David Cameron veut restreindre la liberté de circulation dans l’UE

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Le premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré hier (6 janvier) qu’il « examinerait les arguments » qui compliqueraient l’établissement et l’octroi de prestations de sécurité sociale pour les ressortissants d’États membres de l’UE en Grande-Bretagne.

Lors d’une apparition sur la BBC pendant le « Andrew Marr Show », le présentateur a demandé à David Cameron si la libre circulation des personnes au sein de l'Union européenne pourrait être limitée en vue de donner à la Grande-Bretagne plus de contrôle sur ses frontières dans le cadre d'une renégociation des relations.

« Les libertés fondamentales ainsi que la circulation des services, des biens et des personnes constituent l’une des raisons principales de l'adhésion des États membres à l'Union européenne. Il existe déjà des limitations de la circulation des personnes en cas d'urgence, par exemple », a répondu M. Cameron.

Le premier ministre britannique faisait référence aux nouvelles règles de Schengen qui permettent aux pays de réintroduire des contrôles aux frontières si un État ne parvient pas empêcher de manière persistante la migration illégale à l’intérieur de la zone sans frontière de l'Europe. Le Parlement européen a émis de vives critiques à l'égard de cette mesure.

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« Devrions-nous examiner les arguments qui compliqueraient l’établissement de personnes et l’octroi de prestations de sécurité sociale en Grande-Bretagne ? Oui, nous le devrions sincèrement. Il existe d'autres domaines auxquels nous désirerions apporter du changement, même dans la libre circulation des personnes. »

La presse britannique a aussi établi une corrélation entre les propos du premier ministre concernant la réforme de liberté de circulation et la levée des limitations de travail pour les Bulgares et les Roumains à partir du 31 décembre 2013.

Les ressortissants bulgares et roumains pourraient ne pas être les seuls visés. Selon des rapports, des migrants d’États membres « plus anciens », tels que l'Espagne, l'Italie et le Portugal, pourraient également être dans la ligne de mire du Royaume-Uni.

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Quand la Bulgarie et la Roumanie ont rejoint l'Union européenne en janvier 2007, une limitation en matière de travail s'appliquant pendant maximum sept ans a été convenue dans le traité d'adhésion. La plupart des pays de l'UE ont depuis levé ces limitations alors que le Royaume-Uni fait partie des pays qui exigent toujours un permis de travail pour les citoyens bulgares et roumains. L'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la France, le Luxembourg, Malte et les Pays-Bas n'ont toujours pas levé ces limitations non plus.

Une certaine partie de la presse britannique eurosceptique a indiqué que bon nombre de jeunes bulgares et roumains appauvris tenteraient de commencer une meilleure vie au Royaume-Uni. Une campagne similaire en 2006, avant le traité d'adhésion des deux pays à l'UE, avait soulevé des craintes d'exode massif, qui n'a pourtant pas eu lieu.

David Cameron a indiqué que le gouvernement britannique était en train de mener une « procédure à part entière » en vue d'évaluer la nécessité d’une réforme. Il a également appelé à une « révision de l'équilibre des compétences » entre la Grande?Bretagne et l'Union européenne. Il a invité le public à une révision « compétence par compétence, domaine par domaine » et a donné son avis sur « ce qui est juste à l'échelle européenne et nationale […] ».

M. Cameron a précisé qu'il envisageait de remporter les prochaines élections et de rester premier ministre jusqu'en 2020. Il a ajouté qu'il était « parfaitement acceptable » que la Grande-Bretagne introduise des demandes en échange de requêtes d'autres États désirant négocier une union rapprochée.

Sur la question du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, il a répondu : « Je ne pense pas que ce serait approprié pour la Grande-Bretagne. Ma politique et mon approche sont déterminées absolument, purement et simplement par l'intérêt national. Que faut-il à la Grande-Bretagne ? Que faut-il aux travailleurs ? Que faut-il aux entreprises britanniques ? Que faut-il pour l'avenir de notre pays ? »

« Cinquante pour cent de notre commerce se fait avec l'Union européenne. Pour le moment, étant donné que nous sommes dans le marché unique, nous bénéficions d'un siège autour de la table de ce marché. Nous contribuerons à la rédaction de ces règles. Si nous étions complètement en dehors de l'UE, nous aurions encore des échanges commerciaux avec ces pays européens, mais nous n'aurions plus notre mot à dire », a poursuivi David Cameron.

Le premier ministre britannique a indiqué qu'il développerait ses idées dans un discours important ce mois-ci.

Le premier ministre David Cameron, qui se révèle très critique vis-à-vis de l'UE, est entré dans un gouvernement de coalition difficile en 2010 aux côtés du Parti libéral-démocrate, pro-européen.

Alors que la zone euro tente d'aboutir à une plus grande intégration budgétaire, bancaire, voire politique afin d'endiguer la crise de la dette, M. Cameron subit de plus en plus de pressions de la part des rebelles de droite de son propre parti qui souhaitent que les Britanniques puissent choisir s'ils souhaitent rester au sein de l'UE ou affaiblir leurs liens avec Bruxelles.

Des décideurs politiques d'expérience du Parti travailliste ont tenté de profiter de la position difficile dans laquelle se trouve David Cameron en demandant que la Grande-Bretagne clarifie ses relations avec l'Union européenne grâce à l'organisation un référendum.

William Hague, le ministre des affaires étrangères britannique, a promis que son gouvernement dresserait un bilan complet des conséquences de la législation européenne sur la Grande-Bretagne d'ici 2014.

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