Élections européennes 2014 : le parti libéral européen fait part de ses préoccupations

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L’Union européenne devrait se préparer au « chaos » après les élections européennes de 2014 à la suite de victoires surprises de contestataires et de partis eurosceptiques au cours des dernières élections en Italie et en Grande-Bretagne, a déclaré le chef de file du parti libéral européen, Graham Watson.

Graham Watson, le chef de file du parti de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), a déclaré à des journalistes à Bruxelles que l'euroscepticisme grandissant pourrait faire pencher la balance entre le Parti populaire européen (PPE) et les Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement européen.

« La logique derrière l'alliance entre les poids lourds du PPE et du S&D a toujours été que les deux partis peuvent garantir 62 % des eurodéputés, ce qui correspond à la majorité dans la procédure de codécision », a indiqué M. Watson.

Si les deux plus grands partis perdent du terrain lors des élections de mai 2014 et obtiennent moins de 62 % d'eurodéputés, ou s'ils sont trop proches pour garantir une majorité, les responsables politiques seraient confrontés à un Parlement européen plus fragmenté, ce qui provoquerait un « chaos ».

« Dans ces conditions, les deux groupes pourraient travailler plus étroitement afin de garantir que l'Union européenne soit gouvernable », a-t-il précisé.

« Ou vous pourriez argumenter que l'un des deux partis s'allierait avec des partis des deux côtés du spectre politique. »

La performance surprenante de Beppe Grillo lors des élections législatives en Italie en février et la récente percée majeure du Parti eurosceptique pour l'indépendance du Royaume-Uni lors des élections partielles britanniques ont érodé le pouvoir des partis politiques plus traditionnels et axés sur l'Europe. En Europe, des groupes marginaux bénéficient d'un soutien grandissant.

La crainte de l'extrémisme

La Commission européenne a prévenu en début d'année que l'extrémisme politique était en hausse, poussé par une longue crise économique qui a accentué les taux de chômage et d'exclusion sociale à niveau record sur le continent.

Le soutien en faveur de partis d'extrême droite s'intensifie, a indiqué la commissaire européenne en charge des affaires intérieures, Cecilia Malmström. Elle a exhorté les dirigeants des États membres de l'UE à lutter contre la montée du racisme et les discours populistes qui menacent le projet européen.

Si aucune mesure sévère n'est prise, des groupes politiques extrémistes pourraient bénéficier d'un soutien plus fort lors des prochaines élections du Parlement européen, a-t-elle indiqué.

« Il faut que davantage de dirigeants européens expriment leur opposition à la montée de l'extrémisme. Nous devons avoir le courage de défendre et de protéger nos valeurs européennes communes. Nous devons tous avoir le courage de défendre ce que nous avons convenu et de protéger nos valeurs contestées dans de nombreux pays européens », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse le 28 janvier.

Un calendrier pour des élections plus politiques

Les partis politiques européens sont convaincus que le choix d'un candidat au poste de président de la Commission annoncerait un rôle plus prépondérant dans l'Union européenne. Une meilleure reconnaissance des noms et un programme politique fort alimenteraient une campagne plus politique, reconnaissent-ils.

Le taux de participation aux élections du Parlement européen était de 43 % en 2009, le plus bas depuis les premières élections directes en 1979.

Étant donné la baisse du taux de participation et l’expansion de l'euroscepticisme, des experts indiquent que la légitimité du Parlement doit être renforcée par une participation accrue des électeurs.

Les eurodéputés ont exigé que les membres de la prochaine Commission européenne soient choisis parmi les députés nouvellement élus de sorte que les électeurs aient davantage leur mot à dire. Les gouvernements nationaux désignent actuellement les candidats du collège de la Commission.

Graham Watson a déclaré que le groupe ADLE et d'autres partis européens préparaient un calendrier pour les élections européennes.

Le parti ADLE devrait adopter un manifeste lors de son congrès à Londres les 29 et 30 novembre. À cette occasion, ils ouvriront également une procédure afin de désigner des candidats au poste de président de la Commission.

« Même s'il n'y a pas encore de candidatures officielles, je pense que trois ou quatre députés du parti seraient intéressés », a indiqué M. Watson, en ajoutant qu'il ne se présenterait pas.

Les nominations devront être prêtes pour le 19 décembre, lorsque les dirigeants des États membres de l'UE en discuteront. S'il y a plusieurs candidats, une élection interne sera organisée lors d'un rassemblement électoral spécial au début du mois de février 2014.

Le calendrier des libéraux ressemble à celui d'autres partis européens. Aucun n'a toutefois fixé une date précise pour la nomination. Le laps de temps permettrait cependant aux candidats de faire campagne pendant au moins trois mois avant les élections de mai.

Les prochaines élections européennes seront organisées dans tous les États membres en mai 2014. Ce seront les huitièmes élections du Parlement européen depuis les premières élections directes en 1979.

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, prévoit que le Parlement européen élira le président de la Conseil européen sur la base d'une proposition du Conseil européen qui tiendra compte des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du TUE).  Cette disposition s'appliquera pour la première fois dans le cadre des élections de 2014. 

  • Mai 2014 : élections au Parlement européen

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