Davos attend «le retour de l’UE»

Jean Claude Juncker et Emmanuel Macron [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

Alors que l’UE s’embarque dans une année difficile, le monde est de plus en plus inquiet de la capacité européenne à se réinventer pour jouer un rôle clé sur la scène internationale.

Dans la station alpine de Davos, en Suisse, où plus de 1 900 chefs d’entreprise du monde entier sont réunis, la discussion qui occupe tous les esprits est la fragmentation inquiétante de la structure et de l’esprit européens tant au niveau national qu’entre les États.

Restaurer l’objectif partagé de l’UE ne sera pas facile. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, devait s’adresser aux chefs d’entreprise et aux politiques le 25 janvier, soit un jour après l’apparition d’Angela Merkel et d’Emmanuel Macron, pour rassurer sur le fait que la Commission a les bons instruments entre ses mains. Mais le  a finalement du annuler sa visite pour des raisons de santé.

L’UE se trouve actuellement à un moment charnière, avec le même pourcentage de confiance et de défiance du public, souligne Xavier Mesnard, associé du cabinet de conseil A.T. Kearney, citant un sondage de 2017 publié par Chatham House. « Les élites européennes ont trop peu agi pour réduire les profondes divisions. »

La crainte est que l’UE soit destinée à se fragmenter et à être réduite à néant, ce qui aurait des conséquences imprévisibles pour l’ordre international à un moment où les États-Unis suivent une voie protectionniste et isolationniste.

Le Brexit et la montée des mouvements d’extrême droite sont les indicateurs les plus flagrants d’un malaise symptomatique. « Au lieu de les voir comme des impératifs pour renouveler et repenser le paradigme européen, les élites et institutions européennes ont créé une complexité rigide qui débouche sur de la frustration et de l’antipathie envers l’UE », a insisté Xavier Mesnard.

À Davos, le FMI met en garde contre l’arrivée d’une crise encore plus forte

L’économie mondiale se développe plus vite que prévu, au grand bonheur des grands patrons qui arrivent cette semaine au Forum économique mondial à Davos. Un espoir rapidement douché par le FMI, qui assure que la prochaine crise frappera plus fort et plus tôt que prévu.

L’UE à 27 et la zone euro ont surpris les économistes avec une reprise plus robuste que prévue et les prévisions montrent que cette tendance devrait se poursuivre. L’emploi en Europe est à son plus haut niveau. Les réformes prises en réponse à la crise financière portent maintenant leurs fruits.

Dans un nouveau rapport publié cette semaine par le think tank de la Commission, le centre européen de stratégie politique, l’exécutif européen est optimiste pour l’avenir de l’UE, et souligne que les économies européennes sont aujourd’hui plus résistantes et compétitives, que la dette publique est en train de diminuer et que les faiblesses institutionnelles passées de la zone euro sont corrigées en grande partie.

L’UE à 27 a attiré 424 milliards d’euros d’investissements directs étrangers (IDE) en 2016, contre 391 milliards d’euros aux États-Unis, souligne le rapport, soulignant ainsi la position de l’Europe en tant que première destination mondiale pour les investissements étrangers. Sans oublier que l’UE est le plus grand bloc commercial au monde.

Dans le même temps, le président français Emmanuel Macron a pris l’initiative de reconquérir l’esprit européen et de renforcer l’Union afin de résoudre les problèmes qui ont poussé les électeurs à se tourner vers les extrêmes. Sa vision du renouveau commence par l’échange de renseignements et la défense, le contrôle des frontières extérieures de l’Union et un budget pour la zone euro.

L’Allemagne est prête à embarquer. Un accord de coalition préliminaire conclu entre le Parti démocrate-chrétien d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates de centre gauche place le « nouveau départ pour l’Europe » en tête des priorités.

A Paris, Merkel et Macron affichent leur concorde

La venue d’Angela Merkel à Paris à 48 heures d’un vote crucial pour la coalition allemande témoigne de la proximité des deux pays. Mais le sujet européen peut difficilement avancer sans un gouvernement allemand, qui se formera au plus tôt à Pâques

Pourtant, l’Europe ne devrait pas se reposer sur ses lauriers : la menace de son érosion ne s’est pas dissipée et le continent fait face à de nouvelles pressions dangereuses alors que le monde devient de plus en plus multipolaire et que les défis à venir deviennent plus complexes, note Martina Larkin, membre du comité exécutif du Forum économique mondial.

Le dernier sommet de l’UE, en décembre, a montré à quel point les divisions pouvaient être gênantes. Un débat de deux heures sur l’immigration a tellement mal tourné que le président du Conseil, Donald Tusk, a déclaré qu’il serait « difficile de trouver un langage commun ». Il a donné aux dirigeants jusqu’au mois de juin pour parvenir à un accord.

Témoins des clivages entre leurs dirigeants, les citoyens sont en désaccord. Une enquête précédente, publiée par le Parlement européen, révélait que l’Irlande était le pays où 90 % des citoyens se sentaient avantagés par l’adhésion à l’UE.

Aucun des six grands pays (France, Allemagne, Italie, Pologne, Espagne et Royaume-Uni) ne dépasse la barre des 80 %. En Italie, où des élections auront lieu en mars, seulement 39 % des citoyens pensent que l’adhésion à l’UE est avantageuse.

 

L'accueil de migrants par les citoyens déstabilise le gouvernement belge

Hébergeurs bénévoles et défenseurs des droits de l’Homme réclament la démission de Theo Francken, le  secrétaire d’État belge à l’immigration. La réaction citoyenne, qui permet d’héberger des centaines de migrants chaque soir, contribue à décrédibiliser le gouvernement .

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