Budget : la guerre de tranchées s’installe entre le Parlement et les Etats

Pour tenter de débloquer la situation, une réunion extraordinaire entre les présidents des trois institutions est organisée début mai.

Depuis le rejet « en l’état » par le Parlement européen du compromis des Etats sur les perspectives financières de l’Union européenne pour 2014-2020, les négociations sont au point mort. Entre les institutions, un dialogue de sourds s’est instauré.

Date encore à confirmer

« Le conseil refuse de prendre un quelconque engagement pour solder les impayés de l’année 2012 et nous avons été contraints pour cette raison de reporter une rencontre » prévue jeudi 25 avril, a expliqué le député Alain Lamassoure (Parti populaire européen, UMP), président de la Commission des Budgets et négociateur du Parlement européen à l’AFP.

Pour tenter de débloquer la situation, une réunion doit être organisée début mai entre les trois présidents de l’UE, c’est-à-dire Martin Schulz (Parlement), José Manuel Barroso (Commission) et Herman Van Rompuy (Conseil européen).

Selon M. Lamassoure, la date du 6 mai est évoquée, mais rien n’est encore confirmé.

Séparer les deux négociations

Les parlementaires avaient pourtant prévenu qu’ils ne se laisseraient pas faire. Ils réclament le solde des créances budgétaires de 2012 et 2013. En mars, la Commission européenne a officiellement demandé une rallonge de 11,2 milliards d’euros pour boucler l’année.

Mais les Etats ont répondu par la négative. En ces temps de rigueur budgétaire, les capitales refusent d’honorer leurs engagements précédents. Pour la France, cela représenterait 1,8 milliard d’euros, près de 2 pour l’Allemagne et 1,3 pour le Royaume-Uni. 

Le 22 avril, la présidence tournante de l’UE, assurée par l’Irlande, a appelé les députés à séparer les deux négociations. 

Budget : les Etats demandent au Parlement de courber l’échine

« Chacune des trois institutions va devoir faire des concessions », a déclaré Alain Lamassoure. « Le Conseil doit accepter qu’il va falloir ajouter 11,2 milliards d’euros pour 2013, le Parlement européen va devoir concéder qu’il n’y aura pas plus d’argent, alors que tout le monde sait que les besoins seront supérieurs, et la Commission va devoir accepter de geler les crédits alloués en 2013 pour pouvoir tenir jusqu’à la fin de l’année. »

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