Écologie et éducation au coeur des espoirs européens des Français

Pierre Moscovici, commissaire européen, est venu débattre avec le panel citoyen, vendredi au lieu éphémère le Consulat.

Le président Emmanuel Macron arrivera au Conseil européen de décembre avec une liste de sujets qui préoccupent ses concitoyens. Elle vient d’être élaborée par un « panel citoyen » lors de trois jours de débats sur l’Europe.

Ils sont 52 citoyens français à avoir fait le déplacement jusqu’à la Représentation française de la Commission européenne, jeudi 25 octobre, boulevard Saint-Germain à Paris. Certains, arrivés le matin même, viennent de la Réunion ou des Antilles.

Ils sont là pour participer à un « panel citoyen », et ont été sélectionnés lors d’une consultation en ligne sur l’Union européenne. La rencontre, qui s’est déroulée sur trois jours, visait à recueillir critiques et idées sur l’UE, et s’assurer que les décisions prises sont en phase avec les attentes.

«La politique européenne devrait être pensée par les citoyens»

Repenser l’UE c’est associer de nouvelles voix et mettre en place un processus participatif complet permanent pour les citoyens, assure Richard Youngs.

 

« La démocratie représentative ne suffit plus », lâche en préambule Jacques Archimbaud, président de ParticipAction, sollicité pour aider au déroulement de l’événement.

« L’Europe ne va pas assez vite »

En plus de débats, les participants ont été amenés à se positionner physiquement pour ou contre des affirmations, lors d’une autre activité à la grande hall du Consulat, lieu éphémère près de Montparnasse.

À gauche les « satisfaits », à droite, les « insatisfaits ». Souvent indécis, les participants ont alors  tendance à se masser au centre.

Le seul à se ranger clairement à droite est Rachid El Ouakkali, un militaire de 33 ans. « On est qu’une union de nom, il n’y a pas assez de solidarité. Je suis déçu que ça n’aille pas plus loin. Personne ne nous parle de ce qu’il se passe concrètement au niveau européen pour l’emploi ou la sécurité », fait-il remarquer.

La démocratie européenne est en manque de ses citoyens

Le recul dramatique des valeurs fondatrices de l’UE, comme la solidarité, la tolérance, le respect de la diversité est une menace. La révision de l’initiative citoyenne européenne cette semaine au Parlement doit donner plus de voix aux citoyens, et non pas moins.

« Ils voudraient que l’UE aillent plus vite, certains se replient vers l’euro-scepticisme mais je pense que la critique est une forme de maturité », estime Gaëtane Ricard-Nihoul, secrétaire générale adjointe des Consultations citoyennes sur l’Europe, alors que les participants se sont attablés par petits groupes pour débattre.

Les langues se délient

Après des heures de palabres, et à l’aide d’interlocuteurs spécialisés, les langues se délient. « L’Europe est peu connue et peu comprise, surtout en France. Qui sait, par exemple, qu’un repas sur quatre des Restos du Cœur est financé par l’UE ?, demande Isabelle Jégouzo, chef de la représentation française de la Commission. Mais dès qu’on en parle un tout petit peu, on se rend compte qu’il y a beaucoup d’attentes. »

Et de fait, le panel attend beaucoup de l’Europe, si l’on en croit le texte adopté au final, le 27 octobre au terme de trois jours de débat.

Colleen Bourhis, 22 ans et étudiante en interprétariat, veut mettre en place un « plan écologique européen contraignant, condition à l’intégration ». Une idée qui séduit.

Les Français font plus confiance à l'UE qu'à leur gouvernement sur l'environnement

Les Français estiment que les acteurs les plus efficaces pour mener les politiques publiques environnementales sont d’abord l’Union européenne (37 %), puis le gouvernement français (26 %), révèle un sondage réalisé par Opinion Way pour l’institut Open Diplomacy.

Ambition écologique à revoir à la hausse, programme scolaire commun dans toute l’Union, assurance sociale commune,  alimentation saine grâce à la préservation des sols… les sujets de préoccupation attestent de préoccupations environnementales et sociales.

Les participants envisagent aussi un service citoyen obligatoire et une force de défense commune, en plus d’un élargissement des compétences de l’UE « sur des sujets sociétaux et éthiques nouveaux ».

Ces propositions ont été transmises à la présidence de la République pour la préparation du Conseil européen des 13 et 14 décembre.

L’abstention en ligne de mire

Pour nourrir leur réflexion, les participants ont eu droit à des experts de choix : Clément Beaune, conseiller auprès du Président pour les questions européennes, jeudi, et Pierre Moscovici, commissaire européen en charge de l’économie et de la finance, vendredi après-midi, sont venus répondre à leurs questions.

Le discours du commissaire Moscovici sur la nécessaire remise en cause de la règle de l’unanimité au sein de l’UE convainc sans mal.

« Ça me rassure de savoir qu’il y a des gens comme ça aux plus hautes fonctions, se réjouit Rachid El Ouakkali. Il me donne l’envie d’aller voter en mai ! ».

L’abstention aux élections européennes est une autre obsession des institutions.

L'Union européenne convainc, mais peine à déplacer les électeurs

L’adhésion à l’UE n’a jamais été aussi haute depuis 26 ans. Un engouement qui ne se retrouve pas dans les pronostics de participation aux prochaines élections européennes.

« Il faut que les hommes politiques descendent dans l’arène. Ca passe bien sûr par ce genre d’initiative mais pendant la campagne européenne, ça ne sera pas aux commissaires de le faire », avertit Pierre Moscovici.

De quoi réveiller les consciences ? Nathan, 22 ans, va « pousser sa famille à aller voter le 26 mai prochain. On ne se rend pas toujours compte du rôle de l’UE, ou alors on pense des choses fausses. C’est bien de pouvoir en parler comme ça » assure le jeune homme.

Les propositions formulées par le panel :

 

1. Élever l’ambition écologique européenne à la hauteur des défis de demain.

2. Un programme scolaire commun aux États membres.

3. Créer une couverture santé européenne :”European Health Coverage” (EHC).

4. Préserver les sols pour une alimentation saine.

5. Un service citoyen obligatoire.

6. Créer une force de l’Union.

7. Donner des compétences à l’Union européenne sur des sujets sociétaux et éthiques nouveaux.

 

Le détail des propositions et de ces trois jours.

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