir prise à cœur.

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