Débat : la France peut-elle impulser une politique industrielle de la zone euro ?

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L’atelier EURACTIV « Une politique industrielle pour la zone euro : quelle influence française ? » s’est tenu le mardi 23 juillet. Il a été l’occasion, pour plusieurs acteurs de l’industrie européenne, d’affirmer l’importance de ce thème, et d’insister sur le besoin d’un personnel politique français expérimenté.
 

Frédéric Simon, directeur de la publication de EURACTIV, a lancé le débat en demandant si le concept de « politique industrielle » ne cachait pas une volonté d’impérialisme de la part de la France.

Plusieurs participants ont refusé cette hypothèse : « Cette idée a été beaucoup portée par la France, mais elle est partagée par d’autres Etats », a expliqué François Chotard, directrice de la représentation de l’Ile de France à Bruxelles. Plusieurs ont insisté sur l’utilité d’un label « made in France » comme gage de qualité, et non de nationalisme industriel. Il serait donc compatible avec d’autres label nationaux, comme un « made in Germany ».

Pour les industriels français, la France a de vraies compétences dans les questions industrielles – il s’agit d’un « pays mature » –, mais peut bénéficier d’un soutien de la Commission sur plusieurs points. L’aide à l’internationalisation des PME et ETI, la protection contre le dumping et la contrefaçon, et le maintien d’un contrôle pour accéder au marché intérieur ont notamment été évoqués.

Les hésitations des politiques français à l'égard de l'Europe ont aussi été soulignée,  notamment le manque d'enthousiasme des politiques les plus éminents pour des carrières européennees. Cette réticence est amplifiée par la faible base juridique européenne en matière de politique industrielle : l’industrie relève des compétences d’appoint de l’Union européenne, ce qui veut dire qu’elle ne peut que « appuyer, coordonner ou compléter l'action des États membres, sans pour autant remplacer leur compétence dans ces domaines. » (article 2 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne).

En conséquence, la Commission ne peut prendre d’initiatives fortes que dans certains secteurs, comme l’énergie ou les transports, ou via l’établissement du marché intérieur, domaines qui relèvent des compétences partagées (article 4 du TFUE).

Le besoin d’un personnel politique mieux formé

L’ensemble des participants a aussi insisté sur le besoin d’avoir, à Bruxelles, un personnel politique formé aux questions européennes. Pouvoir exercer une influence sur les politiques communautaires requiert en effet une bonne connaissance du fonctionnement de l’Union européenne et des dossiers qui y sont traitées.

Enfin, la maîtrise des langues étrangères – au minimum l’anglais – se révèle indispensable pour œuvrer à ce niveau, et en particulier pour diffuser ses idées. Christophe Leclercq, fondateur d'EURACTIV, a pu témoigner de l’audience et de l’impact de EURACTIV dans les pays anglophones.

La politique industrielle est balbutiante au niveau européen ; elle se traduit principalement par des investissements importants sur le front de l'énergie, notamment sur les interconnexions électriques. Face à la crise de la dette des pays du Sud et des niveaux de croissance faméliques, certains hommes politiques français y compris le président François Hollande préconisent aujourd'hui de sortir de l'austérité en lançant de grands travaux d'infrastructures. En plus de l'énergie, innovation et numérisation de l'économie pourraient être concernés.

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