Sánchez et Conte, deux nouveaux venus très différents au Conseil européen

Pedro Sánchez [European Commission]

L’Espagnol Pedro Sánchez et l’Italien Giuseppe Conte, fraichement nommés sont les petits nouveaux du Conseil européen. Si Sánchez joue la carte de l’Europe, son homologue italien donne des migraines à Bruxelles.

Lorsque l’Italie, puis Malte, ont refusé d’accueillir l’Aquarius, le bateau de sauvetage, dans leurs ports, le gouvernement espagnol a réagi. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé que l’Espagne était prête à accueillir les 630 personnes à bord. Bruxelles a alors poussé un soupir de soulagement.

La décision était symbolique et lui permettait de faire une déclaration. Pedro Sánchez voulait montrer la voie de la réforme de la politique de migration dans l’UE mais ne voulait pas le faire seul.

Lors de son premier voyage officiel en tant que Premier ministre, le socialiste espagnol a rejoint Emmanuel Macron à Paris la semaine dernière pour discuter des défis communs. L’immigration et la zone euro étaient à l’ordre du jour, comme à Bruxelles quelques jours plus tard.

Emmanuel Macron et Pedro Sánchez ont fait montre d’harmonie en mettant sur la table une proposition conjointe pour la crise migratoire, lors d’une réunion de travail avec d’autres États membres le dimanche 24 juin.

L’autre proposition a été soumise par l’Italie. Giuseppe Conte, chef de la coalition d’extrême droite au pouvoir, s’est dit très satisfait du débat après le mini-sommet et confiant dans la possibilité d’atteindre un accord lors du sommet.

Conte «très satisfait» à l’issue du mini-sommet migration

Ils sont 16 chefs d’État à s’être rendus à Bruxelles le 24 juin pour un mini-sommet sur l’immigration. Les discussions, qui n’ont pas abouti à une déclaration officielle, auraient tourné autour d’une proposition de Rome.

Mais hier soir, lors de la première journée du Conseil, l’ancien avocat italien a mis son véto à toutes conclusions tant que les questions migratoires n’étaient pas résolues, et qu’elles n’allaient pas dans le sens de la position italienne.

Ne pas parvenir à un accord sur la migration aurait signé l’effondrement du gouvernement d’Angela Merkel en Allemagne, qui avait besoin d’un accord avant le 1er juillet, pour satisfaire aux exigences de son partenaire de coalition bavarois.

Le psychodrame européen sur la migration se termine par un accord

Après de longues tractations nocturnes, perturbées par la détermination du président du Conseil italien, les dirigeants européens ont fini par conclure un accord sur l’immigration vendredi à Bruxelles.

Pedro Sánchez a quant à lui défendu une approche constructive, proposé de partager des idées, des expériences et demandé à l’UE de soutenir l’Espagne. Au contraire, l’Italie continue de serrer les vis de ses collègues méditerranéens, en public ou en salle de réunion.

Sur le dossier économique, les divergences sont aussi frappantes.

Pedro Sánchez a nommé une ancienne directrice générale du budget à la Commission européenne, Nadia Calviño, en tant que ministre de l’Économie. Une décision accueillie chaleureusement par Bruxelles. Quant à Giuseppe Conte, il a nommé un économiste anti-euro, Paolo Savona, en tant que ministre des Affaires européennes.

Alors qu’il semble très improbable que l’Italie s’engage dans les discussions sur la réforme de la zone euro, l’Espagne s’est alignée à Merkel et Macron et a soutenu pleinement la déclaration de Meseberg.

Pendant des années, avec Mariano Rajoy à sa tête, l’Espagne a joué un rôle timoré sur la scène politique européenne. Pedro Sánchez semble déterminé à changer cela et Bruxelles salue cette initiative.

De l’autre côté, l’héritage de Matteo Renzi en Europe risque d’être réduit en miettes par le nouveau gouvernement italien, avec toutes les conséquences que cela pourrait avoir pour un projet européen déjà en crise.

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