Emmanuel Macron propose Thierry Breton après le rejet de Sylvie Goulard

Emmanuel Macron a transmis ce jeudi à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, sa proposition de nommer l’ancien ministre de l’Économie Thierry Breton comme membre de la Commission européenne. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Deux semaines après le rejet de Sylvie GoulardEmmanuel Macron a proposé Thierry Breton, 64 ans, actuel PDG du groupe Atos et ex-ministre de l’Économie, comme nouveau membre français à la Commission européenne, a annoncé l’Élysée ce jeudi 24 octobre 2019.

« Le président de la République a transmis à Ursula von der Leyen, présidente élue de la Commission européenne, sa proposition de nommer Thierry Breton comme membre de la Commission européenne », a indiqué l’Élysée.

Thierry Breton fait campagne pour être le commissaire français

La France a promis de présenter un ou une candidat(e) à la Commission européenne rapidement. L’hypothèse Thierry Breton serait envisagée.

Le prochain commissaire français ne sera sans doute pas une femme, si l’on en croit les dernières rumeurs parisiennes. En plus …

Un camouflet

Principal enjeu pour Paris, le vaste portefeuille obtenu pour le Commissaire français — politique industrielle, marché intérieur, numérique, défense et espace — restera inchangé. Emmanuel Macron en a obtenu l’assurance d’Ursula von der Leyen, a précisé la présidence.

« Ce qui m’importe, c’est le portefeuille ! Je me suis battu pour un portefeuille », s’était écrié le chef de l’État, apprenant avec agacement l’éviction de Sylvie Goulard le 10 octobre, vécue comme un camouflet infligé par le Parlement européen.

La future présidente de la Commission a déjà approuvé son nouveau choix. Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen « se sont mis d’accord sur ce profil après une discussion en amont. Si nous proposons ce candidat, c’est qu’il convient », commente l’Élysée.

Un ami de Jacques Chirac

Avec son parcours qui mêle public, privé et politique, ainsi que sa connaissance de l’industrie, cet ami de Jacques Chirac coche en effet de nombreuses cases.

« Thierry Breton a des compétences solides dans les domaines couverts par ce portefeuille, en particulier l’industrie et le numérique, car il a été ministre de l’Économie (sous Jacques Chirac) entre 2005 et 2007, avec tutelle sur l’industrie. Il a aussi été PDG de grands groupes industriels et du secteur de la défense (Thomson, France Télécom, Atos) et bénéficie d’une réputation solide d’homme d’action », fait valoir la présidence.

C’est lui qui, appelé à la tête de France Télécom lourdement endettée, avait redressé le groupe en réduisant ses coûts et avait conduit à sa privatisation.

Il est aussi Macron-compatible, « aligné » avec les positions du chef de l’État. Il s’était rallié à sa candidature dès avant le 1er tour, après le retrait d’Alain Juppé.

« C’est aussi un européen convaincu, qui a conduit de nombreux projets franco-allemands », ajoute l’Élysée, en particulier à la tête d’Atos qui a un siège en France et un à Munich. Thierry Breton est un ardent défenseur du développement en l’Europe de supercalculateurs capables de rivaliser avec la Chine et les États-Unis.

En prime, il connaît Ursula von der Leyen, avec qui il a travaillé lorsqu’elle était ministre allemande de la Défense, sur la création d’un fonds européen de la défense et de la sécurité, pour doper les investissements européens dans ces domaines.

C’est enfin un ancien élu de terrain, qui a été conseiller régional de Poitou-Charentes de 1988 à 1992.

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