Conclusion d’un accord sur le budget de l’UE probablement au printemps

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Cet article fait partie de l'édition spéciale Budget UE 2014-2020.

Les dirigeants européens se rapprochent d’un accord sur le budget à long terme de l’UE et devraient conclure un accord au printemps, a déclaré Dalia Grybauskait?, la présidente de la Lituanie, dans un entretien exclusif avec EURACTIV.

 

À la suite du sommet de l'UE à Bruxelles de la semaine dernière, Dalia Grybauskait? a indiqué que la situation avait changé depuis la réunion des dirigeants en novembre sur le budget de mille milliards d'euros pour la période 2014-2020, le cadre financier pluriannuel (CFP).

 

« Le dernier échec était très prévisible, nous avions très peu de chances de trouver un accord en novembre », a déclaré l'ancienne commissaire européenne en charge du budget. « La situation a maintenant changé. Nous avons convenu d'une feuille de route pour l'union bancaire. Nous avons établi un certain nombre d'objectifs qui ne seront réalisés que d'ici juin 2015. »

 

La controverse principale en novembre semblait opposer le Royaume-Uni et la France. Le premier ministre David Cameron plaidait en faveur de coupes budgétaires plus élevées, alors que François Hollande luttait pour maintenir les paiements alloués aux agriculteurs au niveau proposé par la Commission.

 

La proposition actuellement sur la table a été rédigée par Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen. Elle fait état d'une augmentation du budget consacré à l'agriculture, qui passerait de 364,5 à 372,2 milliards d'euros. Les fonds de cohésion sont également revus à la hausse aux dépens de catégories du budget censées relancer l'économie, comme la compétitivité pour la croissance et l'emploi ainsi que le mécanisme pour l'interconnexion en Europe.

 

Rien ne change ?

 

Tous les États membres comprennent l'importance des investissements réalisés pour stimuler la compétitivité, mais à la table des négociations, les dirigeants désirent atteindre un équilibre entre ce qu'ils paient et ce qu'ils reçoivent, a expliqué Mme Grybauskait?.

 

« La pression des intérêts nationaux écrase les réflexions stratégiques sur les intérêts communs et fait de l'ombre aux intérêts européens », a-t-elle ajouté, en soulignant que les dépenses européennes sont conçues pour apporter une valeur ajoutée.

 

La présidente lituanienne veut tenter de persuader les dirigeants européens lors de la réunion de février qu'ils ne devraient pas traiter le budget de l'UE de la même manière que leur budget national.

 

« Les dépenses européennes sont censées apporter une valeur ajoutée à l'ensemble de l'Union européenne et à toutes les régions. Vous ne pouvez pas investir seulement dans les régions et États pauvres ou dans des petites politiques inefficaces afin de stimuler la consommation. Les budgets nationaux peuvent le faire », a-t-elle affirmé en faisant allusion à la politique agricole commune.

 

« Si vous investissez seulement dans la consommation, un euro dépensé restera un euro. Mais, si vous investissez un euro dans les TIC, les réseaux transeuropéens, etc., cet euro sera multiplié par 8 ou 10 » a-t-elle précisé.

 

Mme Grybauskait? est convaincue qu'un accord sera conclu au printemps, alors que les dirigeants de l'UE luttent contre la pire crise économique et politique de l'Union européenne. Quand EURACTIV lui a demandé si la prochaine réunion sur le budget en février servirait de tremplin vers un accord lors du sommet en mars, elle a répondu qu'elle ne préférait pas juger à l'avance. « Les États membres de l'UE sont mentalement prêts à atteindre un accord au printemps. »

 

Si aucun accord n'est conclu au début de l'année prochaine, la présidence de la Lituanie, qui débute le 1er juillet 2013, aura alors des difficultés à faire accepter des règlements qui doivent être adoptés avant le début de la prochaine période financière en 2014 et la mise en oeuvre de projets devraient être reportée d'un ou deux ans.

 

« Si aucun compromis n'est trouvé, ce sera aux dépens de nouveaux projets qui permettraient de redresser l'économie de l'UE », a-t-elle déclaré en ajoutant que seuls les anciens programmes bénéficieraient de financements.

 

« Les pays qui menacent d'opposer leur veto vont à l'encontre de leur propre intérêt, car les nouveaux fonds n'alimenteront pas leur propre économie », a-t-elle affirmé.

 

Dalia Grybauskait?, la présidente de la Lituanie s'est confiée à Daniela Vincenti, la rédactrice en chef d'EURACTIV en marge du sommet de l'UE de la semaine dernière. Pour lire cet entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.

  • Fév. 2003 : sommet de l'UE sur le budget à long terme pour la période 2014-2020

  • Mars 2013 : sommet du Conseil européen

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