Elections européennes 2014 : les grandes manœuvres commencent

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Dans moins d’un an, le Parlement européen sera renouvelé. Les partis commencent à se préparer. Après quatre ans de crises, les extrêmes rivalisent dans les intentions de vote avec les formations majoritaires.

Les électeurs français voteront le 25 mai 2014 pour choisir leurs représentants au Parlement européen. Les Etats-majors des partis politiques commencent à plancher sur leurs programmes et les premiers sondages sortent. 

Après quatre ans de crises, les craintes d’un nouveau 21 avril 2002, où le Front national avait quasiment fait jeu égal avec les formations majoritaires, ressurgissent. 

Selon la dernière étude d’opinion, publiée par l’hebdomadaire conservateur Valeurs Actuelles, le Parti socialiste, l’UMP et le Front national seraient à égalité à 21%. Un avertissement, surtout pour la droite, qui perdrait sept points par rapport à 2009.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, ne cache pas son intention de faire de sa formation le premier parti de France pour ces élections. 

L’abstention en embuscade 

Comme d’habitude, l’abstention inquiète. En 1979, 60% des Français s’étaient rendus aux urnes pour élire le premier Parlement européen au suffrage universel. C’est 20 points de plus qu’en 2009 où, seuls 40% des Français ont pris part au vote. La tenue des élections municipales, en mars 2014, ne devrait pas faciliter la mobilisation.

Ironie de l’Histoire, ce recul de la participation depuis plus de 30 ans est allé de pair avec l’augmentation des pouvoirs de l’hémicycle. Dans des domaines comme l’agriculture, les régions, le budget annuel… Les parlementaires décident avec les Etats. Les députés ont même grapillé des compétences en matière d’immigration.

La crise a cependant montré les limites du pouvoir du Parlement européen : les Etats gardent la haute main sur les affaires de la zone euro.

Chef de majorité = président de la Commission?

Une innovation institutionnelle pourrait cependant aider à accroître la participation des électeurs. Avec le traité de Lisbonne, entré en application en décembre 2009, le prochain président de la Commission européenne doit être issu de la nouvelle majorité parlementaire.

Ainsi, chaque formation devrait désigner son candidat. Les sociaux-démocrates, les libéraux, les Verts et les conservateurs ont déjà annoncé qu’ils s’engageraient dans cette voie. A droite, le nom de Michel Barnier circule, mais rien n’est joué.

Chaque prétendant devra faire campagne dans les Vingt-Sept pays de l’UE et ainsi porter des thématiques identiques dans plusieurs Etats. Les plus optimistes espèrent que ce décloisonnement des débats favorisera la politisation de la campagne et suscitera un peu plus l’intérêt des citoyens. 

Si le processus fonctionne, la légitimité de la Commission européenne en sortira renforcée, après un accroissement indéniable de son influence dans le champ politique des Etats, y compris budgétaire.

Cinq années cruciales 

La période 2014-2019 sera décisive. Le projet de création d’un budget propre à la zone euro pose plus que jamais la question du contrôle démocratique des sommes dépensées. A qui les Etats rendront-ils des comptes ? Aux parlements nationaux ? Au Parlement européen, quitte à exclure des votes les députés issus de pays qui n’ont pas adopté la monnaie unique ?

De la démocratie de la zone euro

Avant d’être en mesure répondre à ces interrogations et à moins d’un an du scrutin, l’heure des grandes manœuvres à commencé. Toute la semaine, la rédaction vous propose de faire le point sur la situation dans chaque parti politique français. 

Premier volet : Elections européennes 2014 : les tensions internes à l’UMP pourraient peser

Deuxième volet: Le FN projette de constituer un groupe au Parlement

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