Le budget de l’UE pourrait se concentrer sur l’éducation et la recherche

Corina Creţu, commissaire en charge de la politique régionale à droite, et Günther Oettinger, commissaire européen au budget [European Commission]

Cet article fait partie de l'édition spéciale L’emploi après la crise.

Pour répondre au problème du chômage, le budget de l’UE pourrait surtout insister sur des domaines tournés vers l’avenir, comme l’innovation et l’éducation, après 2020.

Lors d’une conférence sur le prochain budget pluriannuel de l’UE pour la période 2020-2027, représentants nationaux et européens sont tombés d’accord sur une urgence : prioriser l’innovation pour lutter contre une croissance désormais allégée en emplois.

La Hongrie et la Pologne défendent une hausse du budget européen

Les gouvernements hongrois et polonais se sont dits prêts à contribuer davantage au cadre financier pluriannuel de l’UE après la sortie du Royaume-Uni en 2019.

La stratégie de Lisbonne et la stratégie Europe 2020 n’ont pas tenu leur promesse de faire de l’Europe la région la plus dynamique et la plus compétitive du monde. Loin de là.

La révolution numérique actuelle est menée par des entreprises américaines telles que Google, Amazon, Facebook, Apple ou Microsoft. Les grandes entreprises européennes peinent à achever leur transition vers la quatrième révolution industrielle.

Et au lendemain de la crise financière, des centaines de milliers d’emplois ont été perdus. Alors que beaucoup de personnes ont retrouvé un lieu de travail et que le taux de chômage dans l’UE est tombé à 7,3 %, l’automatisation pourrait représenter un défi encore plus grand que la « grande récession ».

Face à la hausse des inégalités, Davos s’inquiète pour le futur de l’humanité

La reprise économique pourrait cacher le début d’une nouvelle grande crise, notamment fondée sur les inégalités, prévient le Forum économique mondial lors de son rapport annuel sur les risques dans le monde.

Le rapport sur les risques mondiaux de 2018 du Forum économique mondial souligne que « les défis systémiques se sont, au contraire, intensifiés, dans un contexte d’incertitude, d’instabilité et de fragilité ».

Dans ce contexte, les États membres veulent rendre leurs économies plus compétitives en investissant davantage dans l’innovation.

Argent et priorités

Le prochain cadre financier pluriannuel sera donc l’instrument clé pour mobiliser les énergies de l’Union.

Comme l’a dit le vice-chancelier allemand et ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, le budget à long terme est un instrument politique et non « pas seulement comptable ».

« Dépensons-nous à bon escient ? », a-t-il demandé à l’auditoire tout en ajoutant que l’Europe devrait également envisager d’augmenter ses dépenses pour faire face à une réalité qui change rapidement.

Emploi et croissance restent faibles malgré la reprise

L’UE reste confrontée à un taux d’investissement faible, à un chômage élevé chez les jeunes et à une fracture sociale croissante.

 

 

Pour Karel Luyben, recteur de l’Université de Technologie de Delft (Pays-Bas), le retour sur investissement dans l’éducation prend plus de temps à apparaître, mais « est beaucoup plus important et beaucoup plus durable ».

« La combinaison de l’éducation et de la recherche sont les meilleures options pour obtenir des rendements à long terme », a-t-il déclaré à l’auditoire de la conférence.

Actuellement, les deux tiers du budget européen sont consacrés à la politique agricole commune et aux fonds de cohésion. Pour plusieurs pays, dont l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Autriche, ces politiques appartiennent au passé.

Ainsi, certaines capitales réclament des réductions « drastiques » des subventions aux agriculteurs et des subventions accordées aux États membres pour les grands projets d’infrastructure.

 

Le coup de rabot sur le budget de l'UE préoccupe les eurodéputés

Moins de budget pour la PAC et les fonds de cohésion, priorité à la défense : la France défend un coup de rabot dans le budget européen plutôt que des ressources renforcées. Une position qui inquiète les élus européens.

 

 

Günter Oettinger, commissaire chargé du budget, a déclaré que les deux seuls domaines qui échapperaient aux coupes dans le prochain cadre financier pluriannuel sont Horizon 2020, le programme de recherche de l’UE, et Erasmus.

Les partisans de la politique de cohésion soutiennent que cette ligne budgétaire, qui s’élevait à 350 milliards d’euros pour la période 2014-2020, contribuera à faire de l’Europe une région plus compétitive.

 

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