Le PPE menace d’activer l’article 7 contre Budapest

Siegfried Muresan: « La vraie question à poser aux Hongrois est de savoir s'ils veulent continuer à bénéficier des avantages de l'UE. » [European Parliament/Flickr]

Si la dérive autoritaire de la Hongrie continue, l’UE pourrait enclencher la procédure de suspension d’un Etat membre prévue par les traités , a averti le porte-parole du Parti populaire européen.

La Hongrie a fait parler d’elle cette semaine pour avoir adopté une loi visant à fermer l’Université d’Europe centrale, fondée par le milliardaire américain George Soros. Le gouvernement du Premier ministre, Viktor Orbán, considère depuis longtemps l’établissement comme un bastion hostile du libéralisme.

Les villes européennes tendent la main à l'université Soros de Budapest

Une université de Budapest fondée par le millionnaire George Soros et menacée de fermeture par le gouvernement hongrois a déjà reçu un certain nombre d’offres d’autres États européens prêts à accueillir ses facultés.

L’initiative a suscité une vague d’indignation au Parlement européen. « Les libertés de pensée, de recherche et d’expression sont fondamentales pour notre identité européenne. Le PPE les défendra à tout prix », a déclaré le président du PPE, Manfred Weber.

Les représentants du parti ont ainsi condamné le parti Fidesz-Union civique hongroise, affilié au groupe PPE, de centre droit. Le porte-parole et eurodéputé du PPE Siegfried Muresan a confié à Euractiv que les dirigeants du parti discuteraint de la situation avec Fidesz-Union civique hongroise lors de leur prochaine réunion, le 29 avril.

« Le PPE discutera en interne et suivra le résultat de l’évaluation de la Commission européenne sur la légalité de la dernière loi hongroise », a indiqué l’eurodéputé roumain à Euractiv.

Valeurs fondamentales de l’UE

Il a été plus loin en soulignant qu’adopter des sanctions contre Budapest était toujours une option. « Si la Hongrie ne règle pas la situation, nous pourrions déclencher l’article 7 », a-t-il averti.

L’article 7 du traité de Lisbonne, qui n’a jusqu’à présent jamais été utilisé, a été rédigé dans le but de préserver les valeurs fondamentales de l’UE telles que la démocratie, la liberté, les droits de l’Homme et l’État de droit. Si l’UE constate « une violation grave et persistante » de ces valeurs, elle peut déclencher l’article 7 et suspendre les droits du pays au sein de l’UE, tels que son droit de vote au Conseil ou l’accès au marché unique.

L’article 7 est cependant vu comme une « bombe nucléaire », un élément dissuasif qui ne devrait jamais être utilisé. C’est pourquoi l’UE a introduit le mécanisme d’ « État de droit » sous lequel se trouve actuellement la Pologne.

Demandez aux Hongrois s’ils veulent des fonds européens

La Hongrie a multiplié les provocations ces derniers jours en lançant notamment son initiative « Let’s Stop Brussels » (« arrêtons Bruxelles »). Les Hongrois ont reçu un questionnaire sur l’Europe, jugé très orienté par Bruxelles, seulement quelques jours seulement après la réunion des dirigeants européens à Rome pour célébrer le 60e anniversaire de l’UE.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a  qualifié de « biaisé ». le questionnaire. « Je voudrais, après avoir lu ce questionnaire orienté, mieux comprendre les intentions de Viktor Orbán. »

Pour Siegfried Muresan, la vraie question que ce  questionnaire »aurait du poser aux Hongrois est de savoir s’ils veulent continuer à bénéficier des avantages de l’UE, comme le droit de vivre où ils veulent en Europe, de voyager en toute liberté, de travailler ou d’étudier quand ils le souhaitent et de recevoir des milliards d’euros de financements européens.

Le porte-parole du PPE a ajouté qu’à plus de dix ans de l’adhésion de la Hongrie dans l’UE, il était maintenant plus que temps que le pays participe activement au débat sur l’avenir de l’UE. « Les gens veulent des hommes politiques capables de réformer l’Europe afin que l’UE réponde aux inquiétudes des citoyens », a-t-il précisé.

Juncker condamne la dérive autoritaire de la Hongrie

Le président de la Commission a déploré l’offensive lancée par Viktor Orbán pour fermer l’Université d’Europe centrale et commenté l’initiative « Let’s Stop Brussels » (« arrêtons Bruxelles »).

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