Le mutisme du PPE face au flirt de Viktor Orban avec les Frères d’Italie

Le Parti populaire européen (PPE), a refusé de s’exprimer au sujet d’une lettre de soutien envoyée par Viktor Orban au parti nationaliste Frères d’Italie, dans laquelle il cite leurs « valeurs chrétiennes et conservatrices » communes. EPA-EFE/OLIVIER HOSLET [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Le plus grand groupe politique d’Europe, le Parti populaire européen (PPE), a refusé de s’exprimer au sujet d’une lettre de soutien envoyée par Viktor Orban au parti nationaliste Frères d’Italie, dans laquelle il cite leurs « valeurs chrétiennes et conservatrices » communes.

Dans une lettre à l’intention des Frères d’Italie (Fratelli d’Italia), membre du groupe européen des Conservateurs et Réformistes (CRE) et seul parti d’opposition au gouvernement du Premier ministre italien Mario Draghi, Viktor Orban a mis en exergue ses volontés de coopération.

La missive était adressée à Giorgia Meloni, figure de proue des Frères d’Italie et présidente du CRE. « Nous avons besoin d’alliés sur lesquels nous pouvons compter ; avec qui nous détenons une vision commune du monde ; et avec qui partageons des similitudes dans la façon dont nous nous attelons aux défis de notre époque », a rédigé Viktor Orban.

 « Après avoir passé seize années dans l’opposition, j’ai appris que la victoire n’est jamais définitive et que la défaite n’est jamais fatale. Une seule chose compte : notre capacité à continuer la bataille », a-t-il poursuivi.

Fratelli d’Italia figure à la troisième place des partis les plus populaires d’Italie, comme en témoignent de récents sondages. Pour l’heure, il s’agit du seul parti d’opposition au Parlement italien.

« J’espère que la coopération entre le Fidesz et les Frères d’Italie perdurera et que nous serons en mesure de maintenir nos relations amicales fondées sur les valeurs chrétiennes et conservatrices », a conclu le leader hongrois.

Le Fidesz de Viktor Orban est certes affilié au Parti populaire européen (PPE), mais a été source de dissensions au sein du groupe pendant des années, tant et si bien que son adhésion y a été temporairement suspendue.

Orbán menace de quitter le Parti populaire européen

« Fidesz quittera le groupe [PPE] » si les dispositions, qui rendent possible la suspension de tout un groupe de députés, sont adoptées mercredi, a déclaré le Premier ministre hongrois dans une lettre.

Nombre de chefs de file de centre droit ont tenté d’exclure le Fidesz du PPE à maintes reprises, mais sans jamais atteindre la majorité requise pour ce faire.

Le groupe du PPE au Parlement européen s’entretient actuellement sur la possibilité de modifier ses règles internes. Deux options semblent d’ailleurs se détacher : la possibilité de suspendre une délégation, la priver de tous ses droits, tout en la gardant officiellement parmi les membres afin de rester le premier groupe du Parlement ; ou la possibilité de l’exclure avec un votre à majorité absolue.

Pour le centre droit italien, la missive de Viktor Orban revêt d’une signification particulière, étant donné que pour la première fois depuis dix ans, le PPE est de retour au gouvernement italien grâce à la participation de Forza Italia.

Approché par Euractiv, Forza Italia a refusé de s’exprimer à cet égard pour le moment, à l’instar du bureau de presse du chef du PPE Donald Tusk.

D’après les rumeurs, Viktor Orban ferait du pied au CRE au vu de l’exacerbation des tensions au sein de sa famille politique actuelle.

Des sources du Fratelli d’Italia ont cependant interprété la lettre comme une marque de respect envers la cheffe du parti Giorgia Meloni plutôt que la première étape du Fidesz dans sa tentative de rejoindre le CRE.

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