Conférence sur l’avenir de l’Europe : à Lille, 42 citoyens formulent leurs « propositions de changements »

En France, l’État organise des « mini-conventions » dans ses 18 régions, réunissant chaque fois entre 30 et 50 citoyens, avant une « restitution nationale » en octobre. [DenisProduction.com/Shutterstock]

« Crédibilité internationale », « solidarité », « écologie » : 42 citoyens des Hauts-de-France ont formulé ce week-end (11-12 septembre) à Lille leurs propositions pour « l’avenir de l’Europe », dans une déclinaison d’une consultation nationale et européenne, se disant « ravis de l’exercice démocratique » mais impatients d’en voir les « résultats concrets ».

Lancée au printemps dans toute l’Europe, cette vaste consultation doit permettre de faire émerger des orientations et propositions de réformes. Elle est menée via plusieurs canaux : une plateforme multilingue en ligne, des « consultations » organisées par les États membres ou encore par des ONG et citoyens.

En France, l’État en organise dans ses 18 régions, réunissant chaque fois entre 30 et 50 citoyens, avant une « restitution nationale » en octobre.

« Vos propositions (…) Je m’engage à ce que nous les utilisions au maximum », a promis dans un message vidéo le secrétaire d’État aux Affaires européennes Clément Beaune. Elles « nourriront l’agenda de la présidence française » de l’UE, qui débute en janvier.

Au rez-de-chaussée de Sciences Po Lille dimanche (12 septembre), c’est l’effervescence : les 36 propositions travaillées depuis vendredi (10 septembre), en petits groupes et séance plénière, sont affichées sur de grandes feuilles. Concentrés, les participants notent les numéros apposés sur leurs favorites, avant un dernier vote dans l’amphithéâtre, par SMS.

« Tirés au sort »

Économie, environnement, migrations : les participants ont abordé de nombreux thèmes, appuyés par des médiateurs et experts.

« Concernant les changements que vous souhaitez mettre en œuvre, le plus cité est le numéro 4 : “renforcer la crédibilité et la souveraineté de l’Europe à l’international” », lance après quelques minutes l’un des organisateurs. Suivent « la réduction des inégalités » incluant la création d’un SMIC européen, et « le développement des formations », notamment pour adultes.

Sur les changements « essentiels » souhaités, une majorité se dégage pour « une couverture universelle de santé », une agriculture « propre, alternative et durable » et « l’harmonisation des conditions d’élevage, d’abattage et la protection de la nature ». Invités à choisir « un mot » pour définir leurs souhaits, beaucoup citent la « solidarité » ou « l’écologie », mais un ou deux le « Frexit ».

Tous ont été recrutés par l’institut Harris Interactive via des numéros de téléphone « tirés au sort » dans une base nationale, sélectionnant des profils pour composer l’échantillon « le plus représentatif possible », y compris concernant les opinions politiques et le sentiment européen, selon le cabinet de Clément Beaune.

« On n’est pas d’accord sur tout, mais c’est ça la démocratie ! », commente Claire, retraitée de 62 ans, ravie de cet « exercice démocratique important, qui a permis de s’exprimer librement, dans le respect ». « Je retiens que les citoyens ont une envie d’écologie très forte », sourit aussi Cyril Allewaert, 38 ans, artisan-créateur de cosmétiques bio.

« Pierre à l’édifice »

« Dès la première demi-journée, il y a eu des idées excellentes ! », se réjouit Noémie Gouspillou, étudiante en master biotechnologies, saluant la « diversité des personnalités et de profils » qui « ont fait émerger une vision globale de la société qu’on aimerait ».

Kévin Dehesdin, maçon de 31 ans originaire de la Somme, salue des « échanges très enrichissants », mais regrette un « manque de ruraux », et une trop « faible diversité d’opinions ». « Peut-être que certaines personnes qui sont contre l’Europe, comme moi, ont refusé de participer quand elles étaient contactées. C’était pourtant l’occasion de porter cette voix ».

« J’espère qu’on apportera notre pierre à l’édifice et que ce qu’on a dit, pensé ensemble, remontera vraiment en haut », plaide Matti El Amri, 39 ans, sans emploi. « La conférence citoyenne pour le Climat, le gouvernement s’est assis dessus », regrette aussi Noémie Gouspillou, espérant que « cette fois, le fait que ça remonte au niveau européen permettra d’être plus écoutés ».

Matthieu Foulongne, ouvrier de 32 ans, aurait aimé avoir « plus de temps, pour aboutir à quelque chose de plus concret ». « J’attends beaucoup de la suite. N’allant plus voter, si cet exercice n’aboutissait pas, ce serait pour moi le dernier avant de couper les ponts avec le monde politique, définitivement ».

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