Nouvelles mesures pour barricader les frontières extérieures

Jean-Claude Juncker et Sebastian Kurz [Florian Wieser/ EPA]

La Commission prépare des actions concrètes pour le contrôle des frontières extérieures de l’UE, en réponse aux demandes du dernier Conseil européen. Elles seront annoncées en septembre.

L’exécutif européen aura un été bien rempli. Du moins du côté des affaires intérieures. La Commission a promis pour sepembre une proposition qui doit permettre de renforcer le nombre de garde-côtes européens. Ils devraient atteindre 10 000 personnes d’ici à 2020,  contre 2027 dans le projet original. La Commission proposera d’étendre également le mandat de Frontex pour créer une véritable police des frontières.

« Nous ne pouvons pas nous contenter de quelques navires Frontex et de garde-côtes en sous-effectif des États membres qui sont en première ligne », a commenté une source européenne.

Cette police européenne des frontières travaillera dans les eaux territoriales de l’UE en Méditerranée. Reste encore à savoir ce qu’il adviendra des personnes qui parviennent à traverser la frontière maritime.

« L’Europe ne refoulera jamais personne, c’est illégal », a souligné la source de l’UE. Néanmoins, comme l’énoncent les conclusions du sommet de juin, la Commission œuvrera à la mise en place de plateformes de débarquement dans les pays tiers, ce qui revient au même.

Les bases de la proposition ont déjà été déposées par la Commission dans le cadre du nouveau budget de l’UE à long terme, mais seront clarifiées dans les prochains mois. « Les budgets sont des projets futurs exprimés en termes monétaires », a affirmé Jean-Claude Juncker.

Le psychodrame européen sur la migration se termine par un accord

Après de longues tractations nocturnes, perturbées par la détermination du président du Conseil italien, les dirigeants européens ont fini par conclure un accord sur l’immigration vendredi à Bruxelles.

Après des années de discussion sur la politique migratoire, le chancelier autrichien Sebastian Kurz, a déclaré le 6 juillet qu’il était « important que nous ayons un objectif commun ». Ce dernier consiste à améliorer la protection des frontières extérieures de l’UE pour réduire l’immigration illégale.

« Il y a une convergence d’opinions de toutes les écoles de pensées, de toutes les sensibilités autour de la politique migratoire de l’UE pour dire que les frontières extérieures de l’UE doivent être protégées et surveillées », a souligné une source de l’UE.

« Une Europe sans frontières internes ne sera possible que si les frontières extérieures sont fonctionnelles », a déclaré Sebastian Kurz en conférence de presse à Vienne.

Sebastian Kurz promet de protéger Schengen

Le Premier ministre autrichien a fait de la protection des frontières extérieures une priorité de sa présidence de l’UE. Mais la crise politique en Allemagne pourrait mener à une résurrection des frontières intérieures du bloc.

L’accent mis sur les frontières extérieures, alors que le système de Dublin est depuis plusieurs années en attente de révision, a fait l’objet de nombreuses critiques.

Jean-Claude Juncker refuse toutefois d’adhérer au concept d’Europe forteresse. « La solidarité et la protection des frontières extérieures sont deux concepts qui vont de pair. »

Même si Sebastian Kurz s’est engagé à travailler à la réforme du système de Dublin, il sait que ce ne sera pas facile. « Je ne peux pas faire de promesses que je ne saurais tenir », a prévenu le chancelier.

« Si vous ne parvenez pas à trouver de compromis, peut-être devriez-vous vous mettre d’accord sur la proposition de la Commission », a suggéré le président de l’exécutif européen.

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En phase

Jean-Claude Juncker est d’accord avec Sebastian Kurz sur de nombreux points et a apporté son soutien au chancelier après la séance de travail entre le gouvernement autrichien et le Collège des commissaires à Vienne.

« Nous allons clairement dans la même direction », a déclaré le président.

« Je crois que la devise de la présidence, l’Europe qui protège, est véritablement en ligne avec la devise de ma présentation au Parlement européen en 2014 », a-t-il dit, ajoutant que « ce n’est pas seulement un ensemble de mots, c’est quelque chose que nous devons exprimer dans les faits ».

Jean-Claude Juncker a déclaré que les deux cabinets se réuniront souvent au cours des prochains mois pour travailler ensemble à la réalisation des objectifs de la présidence.

« Il est important pour nous, en tant que gouvernement autrichien, d’avoir une bonne interaction avec le Parlement européen, le Conseil et la Commission européenne », a confirmé le chancelier Kurz.

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