Merkel et Macron s’allient sur l’avenir de l’UE

Macron on 22 June EUCO [European Council]

Paris et Berlin présenteront ensemble des propositions concrètes pour l’avenir de l’UE et la zone euro dans trois mois, a annoncé Emmanuel Macron.

Lors de sa première conférence de presse post-sommet européen, Emmanuel Macron a répondu à des questions sur l’avenir du couple franco-allemand, déjà rebaptisé « Merkron », ou « Mercron » par la presse internationale. Le président français a expliqué que les propositions communes sur lesquelles travaillent Paris et Berlin n’avaient absolument pas pour objectif de se distancier des autres États membres, mais de présenter des propositions communes. Et, quand des différences de point de vue apparaissent entre les deux partenaires, de les résoudre, au lieu de les exposer.

« Lorsque la France et l’Allemagne sont en désaccord, il est rare que les projets avancent » en Europe, a fait remarquer le président français, ajoutant que la coopération bilatérale serait donc aussi un moyen de gagner du temps.

Paris et Berlin ont par exemple présenté des amendements communs aux propositions de conclusions du Conseil en cours. Les deux pays ont également confirmé leur intention de présenter une feuille de route sur les modifications à faire dans le fonctionnement de l’UE et de la zone euro. Des conclusions concrètes devraient être présentées dans trois mois.

Macron et Merkel ouvrent la porte à la réforme des traités européens

Les deux dirigeants veulent restaurer la dimension « historique » du couple franco-allemand et de réformer l’Europe, multipliant les gestes réciproques d’ouverture, comme sur la réforme des traités.

Ces échanges s’inscrivent dans le processus de redéfinition de l’UE après le Brexit. La Commission européenne produit en effet des documents de discussions à ce sujet et devrait partager ses propres conclusions d’ici la fin de l’année.

« Ces efforts contribueront à notre dialogue stratégique constant », a indiqué Emmanuel Macron, qui précise qu’il se rendra à nouveau en Allemagne avant le sommet du G20 qui se tiendra les 7 et 8 juillet à Hambourg. Il rencontrera également la chancelière Angela Merkel lors de l’hommage à Helmut Kohl, le 1er juillet, à Strasbourg.

Quand les journalistes ont voulu savoir ce qui sera le plus difficile à changer en Europe, le président français a assuré que son gouvernement respecterait ses promesses de campagne. « Je ne sous-estime pas les doutes, la colère qui se manifesteront certainement, mais je sais aussi que le peuple français a choisi avec force cette transformation », a-t-il martelé.

« La voix de la France est importante et elle peut changer beaucoup de choses, mais elle suppose d’une part que la France soit exemplaire, qu’elle dise clairement ce qu’elle veut et fasse ce qu’elle dit, c’est la clé de la crédibilité », a-t-il précisé.

Sans la création d’un budget européen, Macron ne peut réussir

La création d’un budget de la zone euro que préconise Emmanuel Macron n’est pas seulement un sujet européen : sans la souplesse budgétaire qu’apporterait à la France une telle réforme, Macron échouera. Mais les Allemands en voudront-ils ?

Le président français a assuré pouvoir convaincre les autres chefs d’État et de gouvernement présents. Il dit vouloir « sortir d’un dilemme mortel entre la palabre inefficace et le coup de menton solitaire ». « Ensuite, il ne faut pas tomber dans une maladie souvent française qui consiste à penser que l’Europe c’est seulement nous. Elle avance quand nous créons des consensus», a averti Emmanuel Macron. « Je crois à la construction à plusieurs, c’est le sel de l’Europe, que nous devons retrouver. »

Le président n’a pas mentionné spécifiquement les pays de Visegrád, qui s’opposent obstinément à l’accueil des réfugiés, mais a répété que « les batailles solitaires mènent à la solitude ».

Bruxelles sévit contre trois pays refusant les réfugiés

Après de vaines mises en gardes, Bruxelles s’est résignée à lancer des procédures d’infraction contre la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, pour leur refus obstiné d’accueillir des demandeurs d’asile depuis l’Italie et la Grèce.