Covid-19, les applications de traçage traversent les frontières

L’application allemande de traçage du nouveau coronavirus, « Corona-Warn-App », fonctionne désormais en Italie ainsi qu’en Irlande, et vice-versa. Toutefois, ce n’est pas le cas partout, notamment en France, où l’outil utilise un système central. [EPA-EFE | Ronald Wittek]

L’application allemande de traçage du nouveau coronavirus, « Corona-Warn-App », fonctionne désormais en Italie ainsi qu’en Irlande, et vice-versa. Toutefois, ce n’est pas le cas partout, notamment en France, où l’outil utilise un système central. Un article d’Euractiv Allemagne.

Les applications de smartphones assurant le suivi des infections par le SARS-CoV-2 sont désormais monnaie courante dans deux tiers des États membres de l’UE. Jusqu’à présent, elles ne fonctionnaient qu’à l’échelle nationale, mais tel n’est plus le cas. Depuis lundi (19 octobre), grâce aux efforts de la Commission européenne, leur portée franchit maintenant les frontières entre l’Allemagne, l’Italie et l’Irlande. Et ce n’est qu’un début.

Ainsi, toute personne voyageant en Italie avec l’application allemande « Corona-Warn-App » sera avertie en cas de contact rapproché avec un porteur du virus utilisant « Immuni ». Et vice-versa. Ce système, développé par l’exécutif européen, s’intitule « la passerelle d’interopérabilité ».

COVID-19 : l’UE harmonise sa carte des zones à risque

Pour visualiser la situation sanitaire du continent, les États membres se référeront désormais à une carte géographique de l’UE qui définit les zones à risque de manière commune, à l’aide d’un code de quatre couleurs. Un article d’Euractiv Italie.

Seulement pour les applications décentralisées

« La libre circulation fait partie intégrante du marché unique – la passerelle permet de la rendre plus aisée tout en contribuant à sauver des vies », a déclaré Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur.

Le 26 octobre, quatre autres pays européens devraient rejoindre la passerelle : la République tchèque, le Danemark, la Croatie et l’Espagne. En revanche, rien n’a encore été confirmé par Bruxelles. Par après, d’autres nations du bloc devraient emboîter le pas. À l’heure actuelle, le système repose sur une architecture décentralisée, les applications concernées peuvent donc être interopérables via le service de passerelle. Si aucune modification n’est apportée à ce sujet, deux pays resteront tout de même sur le banc de touche : la France et la Hongrie, où les dispositifs sont soumis à des serveurs centraux.

Par ailleurs, la Suisse et le Royaume-Uni ne seront pas non plus de la partie. En effet, Berne se trouve dans une impasse, car aucun accord en matière de politique sanitaire n’a été conclu avec l’UE. Du côté de Londres, les négociations âpres sur le Brexit n’ont pas encore abouti à une entente concernant l’échange de données sanitaires avec le bloc.

Cet outil aurait été particulièrement pratique lors de la période estivale, mais il pourrait également l’être pour le tourisme hivernal et les vacances de Noël. « Le taux d’infection par le nouveau coronavirus repart de plus belle partout en Europe. À l’heure actuelle, les applications de traçage nationales opèrent une différence notable », souligne le ministre allemand de la Santé Jens Spahn (CDU). « En effet, chaque chaîne de contamination pouvant être brisée au plus vite grâce à l’application contribue à l’endiguement de la pandémie ».

Covid-19: des difficultés de communication persistent entre Bruxelles et les États membres

La Commission européenne peine à recevoir suffisamment d’informations des États membres concernant l’évolution du virus sur leur territoire. De ce fait, la mise en place d’une approche unifiée pour endiguer la deuxième vague de contamination se complique.

L’application allemande bien accueillie

L’infrastructure numérique nécessaire pour « Corona-Warn-App » a été créée par deux entreprises allemandes : SAP et T-Systems.

Au total, elle a été téléchargée 19,8 millions de fois. Le nombre d’utilisateurs actifs demeure cependant peu clair. Environ 500 personnes surfent sur l’outil quotidiennement pour y signaler des tests positifs, a révélé Gottfried Ludewig, directeur du service numérique au ministère de la Santé, lors d’un entretien avec ThePioneer, ajoutant que l’application était bien reçue par le public, et ce, au vu des 1,8 millions de tests positifs y ayant été communiqués.

Le ministre du Travail, Hubertus Heil (SPD), a d’ailleurs récemment été contraint au confinement après avoir reçu une alerte grâce à celle-ci.

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