En Italie, les forces pro-européennes tentent de s’unir

L'ancien ministre italien du Développement économique, Carlo Calenda [EPA/PERCOSSI]

Carlo Calenda, qui fut ministre italien du Développement économique, veut créer une liste pro-européenne via sa nouvelle plateforme « Siamo Europei ».

Lancé le 19 mars à l’initiative de l’ancien ministre Carlo Calenda, le manifeste « Siamo Europei » a été signé par plusieurs dirigeants locaux et plusieurs personnalités politiques nationales, telles que le président actuel du Parti démocrate italien, Nicola Zingaretti, ainsi que l’ex-Premier ministre Paolo Gentiloni.

L’ancien ministre du Développement économique, aujourd’hui affilié au Parti démocrate italien a déclaré : « notre but est d’avoir un mouvement italien, porté par les forces sociales-démocrates, telles que le Parti démocrate, et par les partis libéraux, afin d’obtenir 30 % des voix ».

Le parti de centre droit affilié à l’ALDE, +Europa, avait toutefois récemment refusé de rejoindre le Parti démocrate italien sur la nouvelle plateforme de Carlo Calenda. « Je vais encore essayer de les convaincre, bien qu’à ce stade leur décision semble irrévocable », a déclaré Carlo Calenda, ajoutant que les portes du mouvement restaient toujours ouvertes à tous les partis. Les signataires du manifeste doivent adhérer à ses grands principes et exclure toute alliance avec les deux partis au pouvoir, la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles.

« Une grande partie des dirigeants européens, allant de Macron à Tsipras, veut poursuivre le projet d’une Europe unie, bien qu’avec des nuances différentes, tandis qu’une autre partie veut le détruire ».

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Après une série de tensions entre les deux pays, les Présidents français et italien sont sortis de l’impasse en trouvant un terrain d’entente sur des questions bilatérales.

Un Macron italien?

Ancien dirigeant d’entreprise, Carlo Calenda a souvent été comparé au président français Emmanuel Macron, mais a toujours rejeté cette comparaison. L’Italien a admis lors d’une interview avoir eu des désaccords dès ses premières rencontres avec le président français au Conseil des ministres. « J’ai trouvé que les méthodes décrites dans son manifeste étaient peu pertinentes et inadaptées à l’Europe », a-t-il déclaré lors de l’évènement de lancement, faisant particulièrement référence au projet de création d’agences pour la protection de la démocratie.

Selon Carlo Calenda, la première étape vers une union politique est la consolidation de toutes les politiques étrangères, et notamment des politiques commerciales et d’investissement, du contrôle des frontières de la défense commune. « La deuxième priorité devrait être un grand programme d’éducation et de scolarisation pour faire face à l’analphabétisme fonctionnel qui détruit la démocratie », a-t-il déclaré.

Le troisième point du manifeste suggère de s’opposer au groupe de Višegrad d’Europe centrale avec un « front de Rome » (formé par les six États fondateurs de l’UE et étendu à d’autres pays), qui permettrait aux États membres promouvant l’intégration européenne d’avancer sur des politiques telles que l’harmonisation de l’impôt sur les sociétés ou la défense commune européenne.

Montée de l’extrême droite

Selon Carlo Calenda, une potentielle coalition entre l’extrême droite nationaliste de Matteo Salvini et les chrétiens-démocrates de Manfred Weber serait impossible, car les partis d’extrême droite ne peuvent être « normalisés ». « Cela ne peut se produire parce que comme le dit Viktor Orbán et le prouve Matteo Salvini, le démantèlement de la démocratie libérale est dans leur ADN », a-t-il expliqué. « Il est aujourd’hui temps de prendre des décisions claires : nous ne pouvons pas rester dans une zone grise », a-t-il ajouté.

Le candidat de la droite européenne tend la main à Salvini

Les socialistes et libéraux sont des alliés naturels du Parti populaire européen, de centre droit, dans les prochaines élections européennes, assure Manfred Weber. Qui n’exclut pas des alliances sur sa droite en songeant à la Ligue de Salvini.

L’ancien ministre a également attiré certaines critiques après avoir accepté de défier le collaborateur de Donald Trump Steve Bannon, lors d’un débat qui aura lieu le 25 mars en soirée à la société de conseil Comin & Partners à Rome. « La démocratie ne doit pas avoir peur de la confrontation. C’est en confrontant [les autres] qu’elle l’emporte » a-t-il répondu à ses détracteurs.

S’il se considère plutôt comme un démocrate libéral, Carlo Calenda voit toutefois d’un bon œil la volonté de Nicola Zingaretti de rassembler avant les européennes les forces de centre gauche qui s’étaient séparées du Parti démocrate italien à la suite de tensions avec l’ancien dirigeant Matteo Renzi. Carlo Calenda se présentera comme candidat principal pour la circonscription électorale nord-est, l’une des 5 circonscriptions pour les élections européennes.

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