Le Maire à Berlin pour parler d’Europe à la coalition «Jamaïque»

Bruno Le Maire [EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Bruno Le Maire, le ministre français à l’Économie, a rencontré les négociateurs de la « coalition Jamaïque » allemande à Berlin. Histoire de vendre les projets européens d’Emmanuel Macron, potentiellement menacés par l’accord de coalition. Un article d’Euractiv Allemagne.

Le CDU/CSU, les libéraux du FDP et les Verts tentent actuellement de trouver un compromis sur les objectifs du prochain gouvernement fédéral en ce qui concerne les politiques européennes. Le FDP a pour sa part déjà critiqué certaines des mesures de réforme proposées par le président français pour la zone économique et financière commune.

Ces commentaires ne sont pas passés inaperçus dans l’Hexagone, poussant Emmanuel Macron à envoyer son ministre de l’Économie à Berlin pour communiquer sur la politique économique et financière souhaitée par la France aux négociateurs de la coalition « Jamaïque » et insister sur « la grande priorité du projet européen ». Le gouvernement français assure ne pas vouloir influencer les discussions, mais « échanger des opinions »,  assure le ministère de l’Économie français.

Outre le ministre allemand des Finances par intérim, Peter Altmaier, Bruno le Maire a rencontré Cem Özdemir, qui dirige le parti écologiste, et Christian Lindner, président du FDP et critique avéré d’Emmanuel Macron.

Lequel a récemment réitéré son opposition à l’idée d’un « fonds monétaire » auquel « l’Allemagne verserait 60 milliards d’euros pour que tout le monde se serve ». « Pour nous, une limite sera franchie si l’autonomie fiscale des États est menacée », a-t-il indiqué.

Si le FDP obtient ce qu’il veut lors des négociations, Emmanuel Macron ne pourra pas compter sur le soutien de Berlin pour faire appliquer son projet de budget de la zone euro.

Les négociations de coalition avancent à pas de fourmis en Allemagne

Le premier cycle des négociations de coalition, sur la politique sociale, ont permis aux partis de tâter le terrain. Les sujets de consensus sont rares. Un article d’Euractiv Allemagne.

Le partenariat franco-allemand à la loupe

La décision du Royaume-Uni de sortir de l’UE rend pourtant plus important que jamais le couple franco-allemand pour la réforme de l’UE. « La France et l’Allemagne doivent développer en toute urgence une vision commune, qui aille au-delà de leurs politiques nationales et propage de vraies réformes au niveau européen », estime Harold James, professeur d’Histoire et le relations internationales à l’université de Princeton.

Parmi les propositions du président français, le fameux budget de la zone euro, à 100 milliards d’euros par an, qui permettrait de limiter les crises. Le FDP ne partage pas cet avis, et en temps de crise, la solidarité européenne est assurée, arguent les membres du parti, grâce à des outils comme « le mécanisme européen de stabilité (MES), par exemple, l’instrument de gestion de crise de l’UE », souligne Alexander Graf Lambsdorff.

Angela Merkel semble vouloir ne pas commenter publiquement les propositions françaises avant la fin des négociations de coalition. Après le discours d’Emmanuel Macron, en septembre, la chancellerie s’était limitée à indiquer qu’il lui faudrait « discuter de tout cela plus en détail ».

Reste à savoir si la visite de Bruno Le Maire peut insuffler une nouvelle vie aux négociations de la coalition – et les personnes proches des discussions pensent que ce ne sera pas le cas, même si Wolfgang Kubicki, vice-président du FDP, a récemment sous-entendu que le parti pourrait faire preuve de flexibilité sur la politique européenne.

Merkel prudente au sujet des projets européens de Macron

Angela Merkel s’est montrée prudente lundi au sujet des projets de renforcement de l’union économique et monétaire d’Emmanuel Macron, au lendemain des élections législatives allemandes.