Face à la crise climatique, les conservateurs allemands lorgnent sur les Verts

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BERLIN

Les partis conservateurs allemands (CSU/CSU) subissent désormais les conséquences électorales de leur déni climatique et essaient de trouver une solution auprès des Verts, a déclaré un analyste à Euractiv Allemagne.

« La crise climatique a pris une place centrale dans la vie politique, et elle ne partira pas de sitôt. Les autres partis se rendent compte que leur programme environnemental est très maigre. Ils ont trop longtemps laissé ces questions aux Verts, et cela s’est fait ressentir au bureau de vote, surtout parmi les jeunes électeurs », a déclaré Arne Jungjohann, analyste politique et expert du Parti vert allemand.

Markus Söder, chef du parti frère bavarois de la CDU, l’Union chrétienne sociale (CSU), a mis en garde la CDU/CSU, car elle se concentrait uniquement sur l’AfD (extrême droite), son principal adversaire politique. Dans une interview au journal allemand « Welt am Sonntag », il a déclaré que les principaux concurrents étaient désormais les Verts.

« Nous devons nous concentrer davantage sur eux. Bien que les Verts soient encore un parti monothématique, ils sont sur le point de remplacer le Parti social-démocrate (SPD) en tant que parti de tête de file de la gauche », a-t-il affirmé, ajoutant qu’ils seront les principaux concurrents dans la course à la chancellerie. « C’est pourquoi nous devons les traiter de manière plus ciblée », a-t-il conclu.

La déclaration de M. Söder faisait suite au discours prononcé par Manfred Weber, vice-président de la CSU, devant la conférence du parti à Munich, le 18 octobre. Dans cette déclaration, il a également mentionné la possibilité de former une coalition entre les conservateurs et les Verts — ou une « coalition noir-vert » — comme une bonne option réaliste pour l’avenir. « Lorsque nous discutons des prochaines perspectives pour les majorités, il est clair que le noir vert est l’une des options sur la table », a souligné M. Weber.

D’après l’analyste, le succès électoral des Verts au cours des dernières années ne peut s’expliquer que par l’air du temps. M. Jungjohann a, par ailleurs, indiqué que les autres partis avaient réagi de diverses manières face à aux belles performances vertes.

« Le chef du CSU, M. Söder, a identifié les Verts comme les principaux concurrents. La CSU doit pouvoir rivaliser avec les Verts et il faut moderniser le programme de son parti en matière d’énergie, de climat et de mobilité. »

Du côté de la CDU, le doute plane encore sur la stratégie à adopter. « La CDU cherche toujours l’approche adéquate. Alors que la cheffe du parti, Annegret Kramp-Karrenbauer, prône une vision plus moderne et pro-environnementale pour le parti, des fractions influentes de la CDU s’opposent fermement à une telle modernisation. Reste à savoir qui l’emportera. »

Selon le dernier sondage d’opinion publié en Allemagne lundi 4 novembre, la CDU/CSU se situe à 27 %, les Verts à 18 %, le SPD à 16 %, l’AfD à 15 %, tandis que les libéraux (FDP) et la Gauche (Die Linke) à 9 %. (Claire Stam | Euractiv Allemagne)

PARIS

Le Beaujolais Nouveau arrive en Chine. Emmanuel Macron a annoncé lundi (4 novembre) qu’un accord serait signé lors de sa visite en Chine sur les indications géographiques protégées (IGP) qui certifient l’origine des produits européens entrant sur le marché chinois. Un quart des 100 produits concernés sont français, dont le Beaujolais, le Cognac, le Comté et le Roquefort.

La Chine est devenue le premier producteur de vin et un gros consommateur, important principalement du Bordeaux et du Cognac. Le président français devrait rester en Chine jusqu’à jeudi (7 novembre) pour traiter d’un certain nombre de questions et il lui a été demandé de ne pas s’exprimer sur les droits de l’homme à Hong Kong.

« Plus nous agissons de manière franco-allemande et surtout européenne, plus nous sommes crédibles et obtenons des résultats », a déclaré le président français aux chefs d’entreprise français et allemands qui participent au Salon de l’importation de Shanghai. (Euractiv France)

VARSOVIE

Remplacements controversés. Le parti au pouvoir, le PiS, a annoncé son intention de remplacer trois juges qui arrivent au terme de leur mandat au Tribunal constitutionnel par trois  de ses membres.

Deux des noms proposés sont particulièrement controversés. Krystyna Pawłowicz, ancienne députée de PiS, connue pour ses critiques cinglantes contre l’opposition, et Stanisław Piotrowicz, ancien procureur communiste et auteur de la réforme du système judiciaire du PiS. Tous deux ont été nommés et devraient prendre leurs positions en décembre. Maintenant, c’est au Parlement de confirmer leurs nominations, car le Président n’a pas le pouvoir de bloquer les nominations. (Łukasz Gadzała | Euractiv Pologne)

BUCAREST

Un nouveau gouvernement a prêté serment. La Roumanie a enfin un nouveau gouvernement, et ce, près de quatre semaines après le renversement du gouvernement socialiste à la suite d’un vote de défiance. Le Premier ministre, Ludovic Orban, s’est donné beaucoup de mal pour convaincre suffisamment de députés de voter pour son gouvernement et il a réussi à obtenir 240 voix en sa faveur, soit sept de plus que nécessaire pour gouverner.

Le Président, Klaus Iohannis, a félicité le nouveau Premier ministre et tous les députés de tous les partis politiques qui ont voté en faveur du nouvel exécutif, saluant « la sagesse dont ils ont fait preuve pour mettre un terme à la crise politique et donner une chance à la Roumanie d’avancer ». À son tour, Ludovic Orban a déclaré à Klaus Iohannis qu’il avait maintenant « un partenaire fiable » dans le gouvernement. (Euractiv Roumanie)

LJUBLJANA

Il n’est pas nécessaire de bloquer l’entrée de la Croatie dans l’espace Schengen. Le président slovène, Borut Pahor, a indiqué qu’il était possible d’éviter le blocage de l’entrée de la Croatie dans l’espace Schengen par la Slovénie. Toutefois, Zagreb refuse toujours d’appliquer une décision arbitrale sur un différend frontalier, une décision que Ljubljana considère comme définitive et contraignante pour les deux parties.

« J’invite toutes les parties concernées au dialogue afin résorber le conflit, et ce, entre le moment où la Commission rendra sa décision selon laquelle la Croatie est techniquement prête à entrer dans l’espace Schengen et le moment où les discussions au Conseil européen commenceront », a déclaré M. Pahor. « la Slovénie et de la Croatie profiteraient toutes deux de cette solution. Il faut du courage politique, de la sagesse et de la persévérance, mais cela porterait ses fruits », a-t-il conclu. (Željko Trkanjec | Euractiv Slovénie)

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