Biélorussie : plus de 100 000 manifestants et 400 arrestations dans la capitale Minsk

Malgré le déploiement massif des forces de sécurité, les arrestations ou l’exil de la plupart des figures de l’opposition, chaque dimanche depuis la présidentielle du 9 août, plus de 100 000 Biélorusses ont défilé dans les seules rues de Minsk. [EPA-EFE/STRINGER]

Comme chaque dimanche depuis août, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Minsk ce dimanche 13 aout pour protester contre la réélection contestée du président Alexandre Loukachenko.

Dimanche soir, le ministère de l’intérieur biélorusse a annoncé avoir arrêté 400 personnes dans différents quartiers de Minsk pour avoir « utilisé des drapeaux et autres symboles » de l’opposition et « des pancartes avec des messages offensants ». L’ONG de défense des droits humains Viasna a aussi rapporté l’arrestation de plus de 200 personnes dans d’autres villes du pays.

Durant la journée, plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient visibles dans le centre de la capitale biélorusse, formant un défilé de plusieurs kilomètres de long placé intitulé « Marche des héros » en référence aux victimes de la répression.

Une nouvelle fois, les manifestants ont eu à faire face à un déploiement massif des forces de sécurité, équipées de blindés et de canons à eau, notamment devant la présidence, l’un des lieux du rassemblement.

Le week-end dernier, plus de 600 personnes avaient été arrêtées en marge d’un tel rassemblement à Minsk et dans d’autres villes. Plusieurs dizaines de femmes, participant à une marche féminine, ont aussi été brutalement arrêtées samedi.

« Un  peuple véritablement héroïque »

Svetlana Tikhanovskaïa, candidate à la présidentielle qui revendique la victoire face à Alexandre Loukachenko et qui est désormais exilée en Lituanie, a salué dans une vidéo « un peuple véritablement héroïque » qui continue son « combat pour la liberté ». La semaine passée a été marquée par l’arrestation rocambolesque d’une de ses proches, Maria Kolesnikova. Elle a été enlevée par des hommes masqués au lendemain de la manifestation du 6 septembre, après quoi elle a résisté aux agents qui tentaient de l’exiler de force en Ukraine. Elle est désormais détenue, accusée d’« atteinte à la sécurité nationale ».

Une seule membre de la direction du « conseil de coordination » créé par l’opposition pour négocier une transition au pouvoir est encore au Bélarus et en liberté. Il s’agit de la prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch, qui a fait l’objet d’intimidations. Malgré l’ampleur de la contestation, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a exclu tout compromis significatif, n’évoquant qu’une vague réforme à venir de la Constitution. Il accuse les Occidentaux de soutenir la protestation, se tournant vers Moscou après des mois de tensions bilatérales, pour garder son emprise sur le Bélarus.

Des milliers de personnes ont été arrêtées depuis le début du mouvement et les accusations de torture de prisonniers se sont multipliées. L’Union européenne et les Etats-Unis ont prévu de sanctionner les cadres de son régime. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lui appelé vendredi à « un dialogue large et inclusif » au Bélarus, ce à quoi le président se refuse. La Russie a elle graduellement accru son appui à M. Loukachenko, Vladimir Poutine allant finalement jusqu’à promettre une intervention sur place si les manifestations devaient dégénérer en violences.

 

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER