En Bulgarie, la crise sociale entraîne des élections anticipées

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Après une semaine sans gouvernement, le Président de la République s’est résolu à annoncer la tenue d’un scrutin en mai.

Depuis une quinzaine de jours, la Bulgarie est secouée par une violente contestation sociale, qui a eu raison du gouvernement du Premier ministre Boiko Borissov (GERB, droite).

Trois immolations 

Le 17 février, plusieurs milliers de Bulgares ont manifesté dans tout le pays pour dénoncer la hausse des prix de l’électricité, en particulier à l’Ouest.

La facture de certains foyers a augmenté d’une centaine d’euros, alors que le salaire moyen est de 377 euros. Les pensions de retraite sont par ailleurs très basses, en moyenne 150 euros.

Pour calmer les tensions, le gouvernement a décidé de retirer sa licence à l’entreprise tchèque CEZ, chargée de l’approvisionnement électrique. Mais, les protestations ont malgré tout débouché sur des affrontements avec les forces de police en particulier à Sofia.

Dans l’Est du pays, trois hommes se sont immolés en raison de leur situation sociale désespérée.

Face à ces turbulences, le Premier ministre a cherché à jouer l’apaisement et à annoncer sa démission le 20 février. « Nous avons fait de notre mieux depuis quatre ans, mais chaque goutte de sang versé est une honte pour nous tous », a-t-il déclaré.

Elections sous surveillance 

Cette décision permet au Premier ministre de « sortir par le haut » de cette situation, alors que les manifestants ont dénoncé la corruption endémique qui ronge la classe politique. Boiko Borissov est lui-même accusé d’entretenir des liens étroits avec la mafia. Un câble de l’ambassade américaine à Sofia, révélé par Wikileaks en 2010, le qualifiait de « gangster en Armani ».

Après une semaine sans gouvernement, le président de la République s’est résolu à annoncer, jeudi 28 février, la tenue de nouvelles élections le 12 mai prochain. 

Rosen Plevneliev a précisé que des observateurs de l’Organisation de coopération et sécurité en Europe seraient présents pour surveiller le vote. La Bulgarie est régulièrement épinglée par Transparency International pour la pratique « d’achat des votes ».

En fonction de la situation économique, jusqu’à 15% des bulletins pourraient être concernés, en particulier ceux de la minorité Roms, plus pauvre que la moyenne nationale.

Inquiétudes à Bruxelles 

Le principal rival du GERB de Boiko Borissov est le parti socialiste bulgare (PSB), héritier direct du Parti communiste au pouvoir jusqu’en 1989. La troisième force politique est le « Mouvement pour les droits et les libertés (MRF) » qui représente la minorité turque du pays (environ 10% de la population).

Membre depuis 2007 de l’Union européenne, la Bulgarie est régulièrement pointée du doigt par Bruxelles pour la faiblesse de la lutte contre la corruption. L’indépendance de la justice n’est pas non plus garantie, tout comme celle des médias. 

Un débat sur l’état de la démocratie dans le pays a même été organisé lors de la session de février du Parlement européen. 

L’entrée du pays dans l’espace de libre circulation (Schengen) devait être validée par l’UE en mars. L’instabilité politique pourrait peut-être retarder le processus. 

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