Commentaires sur la procédure de désignation du futur président de l’UE

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Le traité à peine ratifié en France, les commentaires sur sa mise en œuvre fusent. Au cœur des débats, la nomination du futur président du Conseil de l’UE qui devrait diriger l’Union pour deux ans et demi. Quel profil ? Quel processus de désignation ? La présidence française de l’UE au deuxième semestre 2008 devrait s’attaquer à ce dossier.

En bref  :

« L’Europe doit réinventer son Georges Washington »; la comparaison entre le futur président de l’UE et le premier président américain est de l’ancien président français, père du défunt projet de Constitution européenne, Valéry Giscard d’Estaing. Selon lui, la désignation de la personne qui occupera ces nouvelles fonctions devra être médiatisée, « plusieurs candidats devraient se déclarer publiquement à l’avance et non pas être désignés par les chefs d’État et de gouvernement ».

« Il faudrait une procédure minime dans laquelle on demande aux personnes intéressées de se déclarer candidat », renchérit le député européen Alain Lamassoure (PPE-DE), qui s’exprimait lors de la présentation du rapport sur l’État de l’Union, publié par la Fondation Robert Schuman, mardi 12 février. « Une audition publique médiatisée pourrait par la suite être organisée », ajoute-t-il. « Il s’agit de donner plus de solennité au processus ».

Cette démarche de désignation publique serait opposée aux habitudes de nomination au niveau européen. Seule personnalité européenne désignée par les États membres et adoubée par le Parlement européen, la nomination du président de la Commission européenne fait, depuis toujours, l’objet de tractations politiques peu transparentes entre les États membres. « Il faudrait éviter que la désignation du futur président de l’UE, qui représentera 500 millions d’Européens, ne se décide après quelques coups de fil entre chefs d’État », estime Alain Lamassoure.

« La fonction est nouvelle, le candidat aura tout à inventer, il sera dès lors possible de comparer la philosophie des candidats. Cela mènerait de plus les chefs d’État et de gouvernement à se poser les mêmes questions ».

Les noms de l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, celui du premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, du belge, Guy Verhofstadt ou encore de l’actuel chef du gouvernement irlandais, Bertie Ahern, circulent déjà.

Mais quel serait le profil du bon candidat? Selon le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, cité récemment par l’agence Reuters, « il faut trois qualités pour être un bon président du conseil européen ».
Il devra tout d’abord, selon la vision française du président fort, « avoir un sens du leadership et un charisme assez forts pour être respecté par ses autres collègues ». Cette personne devra également être « authentiquement européenne, comprendre la sensibilité de l’Europe, son histoire, connaître les mécanismes et les relations institutionnelles entre le Conseil, le Parlement européen, qui aura des pouvoirs accrus, et la Commission ». Le futur président de l’UE devra enfin être « au cœur des solidarités qui existent en Europe », à savoir « la zone euro et la zone Schengen », a conclu Jean-Pierre Jouyet. Exit donc Tony Blair, la Grande-Bretagne n’étant membre d’aucun de ces deux espaces européens.

Si le traité est ratifié par tous les États membres, le président de l’UE devrait, d’après le texte, entrer en fonction début 2009. Le Haut représentant de l’UE et le président de la Commission suivront. La marge de manœuvre pour mettre en place les procédures solennelles de désignation évoquées pour le futur président ne sera donc que très faible.

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