Biélorussie : l’Union européenne rejette les résultats des élections

Il ne fait "aucun doute" pour l'Union européenne qu'il y a eu fraude électorale lors des élections présidentielles du dimanche 9 aout en Bélarus. [EPA-EFE/TATYANA ZENKOVICH]

Il ne fait « aucun doute » pour l’UE qu’il y a eu fraude électorale lors des élections présidentielles du dimanche 9 août au Bélarus, a déclaré Angela Merkel à la suite de sommet européen extraordinaire de ce 19 août.

« Les élections n’ont été ni justes ni libres. Et donc leurs résultats ne peuvent être reconnus », a déclaré la cheffe de l’exécutif allemand lors d’une conférence de presse tenue après le sommet.

Elle a toutefois ajouté qu’il ne devrait pas y avoir d’ingérence extérieure dans la résolution de la crise au Bélarus. Au mieux, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pourrait jouer un rôle dans un dialogue intra-biélorusse. L’UE encourage l’établissement d’un dialogue national. Une intervention de la Russie compliquerait la situation, a ajouté Mme Merkel.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a tenu des propos similaires par vidéoconférence après les discussions du sommet. Bruxelles se range « du côté du peuple biélorusse », a-t-il déclaré, annonçant que le bloc allait « bientôt » imposer des sanctions à un nombre « important » de fonctionnaires pour fraude électorale et violence.

Lors de ce sommet extraordinaire, le président du Parlement européen, David Sassoli, a aussi mis en garde contre une intervention étrangère. Il y a « toutes les raisons de craindre une escalade de la répression et des interventions militaires », a-t-il indiqué à l’ouverture du sommet.

« Une intervention extérieure dans la crise serait inacceptable ». Une solution au conflit sur les résultats des élections présidentielles ne peut être trouvée que par « un processus démocratique normal ».

Selon les chiffres officiels, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a remporté les élections présidentielles avec 80 % des voix. Cependant, l’opposition et les gouvernements occidentaux accusent les dirigeants de Minsk de fraude électorale et critiquent la violence contre les manifestants pacifiques.

Samedi, M. Loukachenko avait déclaré que le président russe Vladimir Poutine lui avait promis une « aide globale » si la sécurité du Bélarus était menacée par la crise. Il avait fait référence à une alliance de défense avec Moscou.

M. Sassoli a souligné que l’UE ne se laisserait pas diviser sur cette question. « Nous, Européens, sommes unis dans notre inquiétude, alarmés, et je voudrais que ce Conseil confirme que notre réponse est la bonne ». Il a appelé à la renonciation à la violence, à la libération des prisonniers, à un dialogue entre tous les acteurs et à de nouvelles élections prochainement.

Le Parlement européen a également soutenu les sanctions prévues contre les responsables de la violence et de la fraude électorale.

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