Conflit ouvert entre le Premier ministre et le commissaire européen slovènes

Le premier ministre slovène Janez Jansa, allié du Premier ministre hongrois Viktor Orban et admirateur du président américain Donald Trump, a accusé cette semaine le commissaire européen chargé de la gestion des crises, Janez Lenarcic, d'avoir « appelé à fixer des conditions aux financements européens destinés à la Slovénie ». [CHRISTIAN HARTMANN / POOL/EPA]

Mensonges, « fausses accusations » : une querelle a éclaté vendredi entre le Premier ministre slovène, le conservateur Janez Jansa, et son compatriote, le commissaire européen Janez Lenarcic, accusé d’avoir « tenté de nuire à son pays » pour le plan de relance.

Le plan de relance slovène -de 1,8 milliard d’euros de subventions- a obtenu l’aval de la Commission européenne le 1er juillet, jour où ce pays issu de l’ex-Yougoslavie a pris la présidence tournante de l’UE. Une inauguration qui avait été marquée par des tensions entre l’exécutif européen et le dirigeant slovène, mis en cause pour des atteintes à la liberté de la presse et à l’indépendance des juges.

Ce dernier, allié du Premier ministre hongrois Viktor Orban et admirateur du président américain Donald Trump, a accusé cette semaine le commissaire européen chargé de la gestion des crises, Janez Lenarcic, d’avoir « appelé à fixer des conditions aux financements européens destinés à la Slovénie ».

« C’est le premier cas connu d’un commissaire essayant directement de nuire à son propre pays », avait tweeté le dirigeant.

Janez Lenarcic, désigné en 2019 par le gouvernement slovène précédent (centre gauche), s’est insurgé vendredi contre ces « fausses accusations ».

« Je n’ai jamais appelé à fixer des conditions, restrictions ou même à suspendre des ressources européennes pour la Slovénie », a-t-il affirmé en arrivant à une réunion des ministres des Affaires européennes à Brdo (Slovénie).

« J’ai averti que certains comportements du gouvernement slovène pouvaient mettre la Slovénie dans une situation défavorable concernant les financements européens », a-t-il expliqué.

« Les plus gros dommages causés à la Slovénie sont le fait de ceux qui sapent l’Etat de droit et l’indépendance des médias, pas de ceux d’entre nous qui mettons en garde contre une telle conduite », a poursuivi l’ancien diplomate, fustigeant les « attaques brutales et les insultes » de la part de « certains hauts responsables gouvernementaux slovènes ».

Le chef du gouvernement a aussitôt accusé à son tour le commissaire européen de « mentir », dans une réaction sur Twitter, dont il est un fervent utilisateur.

Au lendemain du début de la présidence slovène de l’UE, le 2 juillet, le ministre de l’Intérieur, Ales Hojs avait, devant les journalistes, lancé une insulte envers un responsable européen non identifié, qu’il avait traité de « porc ».

La Commission européenne a publié mardi un rapport sur l’Etat de droit dans l’UE, qui épingle en particulier la Pologne et la Hongrie, mais aussi la Slovénie pour la « détérioration de la liberté de la presse et du pluralisme des médias » et s’inquiète du retard de la désignation par ce pays de ses deux procureurs délégués au parquet européen.

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