France : ‘L’Europe des résultats’ a besoin de résultats [FR]

Faire face à la mondialisation doit être la nouvelle ‘raison d’être’ de l’UE pour convaincre le grand public, soutient la ministre déléguée aux affaires européennes en France, Catherine Colonna, qui s’inquiète de la ‘fatigue généralisée’ de l’Union.

L’échec du Traité constitutionnel peut être attribué à plusieurs facteurs, concomitants mais pas forcément liés :

  • L’élargissement de 2004 a été mal expliqué au public et donc mal accepté;
  • Des incertitudes demeurent quant aux frontières de l’UE et notamment aux futurs élargissements, en particulier celui de la Turquie
  • La peur des conséquences économiques et sociales de la mondialisation 
  • La directive services et la peur du dumping social;
  • La méfiance envers la classe politique nationale et l’UE en général. 

Dans son discours, Mme Colonna a décrit l’UE comme étant « atteinte d’une maladie de langueur » et d’une « fatigue généralisée, qui n’augure rien de bon ».

Elle a cité la directive services, dont la première version a été présentée début 2004, comme un bon exemple pour illustrer à quel point le processus législatif peut être lent. 

Selon Mme Colonna, le « déficit d’attractivité » dont souffre l’UE pour les citoyens est du à un manque de résultats : « L’Europe des résultats a besoin de résultats ».

Selon son analyse le rôle historique de l’UE qui consiste à « enraciner la paix sur un continent » n’impressionne pas les jeunes générations qui n’ont pas connu la Seconde Guerre mondiale. L’UE doit également s’efforcer d’être une force responsable qui permette aux citoyens de profiter de la mondialisation. 

Mme la Ministre a ajouté que « l’Europe devrait être pour ses citoyens un espace de développement économique et social offrant un surcroît d’efficacité en plus du cadre des Etats. Qu’elle les aide à tirer le meilleur parti de la mondialisation ».

« L’Europe doit aussi contribuer à assurer une ouverture maîtrisée 
des échanges sur la planète. Cela passe notamment par l’introduction de nouveaux sujets dans le commerce international : protection des investissements, droit de la concurrence, propriété intellectuelle mais aussi promotion des valeurs sociales et environnementales ». La ministre a également proposé de définir une politique industrielle européenne  et de joindre les forces des Etats membres sur « des projets de dimension mondiale ».

Concernant la structure de l’UE, elle en a dénoncé le « fonctionnement de plus en plus intergouvernemental » et a soutenu l’idée d’une réelle coordination des politiques économiques au sein de l’Eurogroup et d’une plus grande harmonisation des politiques européennes dans des domaines tels que l’impôt sur les sociétés.

Elle a suggéré l’idée d’un salaire minimum européen adapté aux conditions économiques de chaque Etat. Finalement, elle a encouragé la France a redevenir fière d’être dans l’UE, en disant que « l’Europe ne vient pas de la planète Mars, qu’elle ne tombe pas du ciel toute faite mais qu’elle est notre œuvre collective ». 

Dans une opinion publiée par le journal Le Monde, une ancienne membre représentant la société civile lors de la Convention sur l'avenir de l'EuropeZoé Magarinos-Rey, a fait valoir que si l'on veut sauver l'Europe, il faut la politiser.

Une révision du traité constitutionnel doit donc comporter plusieurs éléments afin d'accentuer la dimension politique de l'Europe:

  • Le Président de la Commission devrait être choisi par le Conseil dans l'un des groupes parlementaires existants;
  • 30% des députés européens devraient être élus sur des listes paneuropéennes;
  • Le Parlement européen devrait avoir un pouvoir d'initiative (ce pouvoir appartient pour le moment uniquement à la Commission).

Le 'non' au Traité constitutionnel en France et aux Pays-Bas en 2005 a plongé l'Europe dans la crise. Depuis, les Etats membres et les institutions européennes ont tenté de définir une stratégie pour sortir de la crise et pour analyser les raisons des deux rejets. 

La ministre déléguée aux affaires européennes, Catherine Colonna, a, lors de son discours devant les ambassadeurs français réunis à Paris le 29 août, délivré un diagnostic critique de la crise actuelle et proposé plusieurs solutions pour continuer d'avancer.

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