Une ancienne eurodéputée italienne arrêtée pour corruption

EP-070108A [LE LARDIC/EP]

Lara Comi, ancienne étoile politique montante et ancienne eurodéputée de Forza Italia a été assignée à résidence par la police italienne jeudi 14 novembre pour financement illégal et corruption.

Le procureur italien chargé de l’affaire a déclaré qu’il était rare qu’une personne de l’âge de Lara Comi ait recours à des stratagèmes criminels tels que chercher à donner une apparente légalité à des pots-de-vin, à la soustraction frauduleuse de fonds publics et au financement illicite. L’ancienne politicienne avait précédemment nié tout acte répréhensible.

Deux des quatre chefs d’accusation concernent une fraude à l’encontre du Parlement européen. Le premier concerne un faux contrat de consultant avec un membre de son personnel et le second stipule qu’elle aurait encaissé 2 000 euros sur les 3 000 euros qui auraient dû être attribués à son attaché de presse.

D’autres actes d’accusation sont liés au pot-de-vin présumé de 31 000 euros reçu d’une société appartenant au président de la fédération patronale de Lombardie, Marco Bonometti.

Auparavant, Lara Comi avait déjà fait l’objet d’une enquête de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) après avoir engagé sa mère comme assistante parlementaire, une pratique interdite par le règlement du Parlement européen.

À l’issue de l’enquête de l’OLAF, elle avait accepté de restituer 126 000 euros à l’institution.

Élue pour la première fois en 2009 alors qu’elle n’avait que 26 ans, elle s’est rapidement fait une place dans l’environnement politique européen jusqu’à devenir l’une des dix vice-présidentes du Parti populaire européen (PPE) pendant la dernière mandature.

Elle s’est à nouveau présentée aux élections européennes de mai et a été la troisième candidate la mieux élue de son parti, Forza Italia, dans le nord-ouest de l’Italie, malgré une enquête des autorités italiennes qui n’a débuté que deux semaines avant le scrutin.

M. Berlusconi, qui était le premier candidat de Forza Italia dans plus d’une circonscription électorale, a indiqué qu’il souhaitait se présenter aux élections dans le nord-ouest, ce qui a empêché Mme Comi d’obtenir son troisième mandat consécutif, le parti n’y ayant remporté que deux sièges.

Elle reste cependant en tête de la liste des candidats non élus dans la circonscription, ce qui signifie qu’elle pourrait retourner à Bruxelles si Silvio Berlusconi décidait un jour de quitter son poste.

Convaincue de sa propre innocence, Lara Comi a exprimé ces derniers mois son intention de ne pas exercer de fonction politique, affirmant vouloir se défendre contre toute accusation sans recourir à l’immunité parlementaire.

Étant donné que les charges retenues contre elle portent sur la période de son double mandat en tant qu’eurodéputée, les autorités judiciaires italiennes devraient demander au Parlement européen de lever son immunité pour ce laps de temps dans les mois à venir, a déclaré une source proche du dossier.

Eleonora Evi, eurodéputée du Mouvement Cinq étoiles, a déclaré que le silence du PPE sur l’implication de Mme Comi dans des enquêtes pour corruption était choquant.

« Les accusations portées contre l’ancienne eurodéputée Lara Comi sont extrêmement graves », a-t-elle indiqué, ajoutant qu’elle attendait, de la part du PPE, une condamnation ferme et claire de telles pratiques.

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