Bélarus: Tikhanovskaïa appelle l’UE à rejeter les résultats de la présidentielle

"Les élections du 9 août n'ont été ni équitables ni transparentes. Les résultats ont été falsifiés. Les gens, qui sont allés défendre leur vote dans les rues de leurs villes partout au Bélarus, ont été brutalement battus, emprisonnés et torturés par le régime qui s'accroche désespérément au pouvoir" [EPA-EFE/TATYANA ZENKOVICH]

La cheffe de file de l’opposition bélarusse, Svetlana Tikhanovskaïa, a appelé mercredi 19 aout les Européens à rejeter les résultats de l’élection présidentielle « frauduleuse » qui a permis à Alexandre Loukachenko de décrocher un sixième mandat.

« Je vous demande de ne pas reconnaître ces élections frauduleuses. M. Loukachenko a perdu toute légitimité aux yeux de notre nation et du monde », a déclaré Mme Tikhanovskaïa en anglais dans une vidéo adressée au Conseil de l’Europe et diffusée sur YouTube.

« Les élections du 9 août n’ont été ni équitables ni transparentes. Les résultats ont été falsifiés. Les gens, qui sont allés défendre leur vote dans les rues de leurs villes partout au Bélarus, ont été brutalement battus, emprisonnés et torturés par le régime qui s’accroche désespérément au pouvoir », a poursuivi l’opposante.

« Cela se passe actuellement, au milieu de l’Europe », a-t-elle lancé.

Le Bélarus doit faire l’objet ce mercredi d’un sommet extraordinaire de l’UE, avec à la clé une extension à d’autres responsables bélarusses des sanctions déjà prises la semaine dernière après la répression des manifestations.

Réfugiée depuis le 11 août en Lituanie, Mme Tikhanovskaïa, dont le mari avait lui-même été arrêté après avoir fait acte de candidature à la présidentielle, a également évoqué dans sa vidéo la formation par l’opposition d’un « Conseil de transition » destiné à « faciliter la transition pacifique du pouvoir par le dialogue ».

« Il appellera immédiatement à de nouvelles élections présidentielles équitables et démocratiques sous supervision internationale », a-t-elle fait valoir.

Le président Alexandre Loukachenko a accusé mardi l’opposition, via ce « Conseil de coordination », de chercher à « s’emparer du pouvoir ». Il a menacé de « refroidir certaines têtes brûlées ».

« Favoriser l’apaisement et le dialogue »

Le président du Conseil européen Charles Michel s’est entretenu mardi au téléphone avec le président russe Vladimir Poutine sur la situation au Bélarus, à la veille d’un sommet européen sur le même sujet, a-t-il annoncé sur Twitter.

Emmanuel Macron a appelé mardi son homologue russe à « favoriser l’apaisement et le dialogue » pour résoudre la crise au Bélarus, au cours d’un entretien téléphonique à la veille du sommet extraordinaire de l’UE, a indiqué l’Elysée.

Le chef de l’Etat français a souligné durant la discussion le « rôle constructif » que veut jouer l’UE « pour que les violences à l’égard de la population cessent immédiatement et qu’une solution politique puisse se dégager au plus vite, dans le respect des aspirations exprimées pacifiquement et massivement depuis plusieurs jours », a précisé la présidence.

« Il a indiqué que la France travaillait en ce sens, en coordination avec la chancelière d’Allemagne, le président du Conseil européen et l’ensemble de ses partenaires en amont du Conseil européen de mercredi consacré à la Biélorussie », a-t-elle ajouté.

La chancelière allemande Angela Merkel s’est également entretenu avec Vladimir Poutine. Berlin a exhorté Minsk à « renoncer à la violence » et à dialoguer avec l’opposition. Le Kremlin a mis en garde contre « toute tentative d’ingérence étrangère », disant espérer une « normalisation rapide de la situation ».

Depuis l’élection contestée du 9 août, la pression ne cesse de monter sur M. Loukachenko, au pouvoir depuis 1994. Il fait face à des manifestations quotidiennes et à un mouvement de grève touchant plusieurs industries vitales pour l’économie de son pays.

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